APPLICATIONS
Le tuyau qui amène le gaz à l'intérieur de la cheminée peut être facilement démonté quand on n'en a pas besoin, et fermé par un bouchon à vis en cuivre. Ce mode de ventilation peut être employé avec avantage pour les jours de réception dans les salons , pourvu que l'on y dispose aussi des orifices d'introduction d'air frais à une température modérée, convenablement placés.
Pendant la saison d'été, la ventilation à l'aide du gaz permet en outre de maintenir durant le jour, dans les appartements, une température notablement inférieure à celle du dehors, en y faisant affluer de l'air de caves salubres et bien tenues pour remplacer celui qui est extrait.
Exemple. Le cabinet de la direction du Conservatoire des arts et métiers est ventilé, l'été, par ce procédé, et quoiqu'il ne reçoive de l'air des caves que par une seule bouche trèsinsuffisante et que ses portes soient incessamment ouvertes, la température y est habituellement inférieure de 2° à celle du cabinet du sous-directeur, exposé identiquement de même, mais non ventilé, et de 4° à celle de l'air extérieur à l'ombre.
d7. Conduits auxiliaires d'évacuation. — Outre les cheminées, l'on peut ménager pour les cas de réunions exceptionnelles, dans les trumeaux des murs de face ou dans les murs de refend, des conduits auxiliaires où des becs de gaz allumés détermineraient un tirage actif. Ce moyen a été pratiqué avec succès dans une maison des Champs-Elysées à Paris.
08. Ces asiles, ouverts par la charité à la première enfance, outre les conditions d'espace et de soins de propreté, doivent aussi satisfaire à celle d'un renouvellement abondant et régulier de l'air obtenu autrement que par l'ouverture intermittente des fenêtres. Sous ce rapport tous les établissements de ce genre, et même la crèche modèle de l'Exposition, laissent beaucoup à désirer. Le chauffage y
est aussi assez mal assuré à l'aide ie poêles en fonte, dont les inconvénients ont été signalés au n° 16.
Comme exemple de ce qu'il me paraît convenable de faire en pareil cas, je ferai connaître la disposition exécutée pour la nouvelle crèche de la paroisse de Saint-Ambroise à Paris, dont la construction a été confiée à M. Picq, architecte (pi. I, fig. 14).
Cette crèche est destinée à recevoir 50 enfants. L'on a d'abord admis qu'il s'y trouverait fréquemment en visite 25 mères, et que le personnel et les patronnesses formeraient parfois une réunion de 10 personnes.
D'après ces données, le volume d'air à extraire et à introduire pourrait s'élever au maximum, à (n° 40) :
Pour 50 enfants, 15 mètres cubes par tête et par heure 750
Pour 25 mères en visite, 30 mètres cubes, id. id . . . t. 750
Pour 10 personnes de service, 30 mètres cubes, id. idm? •-^««^"'•^^ • 300
Volume total d'air à extraire et à introduire
me*
par heure. A . . .-aç/fe*, . . / . 1800mc*
ou en une seconde, 0me,500.
Ce chiffre excède de beaucoup les besoins, parce que le règlement de service des crèches n'admet pas la présence des mères dans la salle principale. Elles sont reçues et allaitent leurs enfants dans une salle spéciale.
La salle a 18m,58 de longueur, 7m,30 de largeur et 4m,70 de hauteur, ce qui correspond à une capacité cubique de 647m0,48.
Avec le volume d'air indiqué ci-dessus, le renouvellement
complet aurait lieu ■ = 2,78 fois par heure, ce qui est
très-suffisant pour en maintenir la salubrité. Le chauffage doit être assuré par un calorifère à air chaud,
LlBRAg^
à tuyaux verticaux en fonte, présentant ensemble environ 9 à 10 mètres carrés de surface de chauffe, et communiquant avec un conduit de mélange d'air froid, dont il sera parlé plus loin.
Ce calorifère devrait avoir deux étuves : l'une extérieure pour sécher les linges encore humides, avec évacuation de la vapeur vers la cheminée ; l'autre intérieure, s'ouvrant dans la salle pour le chauffage du linge sec. Par mesure d'économie, l'on n'a pas cru devoir installer ces étuves.
On aurait pu facilement établir, à partir du foyer de ce calorifère, quelques tuyaux de circulation d'eau chaude, pour maintenir à une température convenable un réservoir d'eau pour lé service intérieur. Pendant la saison d'été, ce réservoir, qui pourrait être placé dans la cheminée même du calorifère, aurait été chauffé par un petit foyer spécial. Le même motif que ci-dessus a empêché d'adopter cet utile accessoire.
L'évacuation de l'air vicié se fait par dix orifices d'appel aaa (pi. I, fig. 14), ouverts dans les parois verticales des murs. La vitesse de passage devant y être de 0m,70 (n°50),en une seconde, la section libre de chacun d'eux a été fixée à
— — L— — omi,071. Ils pourraient avoir dans œuvre, 0m,30
sur 0m,25, mais leur entrée devant être munie d'une grille qui en obstruera environ un tiers, on a donné à cette ouverture 0m,33 sur 0m,33.
Ces conduits débouchent dans des collecteurs ménagés sous le sol de chaque côté des murs de face, et dont chacun doit évacuer au maximum 0mc,250 en une seconde, à la vitesse moyenne de 1 mètre en une seconde (n° 50). Ils ont vers leur débouché 0mti,25 de section, soit 0m,50 sur 0m,50 ; mais vers leur origine, pour les trois premiers conduits, on a réduit cette section à 0mtt,150, soit 0m,30 sur 0M,50.
Un deuxième collecteur transversal ccc, où l'air doit avoir lm,25 de vitesse en une seconde (n°50), a seulement
0mtI,20 de section, ou 0n,,40 sur 0m,50 dans sa partie transversale, et 0m,80 sur 0m,50 à son débouché dans la cheminée attendu que là il doit débiter 0niC;500 en 1 seconde.
La cheminée, qui doit évacuer 0mc,500 en 1 seconde, à la vitesse de 2 mètres en une seconde (n° 50), devait avoir
0mc 500 pour section — — '— — = 0m<iJ250 ou 0m,50 sur 0ra,50. On en a,
dans l'exécution, porté la section à 0n,C[,454, ce qui est plus que suffisant. Elle reçoit le tuyau de fumée, et l'on a disposé à sa partie inférieure une petite grille de 0m,25 sur 0m,25 avec rebord, formant réchaud pour y allumer un peu de houille quand le temps sera doux, afin de maintenir l'activité de l'appel.
L'introduction de l'air nouveau se fait conformément aux règles indiquées aux nos 51 et 52.
La prise de l'air que le calorifère A doit échauffer se fait par un conduit B venant du jardin et passant sous le sol de la salle. A l'extérieur, ce conduit est terminé par une sorte de cheminée, couverte d'un grillage pour empêcher l'introduction des corps étrangers.
La prise d'air du foyer se fait dans la petite salle G.
L'air chaud fourni par le calorifère afflue vers le grenier par un conduit ddd, eee, établi sur le sol du grenier, dans l'axe du bâtiment. La disposition de la charpente n'a pas permis de n'avoir qu'un seul conduit qui eût suffi.
L'air froid, destiné à être mélangé à l'air chaud, est pris dans le grenier, d'où il est dirigé vers le conduit ddd à l'aide de languettes, de manière à arriver au-dessus de celui ddd d'air chaud.
Une languette partant du mur de refend, et dirigée à moitié de la hauteur du conduit longitudinal eee, assure l'arrivée séparée de l'air chaud en dessous, et de l'air froid en dessus. Il suffit que ces languettes aient 3 à 4 mètres de longueur, mais elles doivent être faites en briques, afin qu'elles ne s'échauffent pas trop par l'action de l'air venant du calorifère, ce qui contrarierait parfois l'arrivée de l'air froid.
Les deux conduits d'air chaud et d'air frais ont 0m,30 sur 0m,50.
Quatre orifices gggg, ménagés au plafond dans l'axe de la salle, introduisent le mélange d'air chaud et frais à la vitesse d'environ 0m,50 en une seconde (nos 51 et 52), et afin de tenir compte de l'obstruction des grilles, ils ont 0m,70 sur 0m,90.
Des registres sont disposés au bas de la cheminée pour modérer au besoin l'évacuation, et dans les conduits d'air chaud et d'air frais, pour en régler la proportion au degré convenable.
Telles sont, les dispositions simples et peu coûteuses qui ont paru propres à assurer à cette crèche une salubrité supérieure à celle des autres établissements de ce genre.
89. Résultats d'expériences. — Les indications qui précèdent ont été à peu près suivies dans l'exécution, sauf quelques modifications de détail nécessitées par l'état des lieux et par les constructions déjà faites.
La crèche a été ouverte le 27 janvier 1868 et des expériences, exécutées dans les premiers jours de février, ont fourni les résultats suivants:
Résultats d'expériences exécutées à la crèche Saint- Ambroise. — Les travaux intérieurs de cette crèche n'ont été terminés que dans les derniers jours du mois de janvier de cette année, et la salle a été ouverte le lundi 27 aux premiers enfants qui y ont été présentés. Après trois ou quatre jours de chauffage, pour amener l'intérieur à une température convenable, l'on a procédé à des expériences à partir du 31 janvier.
Dans une première visite de la salle, l'on a reconnu que l'appel d'air vicié se faisait assez régulièrement à toutes les bouches, quoique la vitesse parût notablement plus grande à celles qui sont les plus voisines de la cheminée d'appjl, ce qui est naturel. Il serait d'ailleurs facile de rendre la répartition de l'évacuation plus uniforme, si l'on en reconnaissait la nécessité, en disposant b chaque orifice
un registre, pour en régler l'ouverture, une fois pour toutes.
L'introduction de l'air nouveau se fait aussi convenablement par les rosaces du plafond et à des vitesses qui n'ont pas excédé 0m,45 à 0ra,50 en une seconde. On la rendrait aussi tout à fait uniforme en restreignant intérieurement les orifices les plus éloignés du calorifère, où elle est plus abondante ; mais cela n'est même pas nécessaire.
Le volume d'air introduit dans le calorifère, pour y être échauffé, peut varier dans de grandes proportions avec l'intensité du feu; mais avec une consommation très-modérée, de 26 kilogrammes de houille par journée, il a été trouvé, le 6 février, de 1760 mètres cubes, le 7 février, de 1670 mètres cubes élevés de la température extérieure de +5°, 56, moyenne ordinaire de l'hiver, à celle de 31°, à laquelle il était introduit dans les salles. Le calorifère seul suffirait donc l'hiver, par les larges proportions de ses passages, pour alimenter la salle en air nouveau à une température très-modérée, bien au delà des besoins.
Les prises d'air frais pour le mélange seraient ainsi souvent inutiles et pourraient alors être fermées.
Le volume d'air introduit dans la salle par les rosaces du plafond a été le même jour, 7 février, trouvé égal à 1692 mètres cubes par heure, ce qui confirme l'observation précédente.
Quant au volume d'air vicié évacué par la cheminée générale d'appel, il s'est élevé à 1847 mètres cubes le même jour et dans les mêmes circonstances. La température moyenne dans la cheminée d'appel était
Le 6 février, de 28°, 8
Celle de l'air extérieur étant de. . 6°, 8
Différence 22°,0
Ainsi, par cette température moyenne de l'hiver, l'on a pu maintenir dans la salle celle de 16° et avec un excès de 20°
de celle de la cheminée d'appel sur celle de l'air obtenu, l'évacuation de près de 1800 mètres cubes, sur laquelle on avait compté.
La consommation de combustible par heure a été
Pour le chauffage 3kil,24
Pour la cheminée d'appel 1 40
4kil,64
Les enfants, arrivant le matin et étant repris le soir par leurs mères, il suffira, en temps ordinaire, que les feux soient allumés au plus huit heures par jour. La consommation journalière sera donc en moyenne de 4kil,64X8 = 37u,12.
Le combustible employé se composait de 75 pour 100 de coke et de 25 pour 100 de houille, et c'est l'estimer au delà de sa valeur que de la porter à 50 fr. les 100 kilogrammes. La dépense en argent sera donc au plus, pendant les jours d'hiver, de 37kil,12x 0,05 = 1,8560, soit pour 100 jours 185 fr. 60 c, pour obtenir un renouvellement d'air de 1800 mètres cubes par heure.
Dans la saison où l'on ne chauffera pas, le foyer d'appel seul sera allumé et ne dépensera guère que lkil,50 par heure ou 12 kilogrammes par jour, quand on ne pourra pas se contenter de l'ouverture des fenêtres, soit pendant 200 jours
200X12kilX0,05=:120fr.
La dépense totale annuelle serait donc au plus de 300 fr. pour une crèche qui, bien que destinée seulement à 50 enfants, peut facilement en recevoir 100 dans ce local vaste et bien aéré, qui a 647mc,48 de capacité, ce qui correspondrait encore à 6mc,47 par enfant, tandis que, dans les écoles primaires de la ville de Paris, on n'alloue en moyenne qu'environ 4mc,40 par enfant de 6 à 12 ans.
Dans ces conditions, la ventilation de 1800 mètres cubes par 100 lits ou de 18 mètres cubes par heure et par lit, serait à peu près double de ce qui est nécessaire et pourrait être réduite facilement à 1200 mètres cubes par heure. — Mais, en supposant même qu'elle soit conservée telle qu'elle est, la dépense moyenne par enfant serait au plus de 3 fr. par an et par lit.
Ajoutons enfin que, sans pousser le feu du foyer d'appel, il a été très-facile, avec les proportions adoptées, d'élever le volume d'air évacué à plus de 2500 mètres cubes par heure.
En résumé, l'on voit, par ces expériences, que les proportions adoptées pour cette première application aux crèches, ont été beaucoup plus larges qu'il n'était nécessaires et que les résultats désirés ont été dépassés. L'on peut donc être sûr qu'en appliquant des dispositions analogues avec des proportions restreintes, on satisfera à toutes les exigences d'une bonne et complète ventilation, avec une dépense très-inférieure à celle qui est faite dans la crèche que la paroisse Saint- Ambroise doit à son ancien curé, M. Langénieux.
60. Proportions à adopter pour une crèche de 50 berceaux. — D'après les résultats d'expérience que l'on vient de faire connaître et les conditions de service imposées par les règlements, les dispositions adoptées pour la crèche Saint- Ambroise, dépassant notablement les besoins, l'on pourra se borner, pour une autre crèche analogue, aux proportions suivantes :
Volume d'air à évacuer et à introduire pour 50 enfants, à 15 mètres cubes par heure et par tête 750me
Pour les personnes de service et les visiteurs 250
Total. 1000r
CRECHES. 57
Surface de plancher, lmi,50 par berceau. . 75ra(i,00
Hauteur intérieure 4nic,0û
Capacité cubique totale 300mc,00
équivalant à 6 mètres cubes par berceau.
1000me L'air de la salle serait renouvelé =3.33 fois par
qUU
heure.
Le volume d'air à évacuer et à introduire en une seconde
serait de =onic,277.
D'après ces bases et en suivant pour le calcul des dimensions des orifices et des conduits les règles précédentes, on renfermera toutes les dépenses d'établissement et d'entretien dans des limites beaucoup plus restreintes que celles qui ont été faites pour cette première application.
Cl. Les dispositions à prendre doivent être calculées pour extraire et introduire un volume d'air de 12 à 15 mètres cubes par heure et par enfant.
Les orifices d'évacuation seront pratiqués dans ou contre les parois verticales des deux plus longs côtés de la salle. Ce n'est qu'en cas de difficultés graves offertes par la construction qu'on devrait se borner à les disposer sur un seul côté. Ils seront aussi multipliés que possible, et devront ensemble présenter une section libre telle que le volume d'air à évacuer ne doive pas y avoir une vitesse de plus de 0ra,70 en une seconde.
Ils communiqueront avec des conduits descendants qui déboucheront tous dans les caves ou sous le sol, dans un conduit collecteur, lequel, dans la plupart des cas, aboutira directement à la base de la cheminée d'appel.
Celle-ci sera parcourue dans toute sa hauteur par le tuyau de fumée du calorifère, qui aidera l'appel par la chaleur
qui passera à travers ses parois. Mais cette chaleur ne sera généralement pas suffisante, même par des températures assez basses, pour donner à cet appel l'activité nécessaire, et il faudra établir dans le bas de la cheminée d'évacuation un petit foyer, avec grille, isolé des murs, pour brûler de la houille.
Si les dispositions locales s'opposaient à ce qu'on pût faire l'appel par le bas, on l'établirait soit au niveau du plancher, soit en haut, mais en plaçant toujours les orifices d'appel près du plancher et dans des parois verticales.
L'air nouveau, chaud ou frais, sera amené près du plafond, et, de préférence, parallèlement à sa surface. Dans la saison du chauffage, l'air fourni par le calorifère sera mélangé avec de l'air extérieur frais. On réglera les proportions de l'un et de l'autre à l'aide de registres faciles à manœuvrer de l'intérieur des salles, de manière que le mélange ne soit qu'à la température de 30 à 35° au plus.
Les orifices d'admission seront répartis, s'il se peut, sur toute la longueur de la salle, ou au moins en très-grand nombre, et leur section calculée de façon que la vitesse d'arrivée soit de 1 mètre en une seconde, si elle est dirigée horizontalement et parallèlement au plafond, ou de 0m,50, si l'on a été conduit à lui donner la direction verticale.
02. Exemple. École de la rue des Petits-Hôtels, à Paris (pi. I, fig. 15). — Le bâtiment de cette école est destiné à deux services complètement distincts.
Le rezdechaussée sert de préau couvert pour les récréations des enfants. Il est inutile de le ventiler, et un seul poêle à air chaud suffit. «
Le premier étage est affecté à l'école primaire, tenue par les Frères de la doctrine chrétienne, et partagé en quatre salles destinées à 400 enfants. La capacité de ces salles ne correspond en moyenne qu'à 4mc,40 par enfant, ce qui est à peu près la proportion admise par l'administration de la ville, et nous semble tout à fait insuffisant: sept à huit mètres cubes par enfant nous paraîtraient la proportion conve-
nable, avec d'autant plus de raison que beaucoup d'écoles d'enfants sont, avec utilité, transformées le soir en écoles d'adultes.
Le second étage est consacré à une école de dessin dirigée par un professeur civil, et contenant 270 places, dont 200 dans la salle principale qui, le soir, est éclairée par 90 becs de gaz. La capacité de cette salle correspond à 5mc,84 par place.
La ventilation a été limitée pour le jour, aux deux étages, à 10 mètres cubes par individu: ce qui conduisait à extraire et à admettre pour le premier étage 4000 mètres cubes, et pour le second 2000 mètres cubes d'air par heure.
Le chauffage est fait par deux calorifères à tuyaux verticaux à circulation d'air, dont le rendement calorifique a été trouvé par des expériences spéciales égal à 0,81 de la chaleur développée par le combustible *, et dont les proportions correspondent à 15 mètres carrés de surface de chauffe pour 1000 mètres cubes de capacité des salles, supposées ventilées à raison d'un renouvellement complet de l'air opéré deux fois par heure.
L'air chaud arrive à chaque étage par trois gaines verticales, qui débouchent dans un long et large conduit régnant dans toute la longueur des salles et qui peut recevoir de l'air frais extérieur, pour permettre de régler la température de l'air admis dans les salles. — Cet air afflue horizontalement près du plafond.
Les volumes d'air chaud à une température de 60 à 65° montant dans les gaines et non encore mélangé d'air froid ont été trouvés :
Pour le 1er étage, de 3000mo, par heure; Pour le 2e étage, de 2000 —
et ils ont été toujours suffisants pour maintenir dans les
1 . Annales du Conservatoire des arts et métiers, 6° volume, page 325.
salles une température de 16 à 18°, quand celle de l'air extérieur était de -f- 2 à + 3°.
D'après les indications données au constructeur, l'air vicié devait être évacué du premier étage par treize gaîncs dont les proportions ont été déterminées en appliquant la règle adoptée au n° 51, qui fixe à 0m, 70 par seconde la vitesse que l'air vicié doit prendre dans les premières gaines d'évacuation, ainsi que l'indique le tableau suivant :
Numéros
Nombre
Volumes d'air à évacuer
totale ndante tesse en l".
Nombre de gaînes
"cd en .:
des
salles.
prévu d'enfants.
par heure.
par seconde.
Section correspo
à une v de Om,70
et dimensions prescrites.
ailes de
'école. -
- 1er étage.
me
me
mq
m m mq |mq 1 de 0,80 sur 0,30=: 0,240) n lde0,35sur0,30 = 0,105|u'M^
3 de 0,35 sur 0,30 = 0,1051 0, 31 5
4 de 0,35 sur 0,30 = 0,105 1 0 ,420
4 de 0,45 sur 0,30 = 0,1 35
Salle de dessin. — 2e étage.
n 7Q, (4de0,45sur0,30 = 0,135 v'iyô )3 de 0,35 sur 0,30 = 0,105
Nota. Dans l'exécution le constructeur a donné, à tort, aux passages des sections beaucoup plus restreintes ; cependant les résultats prescrits ont été atteints.
Dans les premiers conduits collecteurs de chaque étage la vitesse pouvant être de 1 mètre en une seconde, la section devait être, pour
Le 1er étage, vol. à évacuer en 1" lm%114 section 1™% 116 Le 2e étage, — 0me,555 — 0mfi,555
Dans les deuxièmes conduits collecteurs débouchant au bas
de la cheminée générale d'évacuation, la vitesse devant être de lra,20 en une seconde, leur section totale a été fixée
Pour le 1" étage, à 0ra,i93 Pour le 2e étage, à 0, 46
lm<i 39
Ces derniers conduits amènent l'air vicié au bas de la cheminée, qui a 17m de hauteur et lmci,042 de section. Les deux tuyaux de fumée ayant chacun 0m20 de diamètre ou 0m,628 de circonférence et par conséquent 0m628xl7m = 10m<ï,67, de surface refroidissante ne pouvaient suffire, même en temps ordinaire, pour assurer le tirage de la cheminée, et un petit foyer auxiliaire avait été jugé nécessaire. On lui a donné une surface de 0miî,068, environ et en y brûlant lkil,60 par heure, l'on a assuré au premier étage une évacuation moyenne de 4030 mètres carrés par heure et au second étage celle de 1989 mètres carrés.
Si les proportions prescrites au constructeur pour les gaines d'évacuation avaient été observées, au lieu d'être alors réduites aux 0,46 au premier étage, et aux 0,70 au deuxième, il est évident que les volumes d'air évacués auraient dépassé de beaucoup ceux qui avaient été fixés, ce qui prouve que les règles indiquées plus haut mettent à l'abri de défauts, même graves, dans l'exécution.
Le résultat des observations faites dans ce bâtiment sur les effets du chauffage et de la ventilation conduit à cette conséquence importante, qu'avec des calorifères bien construits et un système de ventilation bien disposé, on peut chauffer convenablement et ventiler les salles d'écoles à raison de 10mc, au moins par élève, avec une quantité de combustible au plus égale à celle que l'on consomme aujourd'hui pour le chauffage insalubre que fournissent les poêles en fonte, en usage dans la plupart des écoles.
65. Des dispositions tout à fait analogues doivent être prises pour les écoles d'adultes et la seule différence à y introduire consiste à élever le volume d'air à évacuer par heure et par individu à 15 ou 20 mètres cubes, ce qui conduit à donner aux orifices et aux conduits d'évacuation et d'admission des dimensions un peu plus grandes.
64. Salles de dessin ouvertes le soir. — Ces salles présentent pour le renouvellement de l'air et pour la modération de la température une difficulté spéciale par suite du grand nombre d'appareils d'éclairage ou de becs de gaz qu'elles contiennent et qui y développent souvent une quantité de chaleur bien supérieure à celle qui serait nécessaire pour le chauffage.
La règle générale, qui prescrit de faire évacuer l'air vicié près du plancher, ne pourrait être exclusivement appliquée sans donner lieu à l'inconvénient de faire descendre et affluer près des individus de l'air à 30 ou 35°.
Il y a alors nécessité de laisser échapper les gaz chauds, produits de la combustion, par des orifices ménagés dans le plafond. Mais, en même temps, il faut encore faire affluer l'air nouveau, qui alors doit être frais, à une certaine hauteur, la plus grande possible, entre le plancher et le plafond.
Mais si, de plus, la même salle doit être occupée pendant le jour comme salle d'étude ou de dessin, et si pour ces moments on l'a ventilée d'après les règles ordinaires, en appelant l'air vicié près du plancher, il conviendra de conserver le soir une certaine activité à cette ventilation, afin de faciliter la circulation et Faffluence vers le plancher d'une partie de l'air nouveau introduit qui, pour compenser les effets calorifiques des appareils d'éclairage, doit être en volume bien plus considérable que pendant le jour.
Des observations suivies faites dans une école de dessin
de la ville de Paris contenant le soir 200 à 240 élèves et éclairée par 90 becs de gaz consommant ensemble 9 à 10 mètres cubes de gaz par heure conduisent, pour ce cas particulier, aux règles suivantes :
1° Pendant le jour régler l'évacuation de l'air vicié à hauteur du plancher à raison de 15 mètres cubes environ par élève adulte et faire affluer l'air nouveau près du plafond.
2° Pour les séances du soir ménager dans le plafond des orifices d'évacuation, dont la surface libre de passage sera calculée à raison de 2 mètres carrés environ pour 1000 mètres cubes de capacité de la salle.
Si la salle n'est pas surmontée d'un grenier que puissent directement traverser des conduits d'évacuation placés audessus des orifices, on ménagera en des points convenables, aussi éloignés que possible, des points d'arrivée de l'air nouveau, des conduits spéciaux ; ces conduits seront munis de registres faciles à manœuvrer pour les fermer pendant le jour et pour modérer ou régler l'évacuation des gaz chauds.
3° — Ménager sur les deux faces opposées de la salle ou au moins sur l'une d'elles d'autres orifices d'arrivée d'air frais à une hauteur de 3m,50 ou 4 mètres et plus s'il se peut, en aussi grand nombre que possible, dont l'ouverture, facile à régler, dirige l'air horizontalement vers le plafond et soit calculée de manière que le volume d'air affluent puisse s'élever à six ou huit fois la capacité cubique totale de la salle, en ne lui laissant prendre qu'une vitesse d'introduction de 0m,70 à 0m,80 en une seconde.
A l'aide de ces dispositions, on rendra d'un séjour tolérable et salubre les salles de dessin du soir, qui, dans l'état actuel, sont presque toutes des étuves infectes, où l'on est conduit à ouvrir, même pendant l'hiver, une partie des fenêtres, sans se préoccuper des inconvénients graves qui peuvent en résulter pour les élèves qui en sont voisins.
Dans la salle de dessin dont il vient d'être parlé, le volume total d'air évacué par heure s'est élevé :
Le 4 avril 1866, à 10 409mc Le 6 — à 12 176
Moyenne : 1 1 292mc
Ce qui correspond à un renouvellement total opéré près de huit fois par heure.
Au moyen de cette ventilation active la température intérieure a été maintenue jusqu'à 10 heures du soir à 19°, 25 et à 21°,50, à lm,50 au-dessus du plancher et à 23°,75 en moyenne au plafond, tandis qu'avant l'établissement des moyens de ventilation indiqués ci-dessus elle était respectivement aux mêmes hauteurs de 26°, 90 et de 33°.
(>o. Disposition à employer' dans les écoles déjà construites. — Il arrive trop souvent qu'aucune disposition n'a été prise dans les écoles, et surtout dans celles qui se tiennent le soir, pour assurer, même partiellement, le renouvellement de l'air et y modérer la température, de sorte que le séjour en est aussi insalubre que pénible. L'on n'a alors, comme nous l'avons dit, d'autre ressource que l'ouverture des fenêtres, à la fois incommode et dangereuse pour les élèves qui en sont voisins.
L'on peut, dans beaucoup de cas, remédier, au moins en partie, à ces inconvénients, en imitant ce qui a été indiqué au nQ 64, pour une école de dessin du soir.
Afin d'assurer l'évacuation des gaz chauds provenant des appareils d'éclairage, et d'éviter leur diffusion près des individus, l'on disposera les orifices de sortie de l'air vers le plafond. Des gaines d'appel , dont on calculera la section d'après les règles précédentes, et de manière que l'air soit renouvelé s'il se peut quatre ou cinq fois par heure, seront établies en plusieurs points, ou, s'il n'est possible d'en construire qu'une seule, on la mettra, par un conduit horizontal supérieur, en communication avec une série d'orifices
ouverts dans l'un des plus grands côtes de la salle. A la base de cette gaîne, on établira, soit un petit foyer, soit des becs de gaz, brûlant chacun 100 à 120 litres à l'heure, au nombre de trois ou quatre, afin d'activer l'appel, quand la température extérieure sera trop élevée pour que la ventilation naturelle suffise. L'emploi du gaz est d'un usage plus commode dans la plupart des cas analogues que celui d'un foyer entretenu à la houille.
Du côté opposé à celui où se fera l'évacuation, on disposera les carreaux supérieurs des fenêtres en vasistas à soufflet, que l'on ouvrira plus ou moins, selon les besoins, et en grand nombre pour assurer la rentrée de l'air extérieur le plus près possible du plafond. En multipliant et en modérant convenablement ces ouvertures, on évitera que l'air froid affluent ne soit incommode.
Des dispositions de ce genre ont été indiquées récemment pour l'école du marché Saint-Martin, tenue par les Frères de la doctrine chrétienne, où le soir dans la salle de dessin il y a environ cent élèves, éclairés par un grand nombre de becs de gaz. De simples gaines en planches montant jusqu'au toit, et l'emploi de quelques becs de gaz suffiraient pour assurer l'évacuation de l'air vicié et des gaz, et subsidiairement la rentrée de l'air frais par des vasistas disposés du côté opposé à celui par lequel se ferait l'évacuation.
Ces moyens sont loin d'être parfaits, mais leur emploi dans des bâtiments d'école déjà construits est presque toujours facile et peu dispendieux.