‹ Salon d'Horace VernetChapitre 62 sur 74 · LE MASSACRE · texte numérisé non relu

LE MASSACRE

fuinantson houka sur une terrasse de son palais, préside à l’horrible exécution de l’ordre qu’il a donné : les Mamelucks entrés dans les cours du château dont les portes se referment sur eux, sont imjîitoyablement massacrés par des Albanais , en embuscade derrière les créneaux.

Le grand mérite de ce tableau me paraît être dans la pensée de la figure principide; c’est bien là fimpassible cruauté d’un principal agent du despotisme oriental. On s’explique l’inquiétude sourde qu’on lit dans ses regards ; le barbare craint que quelques victimes ne lui écbapj)ent :

Et son regard féroce était déjà la mort (i).

Les trois personnages debout derrière le pacha méritent le même éloge. La pensée de chacun est peinte dans l’expression de sa physionomie : a Le coiqD est bien monté , semble )) dire le plus vieux , à qui de semblables scènes » sont famililières. >» L’espèce de terreur que témoigne le second, n’est qu’un retour sur luimême. « Que n’a-t-il pas à craindre d’un pareil » maître ! )> Le troisième s’indigne de n’être que le spectateur du carnage et de ne pouvoir du moins tremper ses mains dans le sang qu’il voit

(i) P. Lemojne.

DKS MAMKl.'JCkS.

couler. Rien u’cst exagere, tout est vrai, jusqu’à l’inditlercuce stupide de resclave à genoux, qui préparé le liouka, tout à côte d’un lion terrible endormi aux pieds de Mehemed.

f .a eoulcur de ee tableau est plus barmonieuse <[ue brillante, et l’on voit, que cette fois l’artiste n’a pas clierebe l’elFet dans les contrastes.

Je hasarderai sur cette belle composition une critique plus importante. Les lois de la perspective aerienne et linéaire y sont-cdles fidèlement observées? Les figures qui s’agitent sur le second plan ne me semblent dans aucune proportion avec le groupe principal, et l’on serait d’autant moins admis à donner la distance on elles se trouvent ])our raison de leur exiguïté, que les édifices qui les entourent sont, tracés sur une échelle infiniment plus graude. La peinture a ses licences comme tous les autres arts; mais celles-ci ne passent-elles pas les bornes qu’on y met?

Dans le dessin lithogTapbié qui se trouve au .salon de M. Vernet, le lion, l’esclave nègre, et la draperie qui cache le pacha et lui sert de (.lais, ont été omis. Sans doute ce dessin est la [u’emière pensée de l’artiste, qui aura jugé ces accessoires nécessaires à l’eusemOlc de son tableau.

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