‹ Sainte Thérèse; drame. Édition conforme au texte originalChapitre 111 sur 137 · XI ME RI A · texte numérisé non relu

XI ME RI A

On t'attend. . — Du reste, c'est facile.

BALBAN

près de l'escalier eitérieur.

Quatre mille!

Plus has,

BALBAN

descendant vers la barque.

Oui, fais vite

quand Balban est dans le bateau qui va s'éloigner.

Imbécile !

La barque disparaît.

C'est la vierge de grâce et de foi, non point d'or. Que je dépouillerai d'un plus rare trésor!

Les tintements d'une horloge au loin, de l'autre côté du fleuve.

Matines sonneront bientôt ; pendant l'office La salle sera vide et le moment propice.

Klle arrache la torche du mur, commence à monter l'escalier tournant, sous la flamme fumeuse; on la voit aux intervalles de la cage de pierre.

Sainte! ô ma ressemblance en Dieu! céleste sœur Lumineuse de ma diabolique noirceur!

C'est ton parfait rebours de sublime en infâme, De prière en blasphème et de pur jour en flamme,

Qui monte, songe obscur, vers le rêve qui luit. Et l'éteindra dans son inexorable nuit.

Elle clisj)araît. La scène est toute noire. Le tliéàlre change.

C'est maintenant dans la grand' salle du Chapitre, au Carmel d'Olmedo. — Comme l'a dit Ximeira, une porte basse, à gauche, au premier plan; en face, un petit autel.

La salle est vaste, morne,

A gauche, en pan coupé, un portail par oîi l'on vient du dehors, en face un autre portail par où l'on entre dans la chapelle.

Mais le fond du théâtre, dans une très vaste baie ogivale, s'achève en une terrasse haute que borne une rampe avec des embrasures escaladées de plantes grimpantes.

A gauche sur la terrasse, une fontaine de pierre sculptée; k droite, sur la terrasse aussi, un crucifix de bois, très haut sur des degrés et vers lequel monte une tige de Fleurs de la Passion, très haute aussi, qui dépasse les pieds du Christ, et retombe en branches fleuries.

Le ciel, immense, est d'un bleu très doux, derrière l'image de Jésus; il est tout fourmillant d'étoiles dures au-dessus du bouquet d'arbres noirs qui surmonte la colline.

Sur la scène même, autour de la chaire abbatiale, que précèdent trois marches, quatre ou cinq bancs, mi-circulaires, espacés; sur chaque banc, peuvent prendre place plusieurs personnes; de l'autre côté, au confluent de deux escaliers étroits qui descendent des cellules, un poteau de fer oh sont suspendus des verges de métal, des chaînes, un garrot.

Au lever du rideau, c'est une nuit merveilleuse de splendeur et de douceur.

Thérèse, presque agenouillée sur la terrasse, en dei.'à de l'image, dans une embrasure, contemple le ciel doux.

Juana, assise devant un pupitre, près de la chaire, relit à voix basse ce que Thérèse, il y a un instant, lui dictait.

THERESE

vers le ciel

0 désiré de l'âme encore solitaire,

Que votre ciel est beau, même vu de )a terre!

Page 1