‹ Saint Vincent de Paul;Chapitre 11 sur 113 · A Mademoiselle Le Gras · texte numérisé non relu

A Mademoiselle Le Gras

Avis pour un voyage qu'elle allait faire. — ÉtabHssement d'une confrérie de Charité. — Un mot sur sa vocation.

6 mai 1029.

Mademoiselle,

Je vous envoie les lettres et le mémoii'e qu'il vous faut pour votre voyage ; allez donc, mademoiselle, aUez au nom de Notre-Seigneur ; je prie sa divine bonté qu'elle vous accompagne, qu'elle soit .votre soûlas en votre chemin, votre ombre contre L'ardeur du soleil, votre couvert à la pluie et au froid, votre ht moUet en votre lassitude, votre force en votre travail, et qu'enfin il vous ramène en bonne santé et pleine de bonnes œuvi'es. Vous communierez le jour de votre départ, pour honorer la charité de Notre-Seigneur et les voyages qu'il a faits pom' cette même fui, et par la même charité les peines, les contradictions, les lassitudes et les travaux qu'il a soufferts, et afin qu'il lui plaise bénir votre voyage, vous donner son esprit et la grâce d'agir en ce même esprit et de supporter vos peines en la juanière qu'il a supporté les siennes. Pour ce que vous demandez, si vous ferez plus long séjour (|uonous n'avons dit, je pense (jue ce sera, a/ssez d'être ini jour ou deux en chaque

beaucouj) sa mère, il étudia h droit et devint nvocat au Parlrment. Il épousa, le 12 jauvier 1G50, Mlle Gabrielle Le Clerc.

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lieu pour la première fois, sauf à y retourner l'été prochain, si Notre-Seigneur vous fait paraître que vous lui puissiez rendre quelque autre service. Quand je dis deux jours, votre charité en prendi-a davantage si besoin est, et nous fera celle de nous écrire.

Pour la charité de Mlle Guérin, vous prendi'ez le nom de sa paroisse, s'il vous plaît, et si nous allons vers Chartres, nous tâcherons de l'aller servir pour la charité, ne connaissant personne en ce quartier-là qui soit fait à cet étabMssement. Adjeu, mademoiselle, ressouvenez-vous de nous en vos prières et ayez sur toutes choses soin de votre santé que je prie Dieu de vous conserver, étant, en son amour, etc.

A Mademoiselle Le Gras.

Il lui recommande la conformité à la volonté de Dieu, et lui parle d'un voyage qu'il va fahe à Forges pour prendi-e les eaux.

Vers 1C29.

Mademoiselle,

Vous avez tort, ma chère fille, de penser que j'aie eu opinion que vous n'agTéeriez point la proposition de la demoiselle, pour ce que je n'y ai point pensé ; et je n'y ai point pensé, pour ce que je suis assm'é que vous voulez et ne voulez que ce que Dieu veut et ne veut, et que vous êtes en l'état de vouloir et ne vouloir que ce que nous vous dirons qu'il nous semble que Dieu veut et ne veut. Dites donc votre coulpe de cette pensée, et ne lui donnez jamais entrée à l'avenir. Tâchez à vous contente parmi vos sujets de mécontentements, et honorez toujours le non-faire et l'état inconnu du Fils de Dieu. C'est là votre centre et ce qu'il demande de vous pour le présent et pour l'avenir, poiu* toujom-s. Si sa di^dne Majesté ne vivre fait couluiître en la manière qui ne peut tromper, qu'il veut quelque autre chose de vous, ne pensez point et n'occupez point votre esprit en cette autre chose-là. Rapportez-vous-en à moi ; j'y pense assez pour tous deux. Mais passons au petit Michel. Certes,

^=^- LETTRES A M^ii^ LE GlIAS, 1625-1643 = 41

ma chère fille, cela me touche, ses souffrances me sont sensibles, et celles que vous avez pour Famour de lui aussi. Oh bien ! tout est pour le mieux. Que vous dirai- je maintenant de celui que votre cœur chérit tant en Notre-Seigneur? Il se porte un peu mieux, ce me semble, mais toujours avec quelque petit sentiment de ses petits frissons. Au reste, l'on lui propose et l'on le presse d'aller à Forges et de partir demain, et M. le médecin le conseille, si une occasion d'aller en carrosse qui se présente n'arrive autrement. Certes, ma chère fiUe, cela me pèse plus que je ne saurais vous exprimer qu'il faille tant faire pour une pauvre carcasse. Mais si je ne le fais, nos messieurs se plaindront de moi, qui m'en pressent fort pour ce qu'on leur a dit que ces eaux minérales m'ont profité les années passées en pareilles maladies. Enfin, je me suis proposé de me laisser faire en la manière qu'il me semble que notre bienheureux Père (1) le ferait. Si je pars donc, je vous dis adieu, ma chère fille, et me recommande à vos bonnes prières, et à vous de vous tenir en l'état ci-dessus. Vous ne direz point ceci à personne, s'il vous plaît, pour ce que je ne sais point si la chose réussira. Mon cœur n'a pu le celer au vôtre non plus qu'à celui de notre Mère de Sainte-Marie et à celui de MUe du Fay. Oh sus, c'est assez parler à sa chère fille. Il faut achever en lui disant que mon cœur aura un bien tendre ressouvenir du sien en celui de Notre-Seigneur et pour celui de Notre-Seignem- seulement, en l'amour duquel et celui de sa sainte Mère je suis son serviteur très humble.

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