‹ Saint Vincent de Paul, sa vie, son temps, ses œuvres, son influenceChapitre 87 sur 87 · Voir sa Vie, par une religieuse du même couvent; in · texte numérisé non relu

Voir sa Vie, par une religieuse du même couvent; in

a VU au premier volume ce qu'il fit contre le blasphème et le duel. Il réfréna encore la licence d'une presse impie et immorale; l'insolence des troupes qui, ménageant moins le sacré que le profane, désolaient les temples , outrageaient les personnes consacrées à Dieu et détournaient la bénédiction céleste des armes royales. Ne pouvant abolir la comédie, autorisée par de si grands exemples, favorisée par deux ministres princes de l'Église, il fit interdire au moins les scènes trop indécentes et trop scandaleuses. Enfin il obtînt de la reine qu'un vertueux ecclésiastique de sa conférence allât visiter les prisonniers d'État de la Bastille, jusqu'alors abandonnés, et les disposât,* par leur réconciliation avec Dieu, à rentrer dans les bonnes grâces du roi.

Bien plus grand, bien plus salutaire encore à l'Église de France aurait été le rôle de saint Vincent de Paul pendant ces vingt années, si l'on avait laissé toute liberté à son zèle. Mais bientôt l'opposition intime entre ses vues et celles de Mazarin éclata au dehors, et passa dans les actes du conseil et du gouvernement. Pendant que l'un ne cherchait que Dieu et les intérêts de la religion, l'autre ne voyait que les intérêts de son ambition et de sa politique, auxquels il subordonnait au besoin Dieu et l'Église mêmes : deux lignes de conduite, on le voit, entre lesquelles était toute la distance du ciel à la terre.

Pourbien entendre cela, il estnécessairede remonter jusqu'à Richelieu, dont Mazarin n'était, avec un génie et des moyens différents, que le continuateur. A Richelieu aussi remontait l'opposition de Vincent, que tous les bienfaits du grand cardinal n'avaient pu désarmer. A ce point de vue encore, il nous faut donc revenir sur nos pas, pour comprendre toute la politique du saint et du parti religieux à cette époque.

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