CHAPITRE X
Les sources originales de la vie de sainte Colette sont assez nombreuses. Il convient de citer d'abord ses propres écrits. On en conserve des manuscrits autographes à Besançon et à Gand; une édition de tous les textes de sainte Colette a été faite assez récemment par les claristes de Belgique. Il est bien regrettable que le texte ait été outrageusement rapproché du français moderne, au lieu de garder son aspect picard du xv e siècle, ce qui pourrait déplaire pour des extraits insérés dans un récit historique destiné à des lecteurs qui n'ont pas tous les connaissances linguistiques spéciales, nécessaires pour comprendre facilement ces textes, mais ce qui est indispensable dans un recueil de textes.
Nous nous sommes déjà expliqué sur les ouvrages du P. Henry de la Baume. Il fut le confesseur de la sainte de i4o6 à i43g; c'est dire le prix du peu de ses écrits qui nous sont parvenus, ou des passages
qui ont pu passer de son texte dans celui de l'abbé de Saint-Laurent qui nous dit l'avoir consulté.
Non moins précieux sont les deux ouvrages de Pierre de Vaux et de Sœur Perine. Le premier était compagnon du ministre général des franciscains, frère Guillaume de Casai, lorsqu'il devint le confesseur de sainte Colette, qu'il assista jusqu'à sa mort. La seconde, nièce du P. Henry, a été une des premières religieuses et l'inséparable compagne de la sainte. En outre, nous avons leurs manuscrits originaux, le premier chez les claristes de Poligny, le second chez celles de Besançon. Les Bollandistes en ont d'ailleurs donné une édition correcte.
11 convient de remarquer que le travail de Pierre de Vaux n'est point une biographie, mais, il le dit lui-même, un recueil de souvenirs personnels.
Le manuscrit du P. Claret ne serait pas moins précieux, car il fut un des guides spirituels de la sainte, fut ressuscité par elle et assista à sa mort ; il était jadis chez les cordeliers de Dole. Mais on ne le connaît que par la citation qu'en fait l'abbé de Saint-Laurent.
Il faut ensuite citer les dépositions des bourgeois de Corbie et de Philippe Courault lors des premières enquêtes canoniques que les Bollandistes ont publiées.
Le mémoire de Sœur Marie de la Marche, con-
serve à la bibliothèque de Besançon, a aussi de la valeur puisqu'il est l'œuvre d'une contemporaine, et non des moindres, une des filles du roi Jacques, clariste au monastère de Besançon.
Le « Récit de ce que nostre béate mère a fait au couvent de Poligny » n'est point sans valeur, quoique anonyme, comme aussi la Vie, composée à la fin du xv e siècle ou au commencement du xvi e , conservée chez les capucins de Thonon et que M. Germain est le premier à avoir connue ; elle offre, d'ailleurs, de grandes analogies avec le texte de Pierre de Vaux dont elle semble un développement.
Il faut ensuite citer les pièces de canonisation ; les archives des claristes de Poligny contiennent des procès- verbaux de miracles fort intéressants.
Il y a aussi des documents manuscrits de premier ordre chez les mêmes claristes de Gand et de Besançon, dans les archives départementales du Doubs, de la Côte-d'Or, dans la bibliothèque municipale de Besançon, dans les archives des villes de Seurre et d'Auxonne et dans les archives de Gand.
C'est enfin chez les claristes de Poligny que Ton peut consulter deux vies manuscrites composées au xvm e siècle et dont une partie de la documentation originale est perdue, par l'abbé de Saint-Laurent, dont le travail est le seul reflet qui nous reste des
mémoires du P. Henry de la Baume, et par l'abbé Larceneux, qui a composé avec une conscience encore trop rare de son temps (1783), une Fie d'une étendue considérable.
Nous ne voulons point étudier en détail les sources imprimées de la vie de sainte Colette ; mais nous devons signaler avant tout le rituel des claristes de Besançon, imprimé à Lyon en 1671 et qui est le recueil des traditions de la sainte réformatrice, conservées oralement dans le monastère durant deux siècles et demi.
Voici enfin la liste chronologique des biographes de sainte Colette qui se sont rencontrés dans nos recherches :
1. Etienne de Juliac, cordelier, publie la première vie de sainte Colette imprimée. Je ne la connais que par la citation qu'en fait l'abbé Larceneux.
2. Josse Clithou (Jodocus Clithoveus), Brevis legenda beatœ Virginis Coletœ, Paris, i5io.
3. Le P. Jacques Fodéré, Narration historique et topographique des couvents de Saint-François et monastères de Sainte-Claire de la province de Bourgogne, Lyon, 1619. In-4.
4. Le P. Sylvère d'Abbe ville, capucin, Histoire de la bienheureuse Mère Colette, réformatrice des trois ordres du séraphique Père saint François,
Paris, 1619 et Paris, 1628. In- 12. Frontispice gravé.
5. Raes, Vita délia gran serva di Dio, B. Coleta, Foligno, 1703.
6. Pierre Collet, Histoire abrégée de la bienheureuse Colette Boellet, mise au jour par De Montis, Paris, 1771.
7. De Latera, Vita délia vergine S. Coleta, Rome, 1807. In-8.
8. Hubert Le bon, Fie de sainte Colette , Tours, Marne, 1846.