A Mademoiselle Le Gras
Il la blâme de s'être éloignée de la communion pour une peine intérieure, et de ce qu'elle s'inquiète trop de son fils.
(Avril ou mai 1631.)
Mademoiselle,
Ma petite indisposition n'est point ma petite fièvfe ordinaire, mais un petit mal de jainbe, à cause d'une petite atteinte d'un coup de pied de cheval, et d'une petite tumeur qui avait commencé huit ou quinze jours auparavant ; ce qui est si peu de chose que, n'était un peu de tendresse qu'il y a en mon fait, je ne laisserais point d'aller par la \ille. Je vous remercie du soin que vous en avez, et vous prie de ne vous en mettre point en peine, ])0iu- ce que ce n'est rien. Pour la peine intérieure qui vous a fait rotiiivr de la sainte communion aujourd'luii, vous avez un peu mal fait. Voyez-vous bien ([ue c'esl mie lentatioii, et faut-il, en ce cas, dojiner piise à. riMinemi de la. sainte com-
(1) Le Trailê de VAiuuur de Dieu, par saint François de Sales. 1 fut publié en 1G16.
= l1':ttres a m'-î-'^ le gras, less-ieis = 43
iniiiiion? Pensez-vous devenir plus capable de vons a|)proclier de Dien, en vons en éloignant, qu'en vous en approchant? () certes, cVst nue illusion. Et pour le petit Michel, n'est-ce pas une autre teutatiou de vous t]'(ud3ler par Fappréhension de la subjection ([u'il faudra lui rendre? 0 certes Notre-Seigneur a l)ien fait de ne vous pas prendre pour sa mère, puisque vous ne pensez pas trouver la volonté de Dieu dans le sein maternel qu'il requiert de vous pour votre fils ; ou peut-être que vous pensez que cela vous empêchera de faire la volonté de Dieu en autre chose : rien moins encore, pour ce que la volonté de Dieu ne s'oppose point à la volonté de Dieu. Honorez donc la tranquillité de la sainte Vierge en cas pareil. Je suis bien aise de ce que vous, nous enverrez demain ce bon enfant, et de ce qu'il passera la matinée céans. J'espère aussi que vous lui permettrez d'y faire peinture, et que vous honorerez la tranquilhté de l'âme de Notre-Seigneur par un parfait acquiescement à sa saiute volonté en toutes choses. Quant à la communauté, il sera bon que vous preniez la peine de les remercier bien affectueusement et puis rien ne les contentera tant que la reconnaissance de paroles. Et si le petit Michel écrivait une petite lettre de remerciement à M. Bourdoise, il me semble que cela serait bien, Kessouvenez-vous, s'il vous plaît, de Saint-Sulpice et de moi en vos prières, qui suis, etc.