‹ Salomon, son règne, ses écritsChapitre 275 sur 339 · I. — Jéhovah et Israël · texte numérisé non relu

I. — Jéhovah et Israël

Le Cantique des cantiques continue au deuxième chant, suivant Nicolas deLyra, d'énumérer les bienfaits de Jéhovah envers Israël. La voix du bien-aimé qui s'est fait entendre à l'épouse , c'est la loi donnée par Jéhovah lui-même aux Hébreux. Gomme l'époux du Cantique, Jéhovah a parlé à Israël « à travers les grillages de la fenêtre », c'est-à-dire à travers les nuages qui couvraient le Sinaï au moment de la promulgation de la loi. Le bien-aimé qui descend, en bondissant comme un faon, du sommet de la colline , c'est encore Jéhovah sous la figure de Moïse descendant en hâte du Sinaï et apportant au peuple les tables de la loi. C'est ce même Moïse qui dit à la nation Israélite : « Lève-toi , l'hiver est passé , le triste hiver de la servitude d'Egypte. L'aurore de la liberté brille à tes yeux; tu peux me servir maintenant en toute confiance et sans crainte des persécuteurs. »

La voix de Jéhovah se fit entendre quand Moïse, descendu de la montagne , raconta tout ce qu'il avait vu et tous les détails de la loi à Israël rassemblé ; Israël enthousiasmé répond à tant d'amour en s' écriant comme un seul homme : « Nous observerons tout ce que Jéhovah a commandé par ta bouche ^ »

La vigne que les renards ont ravagée , c'est encore Israël, souvent comparé à une vigne dans l'Ecriture,

* Ex. XXIII.

et que l'idolâtrie , rusée comme un renard , a souvent ravagé.

L'épouse qui se lève et va à la recherche de son époux, qui interroge les gardes de la cité, c'est Israël dans le désert allant à la recherche de la terre promise sous la conduite de Moïse et d'Aaron.

La paraphrase chaldaïque voit dans le départ de l'époux , laissant seule pendant la nuit son épouse désolée , l'épreuve à laquelle Jéhovah soumit Israël en lui retirant sa présence et sa grâce quand le peuple s'abandonna à adorer le veau d'or. La même paraphrase traduit ainsi , en le commentant , le texte du Cantique : « Lorsque le peuple de Dieu, Israël, se vit privé de la nuée de gloire et de la couronne de sainteté qu^il lui avait donnée sur le Sinaï, il parut obscur et noir comme la nuit; il chercha la couronne de sainteté qui lui avait été enlevée, et il ne la trouva point, comme la Sulamite en s'éveillant ne trouva plus son époux. »

Telle est, d'après Lyra et les commentateurs juifs, Tapplication édifiante et sommaire que l'on peut faire de cette partie du Cantique des cantiques aux rapports de Jéhovah avec Israël.

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