DESTRUCTION DE L’ENSEIGNEMENT A TOUS LES DEGRES
Vue de l’université de Perpignan, supprimée par la Révolution. — Par son décret du i5 septembre 1793,1a Convention supprima a3 universités (sur 24 que possédait la France),
APPENDICES
562 collèges avec 72,747 élèves (Villemain), et toutes les écoles primaires. Ainsi fut ruinée d’un seul coup une œuvre immense fondée par la charité de l’Eglise pour l’éducation de la jeunesse et qui ne coûtait rien à l’État. — « Avant 1789, disait, en 1843, M. Villemain dans un rapport au roi Louis-Philippe, l’instruction classique, plus recherchée par le goût et l'habitude des classes riches, était en même temps plus accessible aux classes
moyennes ou pauvres. » . 377
Robespierre à la tribune, gravure moderne. — Robespierre déclare que l’instruction doit être obligatoire et laïque, les enfants appartenant à l’État : « Laissons les prêtres, dit-il... La patrie seule a le droit d’élever ses enfants; elle ne peut confier ce dépôt à l’orgueil des familles, ni aux préjugés des particuliers». (Séance de la Convention du 7 mai 1794-) On sait quelles furent les conséquences de ces doctrines. Le principe chrétien, qui, d’après M. de Salvandy, « avait pourvu et suffi à tout pendant de nombreux siècles», fut écarté. Ce fut la ruine de l’enseignement primaire. En l’an IV, Fabre, député de l’Aude, disait au conseil des Cinq-Cents : « Vos écoles n’existent que dans vos décrets»; en 1801, le ministre Chaptal pouvait encore écrire dans un projet de loi sur l’instruction publique : « L’éducation publique est presque nulle partout; la génération qui vient de toucher à sa vingtième année est irrévocablement sacrifiée à l’ignorance, et nos tribunaux, nos magistratures ne nous offrent que des élèves des anciennes universités.... les écoles primaires n’existent presque nulle part, de manière que la masse de la nation croît sans instruction. » . 375