I. De LauJe Sanctorum, cap. vr, n"' lo et II
peuple. Quel est, je vous le demande, quel est l'homme assez brute, assez profane, assez ignorant de la loi et de la religion, pour ne pas parta-
ger cette joie' ?
« Si quelque prince du siècle visitait aujourd'hui notre cité, aussitôt toutes les places, ornées de guirlandes, seraient en fête, ri(lerent\ les mères couvriraientles toits, les portes vomiraient des flots de peuple, tous les âges à l'envi entonneraient des airs de triomphe et chantei'aient des hymnes guerriers. On admirerait l'éclat et la pourpre du royal vêtement; on se pâmerait devant ces trésors de la mer Rouge et ces larmes gelées des bêtes fauves, devant ces pierres, comme on les appelle; tout cela, dis-je, tiendrait le peuple bouche bée. Mais, mes bien-aimés, lorsque le triomphe des martyrs et la pompe des vertus pénètrent sous nos toits, pourquoi n'cclaterionsnous pas de joie? Il ne nous manque pas de quoi admirer; au lieu du manteau royal, voici un vêtement d'éternelle lumière. Ces saints ont aussi une toge de pourpre. Voici des diadèmes enrichis de l'éclat varié des gemmes de la sagesse, de l'intelligence, de la science, de la vérité, du conseil, de la force, de la tolérance, de la tem-