‹ Sainte Catherine de SienneChapitre 12 sur 282 · DE CHARTRES · texte numérisé non relu

DE CHARTRES

Madame la Comtesse,

Sainte Catherine de Sienne, Sainte Brigitte^ le BienheuretXx Pierre Fourier ! Quels noms auxquels le vôtre demeure attaché ! Vous avez écrit ces trois volumes, et laissez-moi vous dire que nous devons vous en être profondément reconnaissants. Vous devez en être vous-même bien heureuse ; ils vous assurent une place à part dans Thagiographie contemporaine.

Ssiinte Catherine de Sienne, dont vous nous donnez en ce moment moins une réédition qu'une transformation, tant vous y avez ajouté, offrait, ainsi du reste que Sainte Brigitte, de spéciales et grandes difficultés ; mais les hauteurs mystiques, où il est si facile de s'égarer et même de ne pas atteindre, ont pour vous visiblement des attraits et ne vous causent ni illusions, ni vertiges ; vous y êtes à Taise, satisfaite d'y entraîner avec vous, sinon la foule, du moins lesi âmes d'élite. Au surplus, en ce qui touche Sainte Catherine de Sienne, les

XVIU ACPROBATIONS

plus grandes autorités dominicaines vous protègent et répondent que vous n'avez pas fait fausse route. Les paroles suivantes de Bossuet par lesquelles vous expliquez vos propres sentiments sur le mysticisme chrétien, montrent à quelles sources vous avez puisé les connaissances spéciales qui vous étaient nécessaires pour aborder l'étude de tels sujets.

c Disons avec Bossuet : < Je m'arrête ici un c moment pour prier les gens du monde de ne « pas traiter ces états de visions ou de rêvea ries ; doutent-ils que Dieu« qui est admirable € dans toutes ses œuvres et singulièrement <i admirable dans ses saints, n'ait des moyens € particuliers, inconnus au monde, de se corn- <i muniquer à ses amis, de les tenir sous sa € main, de leur faire sentir sa douce souve- « raineté ? Qu'ils craignent donc, en précipi- « tant leur jugement, d'encourir le juste re- « proche que fait l'apôtre saint Jude à ceux « qui blasphèment ce qu'ils ignorent. »

Vous aviez à peindre une âme extraordinaire, favorisée des grâces les plus étonnantes de Dieu, et mêlée aux plus grands événements^ de son temps. Pour bannir de vos récits c la légende » ainsi que vous l'affirmez, et ne nous présenter que l'histoire, comme il le fallait, rien ne vous a coûté en fait d'études ou de re-

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