‹ Saint Thomas d'AquinChapitre 22 sur 96 · SAINT THOMAS CEINT PAR LES ANGES · texte numérisé non relu

SAINT THOMAS CEINT PAR LES ANGES

PRIÈRE DES ASSOCIÉS DE LA MILICE ANGELIQUE Très chaste saint Thomas, choisi comme un lis d'innocence, vous qui avez toujours conservé sans aucune souillure la robe baptismale; vous qui, ceint par deux anges, avez été dans la chair un ange véritable, je vous prie de me recommander à Jésus, TAgneau sans tache, à iMarie, la Reine des vierges, afin que', portant, moi aussi, autour de mes reins le saint Cordon, je reçoive le même don que vous, et qu'après vous avoir imité sur la terre, je sois un jour couronne parmi les anges avec vous, ô grand protecteur de mon innocence ! Ainsi soit-il.

TRIOMPHE DE LA CHASTETE

siasies que suggère au premier historien de saint Thomas ce triomphe de la chasteté :

« O heureuse prison, que les plus beaux rayons de lintelligenceont illuminée d'une si grande splendeur ! O salutaires entraves, qui ont conféré lapleine liberté de l'esprit au contemplateur des choses célestes ! O épreuve qui a produit la force dans la lutte, et la suave ivresse après la victoire ! A l'heure où l'ennemi redoublait d'efforts pour écraser cette belle résistance, l'assistance divine en a procuré le triomphe. Marques infaillibles des mérites acquis par la sainteté : assailli par les délices et les injures, l'invincible athlète n'a pu être ni amolli, ni terrassé ! Vaillant champion, Jeune soldat déjà aguerri, il a vaincu la chair, cet ennemi domestique, et remporté dans un rude combat une signalée victoire. Aussi méritet-il désormais déporter à son front la couronne. Encore voyageur, et hôte du siècle qui passe, Thomas s'est élevé par son triomphe à la hauteur des cieux ; le voilà digne de contempler ses immortels concitoyens, digne d'être honoré de la visite des Anges, accourus pour le ceindre du cordon de la chasteté. Après ce combat immortel en l'honneur de l'angélique vertu, il n'est plus un homme, mais un Ange !... »

Répondons ici à une question que n'auront pas manqué de se poser nos lecteurs.

Ce cordon apporté du ciel était-il un objet palpable et matériel ?

Aucun doute à cet égard, et l'insigne présent des Anges est resté l'une des principales richesses de la famille dominicaine.

Jean de Verceil, qui gouvernait l'Ordre à Tépoque où mourut saint Thomas, donna la miraculeuse ceinture àson couvent : elle v devint durant plusieurs siècles Pobjet d'une vénération toujours croissante. Cette maison ayant été détruite en 1799 par les armées françaises, le cordon céleste fut transporté, avec d'autres reliques, au couvent de Chiéri, en Piémont, dont il estactuellement le plus précieux joyau. On l'a disposé autour d'une branche de corail, dans un reliquaire à forme ovale.

Il est blanc, long d'environ un mètre cinquantecinq, composé de fils nombreux d'une finesse telle que les hommes les plus compétents n'en peuvent déterminer la nature. L'une des extrémités est munie de deux petites boucles dans lesquelles s'engage en glissant l'extrémité opposée, ce qui permettait à saint Thomas de porter toujours ce cordon. La partie destinée à entourer le corps est aplatie, dépassant un peu la largeur d'une paille. Le reste se sépare en deux cordonnets carrés, présentant à distance égale quinze nœuds, en Fhonneur sans doute des quinze mystères du Rosaire.

Pour encourager la piété des fidèles^ un fils de saint Dominique, le P. Gyprien Uberti, fit faire en i58o de petits cordons semblables, qui ne tardèrent pas à se répandre dans toute l'Italie.

Un demi-siècle plus tard, le P. Deurwerders, Dominicain flamand, établit, à l'Université de Louvain, une confrérie sous le nom de Milice Angélique. Tous les docteurs, professeurs et élèves de la Faculté de Théologie s'y enrôlèrent, prenant l'engagement de porter sans cesse le cordon de saint Thomas,"

TRIOMPHE DE LA CHASTETÉ. 5l

exemple suivi bientôt dans toutes les Universités catholiques. En même temps, une foule de personnes de tout sexe et de tout rang, Evêques, Prêtres, Religieux, Princes du sang, entraient avec bonheur dans la Milice Angélique. Les Clercs réguliers et les Pères de la Compagnie de Jésus l'introduisaient dans leurs collèges.

Qui dira les innombrables grâces de chasteté dont cette dévotion devint la source ? Le P. Camille Quadrio, Jésuite, écrivait en 1664 qu'il aurait à remplir des volumes s'il voulait rapporter toutes les faveurs reçues par les fidèles, au moyen du saint cordon. Le bienheureux Louis de Gonzague, qui invoquait saint Thomas avec ferveur et avait son image dans sa cellule, portait aussi la ceinture de la Milice, au rapport du P. Masnieri, son historien, et la recommandait instamment à ses compagnons ; est-il téméraire de penser qu^il lui dut en partie la conservation de son innocence?

Les Souverains Pontifes Innocent XII , Grégoire XIII, Sixte-Quint, Benoît XIII, Pie VII, Pie IX, confirmèrent la pieuse confrérie delà Milice, en l'enrichissant d'indulgences. Benoît XIII, Pape Dominicain , lui assigna pour fête patronale la Translation du corps de saint Thomas, 28 janvier. Enfin, dans son Bref du 4 août 1880, notre Saint- Père le Pape Léon XIII mentionne le miracle du Cordon angélique et la faveur qui en fut la suite, comme un des motifs qui le déterminent à déclarer saint Thomas Patron tutélaire des étudiants.

Que la jeunesse de nos écoles soit attentive aux

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