ACTE V
UNE CARMÉLITE
Non pas. Elle est debout.
UNE CAR Jr ÉLITE
Succombe..,
UNE CARMÉLITE
Se redresse!
JUANA
S'accroche aux harnois d'un archer, Le mord aux jambes pour qu'il ne puisse marcher. Et défaille sous le nombre horrible qui passe !
UNE CARMÉLITE
Ils se hâtent !
UNE CARMÉLITE
Ils vont, dans cet étroit espace, A mi-coteau, saisir le fugitif!
UNE CARMÉLITE
Ils l'ont Rejoint.
UNECARMÉiaTE
Sous la huée, il monte l'apre mont., On le lie...
On le frappe...
JUANA
Après un regard au grand crucifix :
Il consent et s'incline.
Comme. . .
UNE CARMÉLITE
Les longs moines blancs marchent vers la colline.
Cependant la messe a continué et voici le moment de l'Elévation, Le prêtre s'est tourné vers Thérèse, l'hostie aux doigts.
0 pain de vie ! 0 pain fait de l'éternel blé Du triple Dieu dans la Passion rassemblé ! Fils! Père! Esprit! 0 Trinité! pénètre
2l6 SATNTE THÉRÈSE.
Tout entière au béant tourment de tout mon être Et remplace en moi tout, amour, rêve et raison !
Au grand portail de gauche resté ouvert Ximeira apparaît blessée, du sang au cou, chancelante parmi l'effroi des nonnes.
XIMEIRA
criant vers Thérèse
Ne reçois pas ton Dieu ! J'en ai fait du poison ! Oui, moi, moi, j'ai versé l'euphorbe dans l'hostie. Ne crois pas que déjà je m'en sois repentie... Je te hais. Mais, voilà, mon amant va mourir, Et je te sauve, toi qui peux le secourir. Tu gardes dans ta robe, oui, là, dans ta ceinture. Le sûr pardon de mon Ervann. Oh ! je t'assure Que tu vas le sauver, puisque c'est l'Advenu !
THÉRÈSE
L'Advenu !
JUAN A
C'est aussi, — je l'ai bien reconnu — Le prêtre de jadis . ..
XIMEIRA
proche, plus haletante
Tu ne vas pas, te dis-je.
Hésiter ! Dieu commande et ton deA-^oir t'oblige.
Thérèse a fait un mouvement. Ximeira poursuit
Tu tires le papier de ta robe? Tu vas
Me le donner? Pourquoi ne le donnes-tu pas
Tout de suite? Le temps presse.
Au dehors des voix de pénitents psalmodient. U IN E CARMÉLITE
On chante ! et l'on monte.
En cortège, vers le bûcher !
XIMEIRA
folle
Oh! quelle honte De ne pas obéir à ton Dieu ! Le moment Est venu ! Tu tiens dans ta main le sacrement