FIN DU CINQUIEME ACTE
ÉPILOCxUE
Dans l'église du Carmel d'Albe de Tormes. L'église est somptueuse et sombre d'ors éteints, de marbres foncés. — C'est le soir. Mais peu de cierges sont allumés. On n'en voit guère qu'au fond d'un petit autel latéral. — Au debors rougoie splendidement sur les coteaux le couchant visible par les deux grands porches à droite et à gauche, vers le fond. Ces porches sont clos de hautes grilles.
Au milieu du théâtre, pas trop en avant, des tentures pesantes, de pourpre sombre, avec des figures sacrées tissées et brodées d'or, descendant vers les degrés d'une estrade invisible, d'un très haut dais où est peinte, sur fond de sinople, la Salutation angélique, selon la dédicace de ce Carmel. — Quand les tentures seront écartées, elles seront maintenues au fond par des statues d'anges, penchées, qui lèvent des torches aux flammes d'or.
A droite, au premier plan, l'entrée du bas-côté de l'église.
Au lever du rideau, des novices et quelques professes du Carmel d'Albe sont prosternées à gauche, sur les degrés de l'estrade invisible. — De l'autre côté sont agenouillées des bourgeoises, des montagnardes, des pauvresses.
Un pauvre est assis, à droite, près du bénitier, sur un banc de pierre auquel fait face un autre banc. — Il est très vieux, et tend une sébile — Des gens qui entrent, gens de tout rang, lui font l'aumône, vont se mettre en prière.
On n'entend d'autre bruit que le ch'jchottement des oraisons, déchiré parfois par le sanglot d'une carmélite prosternée.
Un pèlerin très vieux, plus vieux que le pauvre, entre par le bascôté.
THÉRÈSE. — XIMEIRA. — JUANA.