‹ Sainte Bible, traduction nouvelleChapitre 786 sur 791 · RÈGLES POUR L'EXPLICATION · texte numérisé non relu

RÈGLES POUR L'EXPLICATION

que sans doute ce n’est que par le canal de la tradition qui se conserve dans i’egiise répandue par tout le monde , que nous savons que l’Évangile est une véritable histoire, et que les faits qu’elle contient sont véritables.

Outre cela, l'expérience nous apprend que l’Écriture est susceptible de plusieurs sens, <• II n’y auroit point d’hérésie, dit » Tertullien, si tout le monde entendoit l’Ecriture comme il » faut ; et je ne craindrai point de dire que c’est par un ordre de w la Providence que l’Écriture est disposée de manière que les » hérétiques y trouvent des sujets d’erreur, puisqu’il est e'erit » qu’il est necessaire qu’il y ait des he're'sies, qui ne pourraient « être s’il n’y avoit point d’Ëcriture. » Mais c’est cette même Écriture qui fournit des armes pour les combattre. N’est-il donc pas raisonnable d’apprendre son véritable sens de ceux qui l’ont appris de la bouche des auteurs mêmes? Les apôtres n’ont pas donne à l’église la seule lettre ; ils y ont joint l’esprit : ils ont eu soin de laisser à leurs disciples l’intelligence de leurs écrits , afin qu’à leur tour ils la laissassent à leurs successeurs , et qu’ainsi leur doctrine sc conservât pure et passât jusqu’aux derniers siècles par le canal de la tradition. C’est ce que S. Paul dit formellement à Timothée : a Gardez avec soin ce que je « vous ai enseigné en présence de beaucoup de témoins , et don- » nez-Ie en dépôt à des personnes capables d’enseigner les •> autres. » Différons interprètes expliquent diversement l’Écriture : il est donc besoin , pour ainsi parler , d’une autre Écriture qui puisse décider laquelle de ces explications est la plus véritable. « Quelqu’un demandera peut-être, dit Vincent de » Lérins, pourquoi , la règle des saintes Écritures étant sûre et » plus que sufiisante pour établir notre croyance, on veut y » joindre encore l’autorité du sentiment de l’église. En voici la n raison : c’est que tout le monde n’explique pas l’Écriture de » la même manière, parce qu’elle est profonde et trop élevée, v et que chacun en cherche le sens à sa mode ; en sorte que i l’on verrait presque autant d’explications différentes qu’il y » auroit d’hommes qui voudraient se mêler de l’interpréter. v Novatien ,-par exemple, l’entend autrement que Photin , Sa- » beliius que Donat, Arius qu’Eunome, Mace'donius qu’Apoi- » linaire, Prisciliien que Jovinien, et enfin Pelage autrement » que Céleste et Nestorius. C’est pour ce sujet que le moyen » dont je viens de parler est nécessaire pour bien démêler la » vérité parmi un si grand nombre d’interprétations diverses , i qui forment comme une espèce de labyrinthe , où notre esprit » s'égare en autant de détours qu’il se présente d’erreurs, d’où

i ) e l’écriture sainte. 349

n nnus ne sortirions jamais si l’église ne nous servoit de guide » par l’intelligence qu’elle nous donne des prophètes et des » apôtres. »

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