‹ Salomon, son règne, ses écritsChapitre 278 sur 339 · III. — Le Christ et l'Eglise · texte numérisé non relu

III. — Le Christ et l'Eglise

Les interprètes mystiques s'accordent à voir décrit, dans le deuxième chant, l'adolescence et la croissance de l'Eglise, c'est-à-dire les temps qui suivirent la Pentecôte , et où , par le ministère des Apôtres, l'Evangile fut prêché par toute la terre.

L'époux franchissant les collines semblable au faon de la biche, ce sont les apôtres franchissant les montagnes et descendant les collines pour porter

' In psalm. cxviii , Ser^m. VI. ,

'^ Bernard. Serm. LVI. — Quasi post parietem nostrum Christus incarnatus stetit, dit saint Grégoire, quia in humanitate assumpta divinitas latuit.

partout l'Evangile. Le Christ les excite de sa parole et de sa grâce : « Viens , dit-il à chacun des apôtres ; ne reste ni dans le Cénacle, ni dans la Palestine. Fais entendre ta voix par toute la terre : Euntes, docete omnes g entes. »

Les Apôtres obéissent, et c'est alors, dit Origène , et après lui Théodoret et saint Grégoire , que cesse l'hiver, c'est-à-dire les rigueurs de la loi mosaïque, le froid de l'infidélité des Gentils, la pluie des erreurs et des vices. Aux chauds rayons de la bonne nouvelle , les fleurs des saints , des premiers croyants et des martyrs, apparaissent sur la terre. « Du figuier si amoureusement soigné du peuple juif, sort, dit saint Ambroise, comme des bourgeons, le peuple nouveau de l'Eglise chrétienne , et les vignes, c'est-à-dire les nations converties répandent l'odeur de leurs vertus ^ . »

Mais bientôt des petits renards se montrent dans ces vignes et y causent des ravages. Ce sont les hérétiques, Simon le Mage, Basilide, Ebion, les gnostiques, « rusés comme des renards, dit saint Augustin^, habiles comme eux à tromper et à se cacher, selon les besoins, dans les moindres trous, mais aussi faciles à reconnaître à l'odeur de renard qu'ils laissent après eux. »

L'épouse ordonne qu'on prenne ces renards encore tout petits : « Car un jour , dit Bossuet , ils feront la désolation de l'Eglise tout ouvertement, sans qu'on puisse les retenir , si on ne s'oppose à eux dès les commencements : l'hérétique est comme le renard, un animal rusé qui ne s'apprivoise jamais. »

^ In Lucam, 1. VIII, c. xiii.

2 In Psalm. lxxx.

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