‹ Sainte Thérèse; drame. Édition conforme au texte originalChapitre 44 sur 137 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

Qu'aux délirantes nuits de blasphème et de vœu, Oij, béate en Satan et diabolique en Dieu^ Grisant d'impie encens le christ d'or qui titube^, Avec Ercol pour ange et Balban pour incube, Elle disait jusqu'au gris reproche du jour Dans le cloître endormi les Ténèbres d'amour!

ERCOL

Alléchante comme elle était lorsque, novice,

Par d'étranges ferveurs suspecte au Saint-Office

Et qu'attendaient les rats des Secrètes-Prisons,

Elle sut, par ses yeux, esquiver les tisons.

Et même, au vieux Fargès, énorme mais friable.

Fit renier Jésus et confesser le diable.

En des plaisirs qui lui donnaient la question !

I3ALBAX

Telle enfin qu'en l'orgueil de la perdition, Frénétique, le rire et l'outrage à la bouche. L'adora tout un peuple éperdument farouche Qui suivait vers d'obscurs ou rayonnants demains Ses pieds de reine errante aimés des grands chemins.

ERCOL

Or ça, depuis, quel fut ton destin par le monde?

Joie ou deuil?

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Répondez avant que je réponde.

D'où venez-vous?

ISALRAX

Le sort nous a fait voyager.

ERCOL

En France.

BALBAN

En Italie.

ERCOL

A Tunis.

BALBAN

Dans Alger.

O'i SAINTE THERESE.

Tuant un peu.

BALBAN

Volant beaucoup.

ERCOL

Puis, en Espagne.

Nous revînmes...

BALBAN

Par Roncevaux!

XIMEIRA

Et par le bagne.

Elle s'est levée.

Jadis, quand votre zèle importun s'avisa De me suivre, les soirs, jusqu'à Castelgorza, Vous vîtes quelquefois un homme à la fenêtre?

ERCOL

Sans doute.

BALBAX

Ton amant.

ERCOL

Un prêtre.

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