LA CRÉMAILLÈRE
« Toi qu'a chanté le bon Homère, Guerrier si valeureux, si mauvais cuisinier. Achille, toi qu'on voit tour à tour manier
Et la broche et le cimeterre ; Et toi, fils de Vénus, de qui les doigts pieux Faisaient fumer l'encens sur l'autel de tes dieux
Et cuire ton diner par terre; Compagnons de voyage à l'immortalité,
Oh ! que de peine journalière
Se fût à jamais évité
Votre héroïque caractère,
Si l'un ou l'autre eût inventé
L'usage de la crémaillère !
Crémaillère ! je veux raconter tes bienfaits !
Ils sont nombreux; pourtant on les ignore,
De tous les dieux on se souvient encore,
Mais de toi seule on ne parle jamais.
Dans un épi, c'est Cérès qu'on vénère,
Mars dans un glaive, ou Momus dans les jeux -r
Mais Crémaillère est toujours Crémaillère :
Le vrai mérite est toujours malheureux.
Au temps passé, les hommes, moins barbares,
Avec respect t'érigeaient des autels ;
On t'appelait : Dieux pénates, dieux lares :
On t'enfumait comme les immortels,
De nard, d'encens, de parfums les plus rares.
Là, chaque jour et dans toute saison
Rangés en cercle autour de la chaudière,
Qu\ bouillonnait sur le brillant tison,
Époux, épouse, et toute la maison
En bien mangeant t'adressaient leur prière.
Dans le foyer du bon Cincinnatus.
De Curius et Fabrice Dentatus,
Tu figurais d'assez belle manière;
Tu présentais à ces héros en us
Et la lentille et le pois consulaire.
Aussi, j'en veux a la plume légère
De l'écrivain qui conta leurs exploits :
Lui qui parla de la table de bois,
H oublia la pauvre crémaillère !
Venons à nous. De Rome à notre pension
Facile est la transition.
Oui, le peuple romain et la gent écolière
Se touchent en plusieurs endroits, Ferraillant, querellant, sans raisons et sans droits,
Faisant moins la paix que la guerre, Et puis mangeant tous deux et lentilles et pois.
Eh bien ! nous le jurons : de même qu'autrefois Des laboureurs guerriers la crémaillère antique Revoyait tous* les ans ces fiers vainqueurs et rois De chêne et de laurier parant leur front rustique ; De même nous jurons à ce docte sénat
De notre chère république
De ne jamais reculer au combat, Et, cueillant tous les ans quelque palme classique, De venir la suspendre à l'autel domestique. »
•6 mai. Lettre à Adam.
Correspondance (C. Lévv, 2 vol., 1877-78, in-12), I, 1, let. 1.
Année scolaire 1821-22. Le Tasse à Clément VIII [Discours français]. Inédit. — Cf. Catalogue de la vente Pied, 2 3 et 2 5 juin 1902.
Année scolaire 1821-22. Discours français et latins recueillis par J. Pierrot ' : * Entretien d'Arminius et de son frère, 34. — Périclès défend Phidias et Anaxagore, 81. — Timoléon défend la statue de Gélon devant le peuple, 91. — * Lysimaque à Alexandre en faveur de Parménion, g5. — Alexandre mourant à ses amis, 98. — * Démétrius à Antigone en faveur d'Eumène, 100. — * Cinéas dans le Sénat romain, io3. — Caton dans le Sénat pour détruire Carthage, 106. — Calliphon à Sylla, 1 15. — * César au peuple romain après la fuite de Pompée, 118. — * Vibius Pansa à Octave, 122. — Demonax contre l'institution de gladiateurs, 125. — * Les habitants de Nisive à Jovien, 127. — Charlemagne aux grands de sa cour, i36. Discours prononcé par l'abbé de Saint- Denis devant Philippe le Hardi, au moment où les cendres de Louis IX furent apportées au tombeau des rois, 146. — * Le duc d'Anjou à Duguesclin, i5o. — Les Suisses à Charles le Téméraire, 172. — Louis XII au Concile national de Tours, 180. — * Villiers de risle-Adam à Charles- Quint, 187. — Discours à Biron, pour l'engager à faire l'aveu de son crime. 192. — * Jacques Pierre à Renault, 197. — Bellièvre à Louis XIII, 200. — Pinto au duc de Bragance, 2o3. — * Pitt, comte de Chatham, au parlement d'Angleterre, 228. — * Theseus pro suis se devovet, 284. — * Annibalis jusjurandum, 288. — Chryses ad Agamemnona, 294. — * Lavinienses ad Romulum de Tatii morte, 296. — Numa ad Romanos, 298. — Servius Tullius in senatu, 3oo.
1. Les articles marques d'un astérisque ont été supprimés dans l'édition donnée par J. Girard
— Menenius Agrippa ad populum, 3o2. — Tullus ad Coriolanumy 3o3. — Themistocles ad Spartanos, 3o8. — Amiens ad Porum, ne cum Alexandro certamen ineat, 322. — Legatus Atheniensium ad Ochum, Persarum regem, 323. — Legati Tarentini ad Pyrrhum, 33o. — * Appius Claudius in senatu, 334. — Decius Magius ad Campanos, 353. — * Scipionis ad populum romanum oratio, 366.
— * Scipio in senatu pro Annibale, 376. — Legatus Jugurthae ad senatum, 38g. — Hortensia in concione, 395. — * T. Munatius Plancus ad Quirites, 405. — * Pornpeius in senatu adventante Caesare, 414. — * Antonius Octavium hortatur ad persequendos Caesaris interfectores, 417. — Archelaus rhetor, ad Cassium proconsulem romanum, 419. — Legatus parisiensis ad Carolum delphinum, 440. — * Carolus V imperio se abdicat, 448. — * Caesar ad senatum, 461. — Lucilius ad Senecam, 469. — Gregorius ad Julianum, 475.
Année scolaire 1821-22. Le C$ar Pierre le Grand visite la Sor bonne.
Annales des concours généraux (Brédif et Maire-Nvon, 1825, in-8"). 385 [hexamètres].
14 septembre. Lettre à Sellèque. Corr., I, 3, let. 11.
11 septembre. Lettre h Barbe.
Morand, iv. — Selle Corr., 4, let. m. (L'indication du mois est supprimée, ainsi que quelques phrases mutilées de la fin.]
* 10 octobre ^ Samos.
Globe, I, 49 (non signé).
Article non recueilli. — C'est un simple extrait de la Topographie de la Grèce, par Depping, suivi de quelques détails sur la révolution grecque et les massacres.
1. Les articles marqués d'un astérisque ne sont ni signés, ni recueillis ou môme signalés dans les Premiers Lundis. L'authenticité en est cependant certaine : M. de Lovenjoul possède en effet dans ses archives une feuille de compte, extraite sans doute des livres du caissier du Globe, où ils .sont mentionnés avec les autres articles payés à Sainte-Beuve.
— 5go —
* 24 octobre. L'île cTIpsara.
Globe, I, 77 (non signé).
Article non recueilli. — Détails sur les productions et le commerce de cette île obscure ; éloge de son héroïsme, préféré à la gloire littéraire d'un Alcée, d'un Anacréon ou d'un Homère.
* 30 octobre. Le Phœnix ou l'oiseau de soleil, par Antoine Métrai.
Globe, \, 96 (non signé).
Article non recueilli. — Compte-rendu sévère : l'auteur n'a pas su choisir entre les deux alternatives, d'étudier la fable en érudit ou en poète ; « il peut y avoir de l'esprit ou de l'imagination dans ce livre; mais c'est une débauche d'imagination, c'est de l'esprit en délire. »
4 novembre. Chio.
Globe, I, 101.
Premier article signé. Non recueilli, mais signalé dans les Pr. Lundis (I, vu). — Situation de l'île; civilisation et prospérité anciennes; histoire; ravages des Turcs : « Et maintenant la désolée Chio est gisante entre la Grèce et l'Asie, comme en signe d'une séparation éternelle, d'une lutte inexorable. »
11 novembre. Mémoires de Mlle Bertin sur la reine Marie- Antoinette .
Globe, I, 119. — Premiers Lundis (Calmann-Lévy, 1874-75), I, 1.
4 décembre. Lesbos ou Milylène.
Globe, I, 169.
Quoique signé, non recueilli, mais signalé dans les Pr. Lundis (1, vu). — Situation de l'île; mœurs des habitants et hommes illustres; histoire : « De toutes les villes de la Grèce, Lesbos est donc peut-être celle qui gagnera le plus à la révolution nouvelle Elle a vu de ses rivages le dernier incendie de la flotte turque
comme un signal de sa prochaine délivrance; puisse bientôt ce grand événement s'accomplir ! Alors, appelée par sa position et par son étendue à devenir un des boulevards de la Grèce, elle se souviendra que la liberté vit de mœurs pures et austères; elle se préservera cette fois de la contagion de l'ionie qui l'a trop longtemps souillée, et elle puisera dans les vertus patriotiques une gloire honorable qui fera honte à sa célébrité première. »
18 décembre. Scènes de la nature sous les tropiques et de leur influence sur la poésie, suivies de Camoè'ns et de José Indio, par M. Ferdinand Denis.
Globe, I, 204. — Pr. Lundis, 1, (5, sous le titre Ferdinand Denis, Scènes, etc.
- 5g i - 28 décembre. Petite Revue littéraire.
Globe, I, 228.
Article non signé: mais la suite qui y est annoncée est signée S.-B. Non recueilli.
— Compte -rendu de Lettres et entretiens sur la danse ancienne et moderne, religieuse, civile et théâtrale, par M. A. Baron : L'auteur a su éviter les dangers du genre; il « a senti que danse, aussi bien que musique, signifiait tout autre chose chez les anciens que chez nous, et, chez les anciens mêmes, il a saisi la différence de Part dans les différents pays »; «... les vues qui tiennent à la théorie de l'art, et qu'il appartient à d'autres d'apprécier, paraissent pourtant se rattacher à un goût sûr, mûri par des études plus graves, et surtout à ce besoin presque unanime de vérité qui se proclame hautement dans tous les arts de notre époque. Disons aussi que quand une idée généreuse et philosophique se présente à M. Baron, il ose la produire : il aime à citer des noms chers à la France, à espérer pour la Grèce et à rire, chemin faisant, de certains vices ou ridicules en crédit. »
— Compte-rendu très dur de Macédoine poétique, par C. L.
30 décembre. Petite Revue littéraire (suite).
Globe, I, 23 1.
Non recueilli, quoique signé. — Compte- rendu de Contes : « ... Ce sont des vers, et depuis longtemps on ne connaît en fait de contes que la prose de M. Bouilli : la poésie vaporeuse et mélancolique de notre âge irait-elle se désenchanter dans ce genre badin et se traîner en si bas lieu, même après Hamilton, La Fontaine et Voltaire ? ... C'est surtout de La Fontaine que notre auteur paraît se rapprocher pour la manière, autant toutefois qu'on peut imiter La Fontaine, disons aussi autant qu'on doit l'imiter dans les licencieuses naïvetés de son imagination. » — Compte-rendu assez sévère de Ode sur Louis XVIII, par C. A. M. : « Cette forme poétique qui constitue l'ode, cette harmonie des vers qui constitue la poésie, où les trouver ? pas plus dans cette ode que dans bien d'autres, insérées au Moniteur ou au Mercure * : de Byron et la liberté, hymne de mort, par Louvet ; de Victoire a la croix, chant de triomphe, Psara, élégie épique, par Ernest Fouinet. — Compte-rendu plus favorable de YÉpttre à quelques poètes panégyristes, par M. Gustave Drouineau : « C'est une réminiscence assez, heureuse de la manière de Boileau ; il en faut louer l'auteur. Le poète de la raison semble plus que jamais délaissé de nos jours : déjà, le siècle dernier s'était plu, on ne sait pourquoi, à lui contester le génie; on ne daigne même plus le lui contester; la médiocrité du rival et du maître de Racine est dès longtemps chose convenue entre nos talents modernes ; il y a une sorte de courage à revenir à lui. » L'auteur aurait dû signaler aux jeunes gens les écueils : « Cette inexpérience d'études soutenue d'une si intrépide présomption ; la soif d'une célébrité hâtive plutôt que le besoin d'une gloire durable; la routine jointe au dédain du passé; cette illusion enfin, si naïve et si aveugle à la fois, qui prend dès l'abord sans hésiter toute intention généreuse pour une inspiration poétique, tout battement de cœur pour un accès de génie, comme si, à vingt ans, il n'y avait que des poètes qui pussent s'émouvoir et compatir... En ce temps, et grâce à nos travers, en poésie comme en philosophie, il peut y avoir du génie à avoir du bon sens. Ce qui manque à M. Drouineau, c'est la force et la suite dans les idées : puisqu'il affectionne la facture de Boileau, qu'il lui emprunte aussi l'esprit de méthode. *
13 janvier. Candie.
Globe, I, 261.
Quoique signé, non recueilli, mais signalé dans les Pr. Lundis (1, vu). — Importance de la position géographique de l'île dans la guerre actuelle; description; histoire.
15 janvier. L'étrangère, par M. le vicomte d'Arlincourt.
Globe, I, 268. — Pr. Lundis, I, 17, sous le titre Le vicomte dWrlincourt. L'étrangère.
25 janvier. Voyage d'un jeune Français en Angleterre et en Ecosse pendant l'automne de 1823, par Adolphe Blanqui.
Globe, I, 291 (non signé).
Non recueilli. — Compte- rendu élogteux, plein d'admiration pour le commerce et l'industrie de l'Angleterre. « Tant que notre voyageur est sur le sol de la vieille Angleterre, le principal sentiment qui le domine et qu'il communique à ses lecteurs est une admiration profonde pour les grands travaux de la civilisation. » Critique des sentiments de vengeance que manifeste l'auteur : « Parfois aussi le souvenir de la France glace tout d'un coup son enthousiasme, et ce retour n'est pas toujours sans amertume... ; la douleur succède en lui à l'admiration. Seulement, je voudrais qu'il retirAt le mot de vengeance qu'il laisse échapper; une noble et pacifique émulation dans les voies du commerce, des arts, du perfectionnement social, telle est la seule vengeance qu'il convient aux peuples éclairés d'invoquer et d'accomplir. » Critique du style et de l'inspiration : « Quant au style, car il importe dans toute composition, quoique généralement assez pur, il n'est pourtant pas exempt de reproche. M. Blanqui nous dira, par exemple, en parlant d'une plaine aride, qu'elle est triste et monotone comme l'esclavage, comme si une comparaison ne devait pas être un éclaircissement et qu'une abstraction se comprit mieux qu'une image sensible. Ailleurs, il se jettera dans la mysticité : il croira entendre le bruit d'un concert angélique ; il s'écriera qu'il n'y a pas de climat pour l'athéisme, etc. De telles fautes déparent trop souvent un livre d'ailleurs utile et sensé : on devrait surtout se mettre en garde contre la vague rêverie qui y fait tomber, car toute observation saine et raisonnée sur les mœurs et l'industrie des peuples semble incompatible avec cet enthousiasme stérile qui s'exhale en vains sons. »
5n mars. Mémoires de Mme du Hausset, femme de chambre de Mme de Pompadour.
Globe, I, 38i ». — Pr. Lundis 2, I, 22.
1. Ce numéro du samedi 5 mars est. par une faute d'impression, daté du 7.