‹ Sainte Cécile et la société romaine aux deux premiers sièclesChapitre 15 sur 113 · I.A SOCIÉTÉ ROMAINE · texte numérisé non relu

I.A SOCIÉTÉ ROMAINE

tienne par le Fils de Dieu. Paul était un aide surajouté au collège apostolique; mais il fallait qu'une telle mission fût examinée et certifiée par l'autorité légitime. Paul , au sortir des contemplations sublimes durant lesquelles le dogme chrétien était versé dans son âme , dut se rendre à Jérusalem , afin de « voir Pierre », comme il le raconta lui-même à ses disciples de Galatie. Il dut , selon l’expression de Bossuet , « conférer son propre Évangile avec celui du prince des apôtres. » [Sermon sur l'unité.) Paul insiste lui-même sur la longueur du séjour qu'il fit auprès de celui que le Christ avait établi la Pierre fondamentale de son Église, le Docteur indéfectible, le Pasteur des brebis comme des agneaux. « Je restai, dit-il, quinze jours auprès de lui. » [Gai., I.)

Agréé dès lors pour coopérateur à la prédication de l’Évangile, nous le voyons, au livre des Actes , associé à Barnabé, se présenter avec celui-ci dans Antioche après la conversion de Cornélius et l’ouverture de l'Église aux gentils par la déclaration de Pierre. Il passe dans cette ville une année, entière signalée par une abondante moisson. Après la prison de Pierre à Jérusalem et son départ pour Rome, un avertissement d’en haut manifeste aux ministres des choses saintes qui présidaient à l’Église d’Antioche, que le moment est venu d’imposer les mains aux deux missionnaires ,et on leur confère le caractère sacré de l’ordination. Jusque-là ils étaient encore laïques l’un et l'autre.

A partir de ce moment, Paul grandit de toute la hauteur d’un apôtre, et l'on sent que la mission pour laquelle il avait été préparé est enfin ouverte. Tout aussitôt, dans le récit de saint Luc, Barnabé s'efface et n’a plus qu’une destination secondaire. Le nouvel apôtre a ses disciples à lui, et il entreprend comme chef désormais une longue suite de pérégrinations marquées par autant de conquêtes. Son premier pas est en Chypre , et c’est là qu’il vient sceller avec l’ancienne Rome une alliance qui est comme la sœur de celle que Pierre avait contractée à Césarée.

L'île de Chypre, à raison de son étendue et de son importance, formait à elle seule une province de l’Empire. Elle était , en ce moment, du nombre de celles qui, étant l’apanage du sénat, avaient pour gouverneur un proconsul annuel , choisi toujours parmi les anciens consulaires ou prétoriens. Six licteurs portaient devant lui les faisceaux.

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