ACTE IV
là
L'Escorial, la nuit. — On voit pourtant des luours de matin triste sortir d'entre lus clôtures de la très ^aste fenêtre à gauche.
C'est une salle des Habitations. Elle est voisine du Panthéon des Rois, crypte des souverains d'Espagne, qui se trouve sous la chapelle Majeure. On voit donc, à droite, le mur de la chapelle et, au bas de ce mur, une porte de bronze (oh se croisent des os; par où. l'on entre dans la crvple. — Un bénitier à côté, de la porte. — Plus haut, du même côté l'entrée de l'appartement royal.
A gauche, au delà de l'énorme fenêtre, une tapisserie qui représente don Philippe, devant les dignitaires de l'église et de sa cour, jurant de maintenir la Sainte Inquisition.
Tout le fond, après des marches assez nombreuses, est occupé par une galerie où s'ouvrent trois larges portes; par la porte du centre, on voit, quand elle s'ouvre, le vaste escalier de pierre qui descend vers les Habitations; la porte de gauche et celle de droite, qui se font face, sont réservées aux personnages résidant dans le Palais. •
Une galerie supérieure règne au-dessus de l'autre, traverse, haut, le fond.
Sur le devant de la scène, à droite, une table entre une chaise et des sièges plus bas; sur la table, des livres, des paperasses, parmi des objets de sainteté, statuettes, reliquaires. Ln marteau d'ivoire; pour appeler, on frappe du marteau sur un petit cercueil de cuivre. — Au même plan, sur le devant, à gauche, un large fauteuil et des sièges.
Tout, au lever du rideau, est vêtu d'ombre et de silence. Les aspects, durs, monacaux, sépulcraux, énormes, s'estompent de mystère.
l48 SAINTE THERESE.
D'abord, la salle est vide. L ne horloge sonne au loin l'heure de prime. Puis aucun bruit, hormis le murmure de la messe dans la chapelle.
La messe cesse de bruire.
Un assez long temps.
S'ouvre lentement, dans les ténèbres, la porte de l'appartement roval. Une maigre forme, tout enveloppée de blanc, chancelante, comme dans un efTarement, s'avance en élevant un flambeau dont les flammes tremblent et fument. La forme a un sursaut en apercevant la fenêtre, elle se détourne, elle ne sait pas qu'elle est suivie par une autre forme, plus basse, plus sombre. Elle marche vers la porte de bronze par où l'on descend d;ins la crypte. Elle lève la croix d'os, sorte de marteau qui, en retombant, fait un bruit large et profond. Attente. Un entend de nouveau le son de la messe. La porte de bronze s'ouvre. Un religieux s'incline devant la forme blanche, prend le flambeau, éclaire à celui qui s'engage dans l'escalier invisible, descend à son tour, tire le battant de bronze. L'orgue dans le chapelle. Alors, sur la galerie supérieure, apparaissent un prêtre et des enfants de chœur précédés d'un massier.
Ils entrent par la droite, tandis que l'orgue, peu à peu, s'éteindra.
DON PHILIPPE, roi d'Espagne. — DON LUIS DE CYNTHO.
DOM TOMASSO FARGÈS. — Le Père ANDRÈS.
FRA QUIROGA
Le Seigneur de BRANTOME. — LORD BARKLEY.
don jaime. l .n second ch.vmbell.tn.
l's troisième chimbell.-^s. ls m.\ssier. therese. — jl.\na.
Gentilshommes Espagnols,
Gentilshommes Anglais et Ecoss.vis,
P.vGES DU Seigneur de Br.vntùme
Les Carmélites.
LE M A S S I E R frappant les dalles de sa hallebarde
La Messe de l'aurore est dite.
Il marche.
Dieu recrée Le jour.
Il s'éloigne, suivi du prêtre et des enfants de chœur.
Dieu donne encore un jour.
Ils ont disparu. 11 stinble que partout circule un mouvement d'éveil, qui entre avec les lueurs plus claires de la feuètre.
La porte des appartements rovaui s'ouvre largement. Huit pages vêtus de satin noir et d'acier forment la haie.
Deux chambellans suivent un domestique qui, sur un couskin doré, porte une grande clef.