‹ SainteHélèneChapitre 4 sur 93 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

teiirs. n est.impossible de rencontrer des rivages offrant un aspect plus inhospitalier que ceux-là. On contourne enfin un piton en forme

de pain de sucre, et bientôt on se trouve en face d*un ravin au fond duquel est une prison, et qui est fermé pai' un retranchement j des triangles noirs se montrent par-dessus cette clôtuie, ce sont des baraques dans lesquelles on entrepose les noirs trouvés à bord des navires négriers capturés par Tescadie de la côte d'Afrique.

Au bout de quelques instauts on entend iiier la chaîne , et le navire s'endort tranquillement à l'ancre , en face de James-Town, entre d'autres vaisseaux cosmopolites comme lui, et deux ou trois pontons attendant leur tonr de démolition. Saisis en flagrant déUt de traite , un tribunal maritime spécial les a condamnés à la destruction.

En ce moment on a devant soi le vallon

principal de l'île ^ formant une gorge étroite, resserrée entre deux versants escarpés et arides. Sur les premiers plans on découvre un re-

16 SAIKTË-HELËISË.

tranchement fermant la vallée , quelques arbres au milieu des maisons , un clocher rectangulaire, surmonté d'une pyramide peu élevée; plus loin, sur un versant de la montagne, se dessine une route qui çrimpe péniblement ver» une maison blanche , entourée de quelques arbres. On se sent alors porté à penser que Fintérieur de l'île doit être plus fertile que les côtes, et que ce coin plus riant est Tindice d'une végétation plus riche. La suite montrera jusqu'à quel point cette espérance est fondée.

Enfin on peut remarquer à sa droite, au sommet des hauteurs qui surplombent la ville, deux groupes de constructions ; ce sont deux établissements militaires : le plus élevé, et le plus éloigné en même temps, est Hiyh'Knolli Ladder^ Hill est le nom du plus proche. Ce dernier est même si près de la mer que l'on pourrait craindre de le voir s'affaisser dans Tabime en écrasant les roches qui le supportent. Le nom de Ladder-Hill est justifié par cette longue balafi!« qui coupe obliquement le flauc de la muutagne, et qui n*est autre chose qu'un hmg escalier fort

Page 1