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CHAUFFAGE A LA VAPEUR

masses d'eau liquide, les chasse violemment, et ces chocs produisent parfois des explosions , souvent des ruptures et des fuites, mais au moins très-fréquemment un bruit incommode et inquiétant.

Ces inconvénients graves ont généralement fait renoncer au chauffage direct par la circulation de la vapeur, excepté dans les usines où l'on emploie celle qui s'échappe des machines motrices, après y avoir agi. Dans ce cas, elle circule habituellement à travers de larges tuyaux apparents, ayant une pente suffisante pour que l'eau de condensation ne s'y accumule pas. Mais lorsqu'il s'agit de chauffer des lieux habités, de conduire la vapeur à travers des planchers de peu d'épaisseur , les difficultés augmentent et tous les inconvénients apparaissent.

M. Grouvelle , habile ingénieur civil , a proposé et exécuté pour plusieurs hôpitaux un dispositif dans lequel la vapeur, au lieu d'échauffer directement les poêles placés dans les salles, transmet à travers les parois des tuyaux, dans lesquels elle circule, une partie de sa chaleur à de l'eau contenue dans ces poêles. Ce système, par suite de la grande densité de l'eau et de son peu de conductibilité de la chaleur, évite l'inconvénient du refroidissement trop rapide des poêles, quand la circulation de vapeur se ralentit ou cesse.

Ces poêles ont, vers leur sommet, une petite ouverture qui empêche la température de l'eau de dépasser 100°, et les tuyaux qui les traversent, pour fournir un passage à l'air affluent de l'extérieur, ne permettent pas à la température de cet air d'excéder 40 à 45°.

Des dispositions particulières donnent d'ailleurs la facilité de faire passer la vapeur par les poêles ou par des conduits extérieurs, de manière à modérer la température des salles en ne chauffant qu'une partie de leurs poêles.

Mais, si l'on obtient par ce dispositif plus de régularité dans le chauffage, l'on n'évite pas les défauts des condensations dans les conduits qui traversent les planchers, ni les fuites, toujours difficiles à trouver et à prévenir.

Quelques accidents survenus à l'hôpital Lariboisière ont même montré que ce système n'était pas tout à fait à l'abri des ruptures brusques.

On pourrait conserver les avantages du chauffage à la vapeur, et éviter ses principaux inconvénients, en disposant les tuyaux de circulation de la vapeur verticalement, dans des gaines ménagées dans l'épaisseur des murs ou construites exprès, comme on l'a fait en quelques endroits du pavillon de l'hôpital de Vincennes, ou comme le fait M. d'Hamelincourt pour la circulation de l'eau au bâtiment d'administration du chemin de fer du Nord.

Quelques-uns de ces tuyaux pourraient rester apparents sous forme de colonnes et servir de poêles pour se chauffer les mains ou les pieds, ainsi que cela se pratique dans plusieurs établissements d'Allemagne ou de Suisse.

Ces dispositions, qui s'accorderaient très-bien avec la condition de faire arriver l'air nouveau vers le plafond, assureraient le retour immédiat de l'eau de condensation dans la chaudière et atténueraient beaucoup les conséquences des fuites, auxquelles il serait plus facile de remédier que dans celle qui a été généralement adoptée jusqu'ici.

Rien ne s'opposerait toutefois à ce que dans les hôpitaux l'on établît dans chaque salle un poêle à eau chaude, chauffé à la vapeur, d'après le système de M. Grouvelle pour l'agrément des malades.

11 convient d'ajouter qu'avec une surface de chauffe des poêles et des conduits de vapeur, de 20 à 24 mètres carrés pour 1000 mètres de capacité des salles, on peut assurer le service du chauffage des salles à 16 ou 18° pendant les temps les plus froids. A l'hôpital Lariboisière, la proportion est de 26 m-i- et elle est notablement plus grande qu'il ne serait nécessaire.

Mais il restera toujours à faire au chauffage à la vapeur, même ainsi modifié, le reproche d'être trop sensible aux inégalités du feu, et surtout aux négligences des chauffeurs, parfois prolongées pendant la nuit.

CHAUFFAGE PAR CIRCULATION D'EAU CHAUDE. 23 CHAUFFAGE PAR CIRCULATION D'EAU CHAUDE.

25. Ce système de chauffage, qui est connu et appliqué depuis longtemps avec des dispositions diverses, est beaucoup moins sujet à permettre des variations rapides de température que le précédent, attendu qu'à capacité égale les récipients et les conduits de circulation de l'eau chaude contiennent toujours un nombre beaucoup plus considérable d'unités de chaleur que s'ils étaient remplis de vapeur. La grande densité de l'eau et la permanence de sa circulation à travers les parties échauffées des appareils qui sont établies dans le foyer, longtemps après que le feu a perdu de son activité, entretiennent une assez grande régularité dans le chauffage, malgré des négligences accidentelles.

La température de l'air échauffé par ces appareils est toujours très-modérée. Il est même difficile de l'élever audelà de 40 à 45° avec des surfaces de chauffe considérables. Sous ce rapport, ce genre de chauffage est très-salubre, pourvu qu'il soit accompagné d'une ventilation abondante.

Il n'est pas indispensable d'établir, comme le faisait L. Duvoir, dans les parties élevées des édifices des récipients régulateurs vers lesquels l'eau chaude s'élève, et qui, par la différence de densité de hautes colonnes d'ascension et de retour, assurent à la circulation la rapidité convenable.

Les exemples des appareils employés à l'hôpital de Guy, à Londres, au palais de Sydenham et de tous les appareils de chauffage des serres prouvent que, pourvu que les tuyaux aient des sections convenables, il suffit d'une faible distance verticale entre les tuyaux d'ascension et de retour pour que la moindre différence de température détermine la circulation. On en a un autre exemple très-concluant dans les appareils de chauffage de certaines baignoires.

L'on peut disposer les tuyaux de circulation de l'eau destinée à échauffer l'air soit dans les parties inférieures des édifices, soit verticalement dans des gaines ménagées dans

les murs ou en saillie à l'intérieur, et par lesquelles afflue l'air nouveau qui s'échauffe au contact des tuyaux.

La première disposition, dans laquelle les conduits sont ou peuvent être apparents sur toute leur étendue et sont établis dans des locaux faciles à visiter, rend les fuites à peu près sans importance, permet de les reconnaître et de les faire cesser.

La seconde, qui est pratiquée par M. d'Hamelincourt, et dans laquelle on ménage ordinairement des regards à hauteur de chaque joint, laisse à peu près la même facilité et permet de rejeter au dehors les eaux des fuites.

Toutes deux sont d'une installation plus économique que celle qui a été adoptée par L. Duvoir-Leblanc qui faisait circuler l'eau dans l'épaisseur des planchers, et elles sont à l'abri des reproches, un peu exagérés du reste, qui ont été adressés aux travaux de ce constructeur.

Dans ces dispositifs, les poêles à eau peuvent être supprimés totalement ou réduits à un seul par salle, pour la commodité des malades.

26. Proportion à donner aux surfaces de chauffe. — Les appareils de chauffage par circulation d'eau chaude ne donnent pas à surface égale autant de chaleur que ceux à vapeur. L'observation des résultats obtenus à l'hôpital Lariboisière, montre qu'une surface de chauffe de 27 mètres carrés pour 1000 mètres cubes de capacité des salles, est à peine suffisante par les grands froids, et nous pensons qu'il conviendrait d'allouer aux poêles ou récipients placés à l'intérieur des salles à chauffer, au moins 30 à 32 mètres carrés de surface totale de chauffe pour cette capacité de 1000 mètres cubes dans des locaux analogues aux hôpitaux.

Quand il s'agit d'appareils placés dans les caves et destinés à chauffer de l'air, qui, de là, circule dans des conduits où il peut se refroidir ou de salles chauffées par intermittences, la prudence exige que la surface de chauffe soit portée à 50 mètres carrés pour 1000 mètres de capacité à chauffer, et encore faut-il que l'air ne doive pas être con-

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