‹ Sainte ClotildeChapitre 17 sur 18 · CONCLUSION · texte numérisé non relu

CONCLUSION

Sainte Clotilde a dans l'histoire du monde moderne une place d'honneur. Cette âme généreuse a livré une des grandes batailles de la civilisation et remporté une de ses grandes victoires : elle a triomphé du paganisme en lui arrachant son époux, et elle a contribué à fonder la société moderne en devenant l'agent le plus actif de la conversion de Clovis et de son peuple. Quiconque comprend que l'existence d'une Europe chrétienne est un bienfait pour l'humanité doit une part de sa reconnaissance à sainte Clotilde.

Une gloire si haute n'échoit d'ordinaire qu'à ceux qui la méritent. Les grandes œuvres de la civilisation chrétienne ne sont pas dues au génie et à la force : elles senties filles de la sainteté. Ce sont ses vertus chrétiennes qui ont donné à Clotilde l'énergie patiente et l'indomptable confiance qu'il fallait pour ne pas désespérer du salut de Clovis, et pour entreprendre de l'arracher au paganisme et de le protéger contre l'hérésie. La conversion des Francs est due àsa foi en Dieu, à sa résignation quand il lui prit son enfant, à ses prières que

rien ne décourageait. Clovis n'aurait pas invoqué le Dieu de Clotilde, s'il ne l'avait entrevu aussi grand que bon à travers les vertus de sa femme. Et nous aurions le droit de la proclamer sainte, rien que pour avoir obtenu de Dieu, par ses prières et par ses larmes, le baptême du peuple franc.

Mais du sein des grandes œuvres, il sort un rayonnement qui est un danger pour les élus. Se complaire dans l'éclat des choses qu'ils ont faites et oublier qu'à Dieu seul en revient l'honneur, voilà l'écueil des âmes que leur élévation met à l'abri des tentations vulgaires. Dieu vient à leur secours en leur envoyant l'adversité, et en les faisant passer au creuset de la souffrance. Au prix de combien de cruelles douleurs Clotilde n'a-t-elle pas acheté sa gloire impérissable ! Il semble que ses épreuves en soient comme la rançon. Le glaive mortel a percé son âme à plusieurs reprises, et cette couronne royale de France, sur laquelle elle avait posé la croix de Jésus-Christ, s'est changée pour elle en une couronne d'épines qui a déchiré son front.

A vrai dire, ces épreuves, supportées avec un courage héroïque, sont devenues à leur tour de nouveaux gages de perfection et de nouveaux titres à la gloire éternelle. Ce chemin de la croix qu'elle gravit sur ses genoux meurtris, c'est celui qui la

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