‹ Sainte Bible, traduction nouvelle (volume 2)Chapitre 206 sur 724 · CHAPITRE XXX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXX

1. Et maintenant je suis le jouet d’enfans cTont je dédaignois de placer les pères parmi les chiens de mon troupeau.

2. A quoi m’eût servi le secours de leurs bras ? leur foiblcssc auroit langui dans les travaux.

3. Desse'chés de faim et de misère, ils s'enfuient vers les lieux arides , solitaires, désolés.

4. Là , ils dévorent la plante amère des forêts ; des racines sauvages deviennent leur nourriture.

5. Chassés de toutes les habitations, poursuivis comme des brigands,

6. Us habitent dans le fond des vallées , daus les antres des rochers et de la terre.

7. On entend leurs cris au milieu des bois; ils vivent à l'abri des ronces ,

8. Ces fils d’insensés, couverts de mépris , et le rebut de la terre.

9. Et je suis devenu le sujet de leurs chants, l’objet de leurs railleries.

10. Ils s'éloignent de moi avec horreur; ils osent me cracher au visage.

11. Chacun d'eux m’outrage sans mesure ; ils n’ont plus de frein en ma présence.

12. Une troupe insolente s'est élevée à ma droite : ils enlacent mes pieds ; ils dressent contre moi leurs formidables machines.

13. Ils détruisent mes voies ; ils montent au faite de ma ruine : il ne me reste aucun appui.

14. Les voilà comme à travers une brèche immense ; ils courent parmi mes débris.

15. C’en est fait, je suis perdu : une armée de terreurs m’assiège, me saisit comme un tourbillon ; mon bouheur a passé comme la nuée.

16. Déjà mon ame est consumée en moi ; le jour de l’affliction pèse sur ma tête.

17. La nuit ronge mes os; la douleur qui me dévore ne dort point :

18. Sa violence me couvre comme un vêtement; elle me presse comme une tunique.

19. Je suis plongé dans la fange, semblable à la cendre et à la poussière du tombeau.

20. Je pousse des cris vers vous , mais vous ne me répondez pas ; je renouvelle mes plaintes , mais vous me regardez sans pitié.

21. Vous êtes inexorable pour moi, vous me frappez en ennemi.

22. Vous m'avez élevé au milieu des airs , et vous me brisez tout entier.

23. Je sais que vous me traînez à la mort, à la demeure où se rassemblent tous les vivans.

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