CHAPITRE II
Des Amitiés de Jésus au bourg de Béthanie.
Saint Jean est l'évangéliste de la divinité de Jésus- Christ. Aucun autre ne l'a mieux comprise ; aucun n'a répété plus fidèlement ce que le Fils de l'homme affirmait du Fils de Dieu , et n'a vu de plus près ce qu'il avait entendu de moins loin. En le lisant, on s'étonne que l'arianisme ait été possible, tant, à chaque pas, éclate
la coéternelle union du Verbe avec Dieu , du Fils avec le Père. Mais saint Jean est aussi, par un autre privilège, l'évangéliste du cœur de Jésus -Christ. Objet lui-même d'une de ses prédilections , nul n'a mieux dit comment il aimait, nul n'en a rapporté des traits plus touchants et mieux gravés dans cette admirable histoire dont il est l'un des quatre auteurs. Or voici comment saint Jean ouvre le onzième chapitre de son Évangile •
1 . Il y avait un homme appelé Lazare qui était malade à Béthanie, dans le bourg de Marie et de Marthe sa sœur.
2. Cette Marie était celle qui oignit le Seigneur d'un parfum , et qui essuya ses pieds avec ses cheveux, et c'était son frère Lazare qui était malade.
3. Les deux sœurs envoyèrent donc vers Jésus pour lui dire; « Seigneur, celui que vous aimez est malade. »
4. En entendant cela, Jésus dit à ses disciples : « Cette maladie n'est pas pour la mort , mais pour la gloire de Dieu , afin que le Fils de Dieu soit glorifié par elle. »