‹ Sainte Elisabeth de HongrieChapitre 39 sur 58 · Kaltner, Konrad von Marburg, p · texte numérisé non relu

Kaltner, Konrad von Marburg, p

2. Ce fut sans doute pour répondre à cet ordre que Conrad rédigea VEpistola examinatorum miraculorum et ÏEpistola de Vita b. Elisabeth.

3. Conrad, dans cette lettre au pape, cherche à expliquer cette rédaction hâtive en disant qu'il a obéi à une inspiration spontanée : infra cursum sermonis sine omni consilio utique praehabito, mais la chose est peu probable, dit Mielke [Zur Biographie der heiligen Elisabeth, p. 10), car

L'inquisiteur n'oubliait pas sa mission, il y travaillait avec celte sombre ardeur qui faisait de lui un être redouté, suscitant partout la colère et la liaine. Il s'attaquait aux seigneurs sans le moindre ménagement et, un jour, il accusa injustement d'hérésie le comte de Sayn. Le comte se défendit énergiquement, et Conrad fut obligé de capituler; il le fit à regret et, malgré le conseil de l'archevôque Sigefroy, il déclara la croisade ^ contre tous ceux qui, accusés d'hérésie avec le comte de Sayn, n'avaient pas comparu à la dernière réunion du tribunal tenu à Mayence ; ce dernier acte ne le satisfit pourtant pas, l'échec qui venait de lui être infligé avait abattu le courage de cet homme à la volonté de fer et il résolut de se retirer à Marbourg, pour y vivre dans la retraite.

Le roi et l'archevêque qui connaissaient les sentiments de haine qu'avait provoqués magisler Conrad lui offrirent une garde composée de

Conrad dut, dès le début, avoir eu en vue la canonisation de sa pénitente.

Dans sa relation, Conrad ne mentionne pas les mérites que s'était acquis la duchesse par le courage dont elle fit preuve après son départ de la Wartbourg. Il est vraisemblable qu'il n'insista pas sur ce point pour ne pas blesser, par celte évocation, la susceptibilité de ses nouveaux maîtres, les landgraves Henri Raspon et Conrad.

1. « Super reliquos qui non comparuerunt nec se légitime excusaverunt ibidem populum cruce signavit. « Wo man sie betrete, do suide ma/i sie tôt slaen. Rotbe, cité par Kaltuer, p, 158.

quelques hommes d'armes, Conrad refusa; il était accompagné de deux Franciscains dont l'un, Gérard Lutzelkolbo, l'assistait depuis longtemps dans ses courses et dans ses prédications.

Arrivés non loin de Marbourg, près de Rappel, au pied du Lahnberg, les voyageurs furent arrêtés et attaqués par des gens armés. Conrad, dit son biographe ^ demanda en pleurant qu'on lui fit grâce de la vie, mais ce fut en vain, « Tuez-le, répondaient les meurtriers à ses supplications, il n'a épargné personne, qu'il périsse maintenant! » Ils voulaient épargner le F. Gérard, mais celui-ci préféra mourir avec son maître.

Magister Conrad périt le 30 juillet 1233 ; son corps fut transporté à Marbourg et inhumé dans la chapelle de l'hôpital, à côté de l'endroit oii reposait sa pénitente. Les meurtriers de Conrad furent poursuivis, mais le concile de Mayence ne les condamna pas, et, plus tard, le pape lui-même, après avoir blâmé la décision du concile, prononça l'absolution des meurtriers, moyennant une sévère pénitence.

Les Franciscains de Marbourg jugèrent prudent, après la mort de magister Conrad, de s'adresser au pape en le priant de leur désigner un nouveau protecteur; par une lettre du 21 octobre 1233^,

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