VUE GÉNÉRALE DE LA MAISON MERE DES P ET I T E S - SŒ U R S DES PAUVRES
A La Tour-Saint-Joseph en Saint-Pern (Ille-et-Vilaine). — Les Petites-Sœurs des Pauvres procurent un asile gratuit aux vieillards des deux sexes, et les nourrissent d’aumônes recueillies à domicile. Cette œuvre est analogue à celle que saint Vincent avait fondée dans l’hospice du Nom-de-Jésus.
LA POSTERITE
Près de deux cents maisons sont réparties dans le monde. La France a fourni la plus grande partie de cette armée, qui loge aujourd’hui plus de trente mille pauvres, et ne demande nulle part un sou ni un
employé à l’État. Tous vivent comme sur le lac de Tibériade des cinq pains d’orge et des poissons bénis par Notre-Seigneur. »
Se faire pauvre pour recueillir et nourrir les pauvres, c’était une nouveauté dans l’histoire des ordres religieux, si diversement appropriés à tous les besoins de l’humanité souffrante ; c’est, on peut le dire, un sublime renchérissement sur l’institution elle-même des Servantes des Pauvres, et, s’il est permis de parler' ainsi de l’Eglise, il ne semble pas que la charité puisse rien inventer de plus beau et de plus saint.
Si tant d’œuvres admirables en tous genres que notre siècle a produites ne procèdent pas directement de saint Vincent de Paul, elles sont inspirées de son esprit, et pour la plupart elles ne font que reproduire et développer ses institutions. Plusieurs d’entre elles, comme pour lui rendre hommage de tout ce qui a été fait en ce temps, se trouvent réunies au lieu même de sa naissance. La maison établie à l’endroit qui porte aujourd’hui le nom de l’Apôtre de la charité voit groupées autour de son berceau ses principales fondations. Elle comprend un orphelinat de garçons, un orphelinat de jeunes filles, un hospice de vieillards, une école professionnelle pour les garçons, un établissement de missions et de retraites.
Dans cet épanouissement de la charité, les deux familles de Saint- Vincent-de-Paul ont pris une merveilleuse extension et continuent avec un succès croissant les œuvres de leur père. Aujourd’hui, sous le gouvernement de M. Fiat, digne successeur de M. Boré, les prêtres de la Mission, au nombre de près de deux mille, y compris les frères coadjuteurs, ont en France et en Algérie 66 établissements répartis dans les provinces d’Ile-de-France, de Picardie, de Champagne, de Touraine, de Lyon, d’Aquitaine, de Languedoc, de Provence et d’Algérie; 28 en Italie, 10 en Espagne, 5 en Portugal, 9 en Irlande, 2 en Prusse, 3 en Pologne, 5 en Autriche, 7 en Turquie et dans le Levant, 4 en Perse, 6 en Syrie, 4 en Abyssinie, 3g en Chine, 4 à Manille et aux Philippines, i3 aux États-Unis, 9 au Mexique, 25 dans l’Amérique du Sud. En France, ils sont à la tête de 21 grands séminaires et de 12 petits; ils dirigent les Filles de la Charité, donnent
PORTRAIT DU VÉNÉRABLE JEAN-GABRIEL PERBOYRE Pritre de la Congrégation de la Mission, martyrisé en Chine pour la toi chrétienne, en itS-j.0
des missions dans les campagnes, président les retraites, comme avant la Révolution. Leurs emplois sont les mêmes à l’étranger; mais surtout ils y vaquent aux missions. La Chine est leur plus glorieux champ de conquêtes; là principalement, leur zèle pour la propagation de l’Évangile, leur courage dans les persécutions, leur héroïsme