CHAPITRE XI
SAINTE COLETTE DANS l'aRT x
Nous n'avons point de portraits contemporains de sainte Colette; il n'est même dit nulle part qu'il en ait été fait ; on sait seulement qu'on voyait au couvent d'Auxonne un « ancien pastel » la représentant avec son agneau, et au couvent de Poligny une peinture qualifiée « ancienne » au xvn e siècle et représentant le miracle de la résurrection de la religieuse. Ces deux tableaux ont disparu, le deuxième lors de l'incendie de Poligny par les Français en i638, le premier probablement seulement à l'époque révolutionnaire.
L'usage s'est conservé de représenter sainte Colette debout, vêtue de la robe franciscaine à laquelle on donne d'ordinaire la couleur brune, bien que l'habit de la sainte, conservé à Amiens, soit de la couleur « gris naturel ». Cette habitude vient de ce que la couleur brune est, aujourd'hui et depuis i5 17 au moins, la couleur du vêtement de toutes les filles de sainte Colette, comme de tous les religieux de l'observance. La couleur grise ne s'est conservée que pour l'habit des tertiaires séculiers de l'observance et quelques congrégations
de tertiaires réguliers et aussi des évêques pris dans Tordre. Sur le bras, la sainte porte» un petit agneau couché. Nous avons vu en étudiant la vie de la sainte quelle était la raison de figurer cet animal qui est resté sa principale caractéristique. On lui donne aussi, en général, outre l'agneau, un livre comme marque des constitutions par lesquelles elle a réformé Tordre séraphique, mais on ne lui donne presque jamais la crosse, marque de la dignité abbatiale dont elle fut revêtue, sans doute pour témoigner la profonde humilité qui l'empêcha de jamais prendre le titre de cette dignité.
Un certain nombre de scènes de la vie de sainte Colette ont inspiré les peintres ; mais toutes ces compositions sont modernes et ne sont à signaler qu'au point de vue de la valeur artistique de quelques-unes d'entre elles.
Le sceau de la sainte, dont on a conservé des empreintes, représente une main sortant d'un nuage et tenant une croix, une lance et trois clous; autour on lit : « Mes sœurs, pensés à la mort, il faut mourir. »
Je ne sache point qu'il ait jamais, au moins avant le xix e siècle, été frappé de médailles à l'effigie de sainte Colette. La raison en est évidemment dans sa canonisation si tardive, trois cent soixante ans après sa mort, en 1807.