‹ Salomon, son règne, ses écritsChapitre 309 sur 339 · CHAPITRE XII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XII

lève, elle court, elle se fatigue; elle tourne de tous côtés , troublée , inquiète , incapable de s'arrêter jusqu'à ce qu'elle le rencontre. Elle veut que toutes les créatures lui en parlent ; elle veut que toutes les créatures se taisent. Elle veut en parler : elle ne peut souffrir ce qui s'en dit , ni ce qu'elle en dit elle-même; et l'amour, qui la fait parler, lui rend insupportable tout ce qu'elle dit , comme indigne de son bien -aimé.

« C'est ainsi que vivait la divine Vierge par la force et le transport de son amour. Son état était une douleur mortelle, une douleur tuante et crucifiante; et, au milieu de cette douleur, je ne sais quoi de vivifiant par le moyen de l'amour. Elle avait toujours devant les yeux Jésus crucifié. Elle menait une vie de douleur et de mort, et pouvait dire avec l'Apôtre : « Je meurs tous les jours. » Mais l'amour venait au secours et soutenait sa vie languissante... Et quand son cher Fils eut quitté la terre, les séraphins mêmes ne peuvent entendre ni dignement expliquer avec quelle rapidité Marie était attirée à son Bien -Aimé, ni quelle violence endurait son cœur dans cette séparation. Elle était donc toujours défaillante et toujours mourante, appelant toujours son Bien -Aimé avec une angoisse mortelle, et lui disant comme l'épouse du Cantique : « Retournez, « mon Bien-Aimé, et soyez semblable à un chevreuil (( et à un faon de cerf. » Si bien que c'était un miracle que Marie pût vivre loin de son Bien -Aimé.. Elle vivait néanmoins. Son Fils avait voulu la laisser au monde après lui pour consoler son Eglise, son Epouse veuve et désolée '. »

^ Bossuet, //c Sermon sur V Assomption.

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