EXCELLENCE DE LA CHARITÉ
* La Charité, tableau d’Andrea del Sarto, au musée du Louvre, xvie siècle. C’est en France, où il avait été appelé par François Ier, qu’Andrea del Sarto peignit ce tableau fameux. — Cette représentation, expression de la seule charité maternelle, est incomplète. « L’art, dit M. Grimouard de Saint-Laurent, laisse une lacune grave quand il donne, comme étant la
Charité, des représentations où il ne paraît aucune trace de l’amour divin. » . 490
La Charité , fresque de Giotto, dans l’église de VArena, à Padoue, xive siècle. — La Charité porte le nimbe des saints, une couronne de fleurs et par-dessus trois jets de flammes. Son
regard, sa tête, son âme, tout son être s’élance vers le ciel; et de toute la portée de son bras, elle élève son cœur vers Dieu qui le prend des deux mains. Un bassin chargé de fruits, et des trésors répandus à ses pieds, témoignent de son empressement à secourir le prochain. L’amour de Dieu et l’amour du prochain se manifestent ici l’un et l’autre ; la représentation est complète. Andrea del Sarto a mieux exécuté, Giotto a mieux compris. C’est, dans l’ordre religieux, la différence artistique qui distingue les deux époques : la Renaissance et le Moyen Age . . . 497
L’Excellence de la Charité, d’après Abraham Bosse, xvnu siècle. — La Charité, assise sur un trône, reçoit les hommages des autres Vertus. De la main droite elle soutient un triangle lumineux, emblème de la Trinité, qui est la source première de toute vraie charité. A droite, la Foi adore la croix, l’Espérance lève les mains vers le ciel, la Justice tient la balance et le glaive; à gauche, la Force porte un fût de colonne, la Prudence, précédée du serpent, regarde dans un miroir, la Tempérance se verse de l’eau dans une coupe. Sur le marchepied du trône on lit : Major harum est Charitas, « la Charité est, de toutes les vertus, la plus excellente » . 47