‹ Sainte Cécile et la société romaine aux deux premiers sièclesChapitre 17 sur 113 · I.A SOCIÉTÉ ROMAINE · texte numérisé non relu

I.A SOCIÉTÉ ROMAINE

et l’autre du récit des Actes et du texte des Épîtrcs des deux apôtres. D’un côté, Pierre nous apparaît comme le tuteur dévoué de la gentilité par l'adoption qu’il fait de Cornélius à Césarée, par le choix qu’il fait de Rome pour y établir sa Chaire , par son énergique langage dans l’assemblée de Jérusalem, et par mille autres traits ; d’autre part, nous voyons Paul , si dévoué aux gentils, s’adonner constamment à la conversion des juifs , au point de commencer toujours par eux son évangélisation dans toutes les villes où ils avaient une synagogue.

Quel but se proposait Paul en sollicitant des trois apôtres cette déclaration d'un apostolat spécial reconnu en sa personne ? Lui-même nous le fait

Fip. 5. — Saint PjuI. d'après le bronze du musée chrétien du Vatican. Fin du deuxième siècle ou commencement du troisième.

connaître. Il voulait, dit-il, s'assurer qu'en s’adressant avec tant d'ardeur aax gentils,, il n’avait pas couru en vain». {Gai., n.' Il désirait, de la part de ceux qu’il appelle « les colonnes », une confirmation de cet apostolat surajouté à celui des douze; il voulait que ce ministère extraordinaire, qui surgissait au moment même où la moisson des gentils était ouverte, fût reconnu comme divinement destiné à seconder l’oeuvre de la miséricorde céleste en faveur de ceux qui avaient été appelés les derniers. Les trois apôtres n'avaient qu’à s'incliner devant la volonté évidente du ciel ; mais il restait toujours vrai que si Pierre avait eu l'honneur d’ouvrir aux juifs la porte de l’Église au jour de la Pentecôte, sa main aussi l'avait ouverte aux gentils , lorsqu'il en eut reçu l’ordre d’en haut.

Un incident qui nous révèle le caractère intime de Pierre et de Paul se passa peu de temps après à Antioche, où Pierre s'était rendu de Jérusalem.

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