‹ Salomon et ses successeurs: solution d'un problème chronologiqueChapitre 2 sur 35 · I. INTRODUCTION · texte numérisé non relu

I. INTRODUCTION

Tout le monde sait que les livres bibliques des Rois, ainsi que les Chroni<iues ou Paralipomènes^ contiennent une chronologie détaillée des rois de Juda et d'Israël. Une fausse critique seule a pu refuser^ aux donnée!^ conservées dans ces livres, la grande importance qu'il faut leur revendiquer pour la mesure des temps historiques. Aucune raison plausible ou digne d'être prise en considération n'a jamais été mise en avant par ceux qui ne reconnaissaient pas dans ces livres de TAncien Testament des documents de la plus haute autorité scientifique.

Le respect des documents par lesquels seuls on apprend et on peut apprendre l'histoire, est le premier devoir de l'historien, et le meilleur critérium de sa valeur et der son autorité. Celui qui méprise la source à laquelle il est obligé de puiser ne peut pas avoir de foi en ce qu'il en a déduit, et de pareils investigateurs devraient s'interdire des recherches auxquelles, au bout du compte, ils ne sont forcés par personne.

Cette prémisse de la véracité des documents historiques doit être maintenue, comparable en cela au palladium de la sécurité individuelle, à l'axiome: Quilibet prœsumitur bontAS, donec

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probe tureontrarium. Dans la jurisprudence, la seule restriction repose dans le deroier membre de la phrase. £n ce qui concerne rhistoire^ rautorité des documents ne doit être ébranlée que par une critique basée sur des faits ayant la plénitude des pouvoirs démonstratifs. Je souligne, par une critique saine et sérieuse^ non pardes recherches prétenduescritiques qui^ maU heureusement assez en vogue maintenant^ remplacent Texa- • men consciencieux par descompuisnon fondés et non démontrés; non aussi par des œuvres dont les auteurs dans leur illusion s'imaginent de pouvoir dissimuler le vide par le grand mot de critique. Ces fantôm^es, comparables à ceux des Chinois, ne terrifient personne, et peuvent encore moins déterminer une conviction quelconque ; car, au fond, il n'y a derrière eux que des opinions personnelles, non vérifiées. Elles ne se distinguent entre elles que par un degré phis ou moins grand de fragilité, et elles se vessemUent surtout en ce qu'elles ne sont partagées par personne, en dehors des auteurs mêmes.

Quant à l'autorité des livres bibliques, surtout à partir de SalomoUy elle est élevée au dessus de tout soupçon par les sources nouvellement découvertes de Thistoire de TAsie et de l'Egypte, sources qui affluent en si grande abondance parles déchiffrements hiéroglyphiques et cunéiformes. Ce sont surtout les rapports des Rois assyriens qui, pendant trois siècles, nous fournissent des matériaux nombreux pour juger les livres des Rois juifs. Les récits, tirés des inscriptions cunéiformes, complètent souvent les documents bibliques ; ils nous donnent des renseignements sur beaucoup de difficultés découlant de notre ignorance des faits. Ils confirment, en gros et en détail, la chronologie des livres des Rois, telle qu'elle se présente devant nos yeux, simple et inaltérée, dans les restes Je rhisloire judaïque.

Ces sources, nous les examinerons sans préjugé, et sans passion, sans intérêt personnel, sans toutes ces préoccupationsqui sont beaucoup moins raresque des recherches sur des faits aussi éloignésne pourraientle faire croire. Nous n'avons pas le moindre intérêtde placer râgedeSalomoncentans plus tard ou plus tôt ; n^us accepterions même toute chronologie par respect on

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par amflié, si n'était Tamour de la vérité. Nous scruferons les sources avec* la rigueur d'un arithméticien» nous envisagerons les questions comme des problèmes mathématiques. Car, ainsi seulement, et pas par d'autres procédés, il est possible d'arriver à la certitude. Ge n'est pas aux théologiens, ce n'est pas aiix philologues comme tels, de traiter ces questions^ s'ils ne veulent être autre chose que des théologiens ou des philologues. En posant les problètnes d*une manière exclusivement mathématique, on peut se rendre compte de l'apparence ç|es contradictions, et ainsi seulement on peut résoudre les questions par la seule manière de les poser,

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