Cf. Scrm. XVII. Migno, /'. L., l. XX, col. 962, snix
2. Gaudence les cite dans l'ordre suivant : Jean-Baptiste, riiomas. André, Luc, Gervais et Protais, Nazaire, .Sisinnius, Marlyriuset Alexandre (.Ve/7«. xvii ; ]\Iigne, P. L., t. XX, col. 9()3). I^es sJK premiers noms se retrouvent — dans le même ordre — clic/, saint Victrice {De Lande Sanclortmi, cap. vi, n"" 10 et n). Si les quatre derniers
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jecturons qu'il fut, avec saint Ambroise *, l'un des principaux donateurs du premier reliquaire de Rouen.
Ces restes sacrés, objet de tant de vénération, n'étaient pas, comme on serait tenté de le croire, les membres des martyrs. On se serait fait un crime à celte époque de mutiler les corps saints ,pour se les partager. Si on portait envie à celui •qui les possédait en entier, on ne lui demandait 'Comme faveur, afin d'avoir part à sa richesse, qu'un peu de la poudre de leur tombeau, tout • au plus un peu de poussière imprégnée de leur sang-, ou un morceau du linge qui les avait enve-
-ne s'y trouvent pas, c'est qu'à Tépoquo où eut lieu l'envoi des reliques, le corps de saint Nazaire n'était pas encore découvert (saint Ambroise ne le découvrit qu'en SgS; cf. Tillemont, Mémoires pnur servir à l'Histoire ecclésias- •tiqiie, •2." éd., t. X, p. 586) et que Sisinnius, Martyrius et Alexandre n'étaient pas morts (ils ne subirent le martyre que le 29 mai 397; cf. Tillemont, ouv. cit., t. X, p. 546 et 812). Viclrice joint à sa liste les noms d'Agricole et d'Eupliémie. Agricole est un martyr bolonais (cf. note suivante); le culte de sainte Euphémie, martyrisée vers 3o 1 à Clialcédoine, était très répandu en Occident dès le iv= siècle (cf. .Ic/a SS., sept., t. V, p. 255, suiv.).
I. Saint Ambroise présida à la translation des reliques •de saint Agricole à Bologne et en porta à Florence (cf. Tillemont, oin\ cit.^ t. X, p. 2 19). l^ie» d'étonnant qu'il «n ait envoyé ou fait envoyer à Rouen avec celles de saint Gervais et de saint Prolais.
Ioppés^ On estimait, comme saint Victrice, que la vertu des reliques, émanation de la puissance céleste, était tout entière dans la moindre parcelle, aussi bien que dans le corps entier. L'évèque de Rouen développera longuement cette théorie dans son De Laude Sanctorum '.
Le trésor venu d'Italie fut religieusement déposé dans la cathédrale inachevée. La cérémonie de cette translation n'a pas laissé de trace. Mais un second envoi de reliques fut l'occasion d'une fête où l'évêque de Rouen déploya toute la ppmpe que son génie et sa piété étaient capables d'imaginer.
Au retour d'une mission en Grande-Bretagne vers 396, il apprend qu'un étranger du nom d'Elien, envoyé par saint Ambroise et quelquesuns de ses collègues, l'attend à Rouen, porteur d'un trésor sacré plus riche que le premier. Transporté d'allégresse à cette nouvelle, il fran-
1. « Ciuor et limus », dit Victrice, De Laude Sunciorum, cap. X, n" 20. « Quorum sanguiiicm lenenivis gvpso colleclum, uiliil amplius re(]uirentes », dit Gaudence, en parlant des reliques des saints Gervais, Protais etNazaire ; Serrn. xvii, loc. cit., p. 968. « Pulvisculuni nescio qnod in modico vasculo pretioso liuteamine circumdalum. » Jérôme, Advers, Vigilantium.
2. « Non minus in partibus quam in soliditalc », c'està-dire in tolo. Cap. xi, n" 22 et passim.
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cliit en toute liàle les quarante milles' (environ soixante kilomètres) qui le séparaient encore de sa ville épiscopale. La vue des reliques le fait fondre en larmes : c'est un débordement de joie : « Voici, dit-il, qu'une grande partie de la milice céleste daigne visiter notre cité, de sorte que désormais il nous faudra habiter parmi des foules de saints. A la joie que je ressens, je mesure ce que j'ai perdu jusqu'ici. Mais, saints et vénérables martyrs, mon retard, si je ne m'abuse, est excusable, et vous me le pardonnerez, car, si je suis allé en Grande-Bretagne, si j'y ai séjourné, c'est en exécution de vos ordres que je l'ai fait. Les évèques, mes confrères dans le sacerdoce, m'avaient appelé pour faire la paix. Pouvais-je leur refuser cela, moi votre chevalier"? Ce n'est pas manquer de respect que d'obéir à des ordres. En Grande-Bretagne, j'étais toujours à votre service, et, séparé par un détroit, j'étais esclave du devoir (que vous m'aviez tracé). C'est pour vous que je me suis absenté, c'est pour vous que je suis de retour^. »
Les saints queVictrice saluait avec ces accents