‹ Sainte ThérèseChapitre 91 sur 146 · ACTE III. l4l · texte numérisé non relu

ACTE III. l4l

XIMEIR V

i Ercol et Balban, en montrant quelques défroques restées là

Liez l'homme avec ces lambeaux!

Vers le précipice :

Et VOUS, cessez les cris, éteignez les flambeaux. Et faites d'un silence et d'une nuit de tombe Un piège sûr au vol peureux de la colombe.

Ercol et Halban, avec les défroques, ont solidement lié Ervann au socle, dans les débris de l'autel de Bacchus. — Elle se retourne vers Ervann immobilisé.

Penses-tu maintenant, cruel, que je pourrai De ta sainte et de toi me venger à mon gré? Dans une gloire infâme à la mienne pareille, Ton ange...

Elle écoute. — Un chant religieux : (( Et arnore fiai cœlum... n s'approche lentement.

Et c'est déjà l'instant. Prête l'oreille Au cantique des sœurs Carmélites. Tu dois Distinguer, dans le chœur qui murmure, une voix?

ERVANN hurlant, dans l'entrave des liens

Thérèse de Jésus! Fuyez!

XIMEIRA

Tais-toi !

ERVANN

Thérèse De Jésus...

XIMEIRA

Ah! tais-toi!

ERVANN

Retournez !

XIMEIRA à Ercol et à Balban

Qu'il se taise!

Elle se penche vers Ervann que Balban et Ercol ont bâillonné.

Mais, muet, tu n'es pas aveugle!

Elle désigne le chemin, en haut.

La vois-tu?

Thérèse elles Carmélites n'apparaissent pas encore : on entend leurs voix qui s'approchent.

I42 SAINTE TilEUESK.

LES C A U M É L I T E S de moins en moins lointaines

(( Et amore fiai cœhiin et spivitii... »

Elles apparaissent, chantant. — - TLcrèse est la première, Jiiana est tout près d'elle, les autres religieuses suivent rYtliniiiiucment.

JUAN A

qui vient d'apercevoir la croix en travers du chemin

Olil le mauvais présage! Une croix renversée!

Le signe de mon Dieu peut-il être, insensée. Mauvais!'

S'inchnant.

Mais c'est vrai qu'elle est rompue!* Oli ! pourquoi S'est-elle ainsi blessée, an roc!*

A Juana.

Donne-la-moi !

Juana et une Carmélite ont rcle\('' la croix. Thérèse, penchée, la reçoit sur l'épaule, se penche davautaije, recommence de marcher, sous la pesanteur sacrée. — La procession suit lentement Thérèse qui porte la croix. — Le cantique encore, rythmé par la marche processionnelle.

chantant et suivant le sentier.

(I El (unorc Jial... »

ellemèiiie interdite devant cette suhlimilc simple.

Oli! c'est l'injure neuve Que moi-même de sa sainteté je m'émeuve.

Vers Ervann, pendant que la procession s'éloigne, commence de descendre vers le sahbat silencieux.

Jure sur ton salut, par le Dieu que tu crois, Par ta haine, et par son épaule sous la croix. Que, même délivré de moi, ta bête fauve, Tu ne reverras pas la sainte, — et je la sauve!

Elle a arraché le bâillon dErvann. Thérèse et les Carmélites ont disparu

vers le précipice.

ERVANN

Ail! par l'Espèce unique et les trois Sacrements, Je le jure! Fais grâce! et jamais plus.., !

ACTK lu. l13

Tu mens.

Un énorme bruit de rage heureuse s'élève du sabbat.

Trop tard, d'ailleurs!

Le fracas redoublL-.

Elle entre au rut tortionnaire!

se tordant dans ses liens

Donc, tu n'es plus, Seigneur, le Seigneur du tonnerre! Donc...

Mais les bruits affreui se sont lus.

Qu'est-ce? Ils gardent trop le silence prescrit.

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