SALLES D'ASSEMBLÉES ET AMPHITHÉÂTRES
Si l'on est obligé de faire affluer l'air nouveau par l'une ou par plusieurs des faces verticales de la salle, on choisira de préférence celles qui sont opposées et on placera les orifices le plus loin possible des auditeurs, en les garnissant de directrices qui obligent l'air à suivre la surface du plafond plan ou courbe, pour que sa vitesse d'affluence, qui pourra alors s'élever à 1 mètre en une seconde, s'éteigne en tourbillonnant, avant qu'il n'atteigne les auditeurs.
L'air introduit devra avoir, en hiver, une température inférieure de deux degrés au plus à celle que l'on doit conserver dans l'amphithéâtre et qui est d'environ 20°.
A cet effet, l'air chaud fourni par les appareils de chauffage sera, dans une capacité spéciale, mélangé avec de l'air froid pris à l'extérieur par une ouverture convenable.
L'action de l'appel déterminera l'introduction de cet airfroid, que l'on fera affluer dans la chambre du mélange audessus de l'air chaud.
Des registres, faciles à manœuvrer, serviront à proportionner les volumes d'air chaud et d'air frais, pour que le mélange ait la température convenable.
Lorsque l'amphithéâtre ne sera pas occupé, il conviendra que toutes les communications avec la cheminée d'évacuation, avec la chambre de mélange et avec les orifices d'admission d'air nouveau, soient fermées, afin d'éviter que la ventilation se faisant en sens contraire, l'intérieur ne se refroidisse.
L'intermittence du service et du chauffage dans les amphithéâtres, détermine pour ces locaux une dépense de combustible beaucoup plus grande que s'ils étaient en service avec continuité.
Ces lieux ne devant d'ailleurs être ventilés que quand ils sont occupés, il convient de se réserver les moyens d'en opérer le chauffage par des bouches spéciales différentes de celles qui fonctionnent concurremment avec la ventilation, et qui seront ensuite fermées.
On peut admettre, comme résultats moyens des services
de chauffage et de ventilation des amphithéâtres disposés d'une manière analogue à ceux du Conservatoire, les chiffres suivants :
Consommation [ le chauffage de 1000 mètres de ca-
de J pacité . 35 à 40U1
charbon pendant \ la ventilation à raison de 1000 mètres
12 heures pour f d'air extrait et admis 12 à 15
Les grandes salles de réunion, telles que celles des assemblées législatives, doivent être chauffées et ventilées d'après les mêmes principes.
Dans tous les cas, on rappellera que les escaliers, les vestibules, les cabinets, etc., qui donnent accès dans ces locaux, abondamment ventilés par appel, doivent être chauffés sans ventilation et maintenus à une température un peu supérieure à celle de la salle principale, afin que l'ouverture accidentelle des portes n'y permette que des entrées d'air chaud qui ne soient pas incommodes.
L'expérience a montré au Conservatoire que, quand on assure ainsi le chauffage et la clôture de ces abords, qui forment alors des sortes d'écluses à air, la vitesse de rentrée d'air par les portes qui, étant ouvertes, les mettent en communication avec l'intérieur des amphithéâtres, est à peine de 0ra,30 en 1 seconde, et par conséquent à peu près insensible, d'autant plus que cet air est au moins à la même température que l'intérieur de la salle principale.
122. Une salle de spectacle se compose de trois parties principales :
l9 La scène et ses dépendances immédiates;
2° La salle, ses foyers et ses dépendances directes ;
3° Les vestibules, les escaliers et les services de l'administration.
La scène, les coulisses, les corridors qui conduisent aux loges des acteurs ou aux foyers d'artistes, doivent être maintenus à une température de 18 à 20° en hiver. Généralement ces derniers locaux n'ont pas besoin d'être ventilés parce qu'ils ne sont occupés que par un nombre restreint de personnes contenu dans de grands espaces. Cependant les foyers d'artistes, les salles de répétition pour les choristes, recevant parfois beaucoup d'artistes, il pourra dans certains cas être nécessaire de les ventiler. Les parties supérieures de la scène sont souvent soumises à une température élevée par suite de la chaleur développée par les appareils d'éclairage, par des feux, dans des combats figurés, etc., ce qui exige que l'on prenne des dispositions spéciales pour les aérer et pour en évacuer les gaz chauds.
La salle et les foyers sont les parties dans lesquelles il convient surtout d'assurer la salubrité, le renouvellement de l'air et une température modérée.
Le volume d'air à évacuer et à introduire par spectateur et par heure doit être de 40 mètres cubes, et il convient de se réserver les moyens de l'élever à 60 mètres cubes, pour la saison d'été.
Le chauffage peut être fait, soit à l'aide de calorifères à air chaud combinés avec des chambres de mélange suffisamment vastes, comme on l'a dit précédemment, soit par des appareils de circulation d'eau chaude, dont l'installation peut n'être pas plus dispendieuse que celle des précédents, et dont le service est facile à régulariser.
125. Prises d'air. — Les prises d'air nouveau doivent être ménagées, s'il se peut, dans des jardins voisins, loin des habitations, ou par des cours ou cheminées spéciales puisant, par appel, cet air au-dessus de l'édifice. L'on aura soin que ces conduits soient aussi éloignés que possible des cheminées d'évacuation de l'air vicié, et que leur orifice ne s'élève pas à la même hauteur que ces cheminées, afin qu'il ne se produise pas d'appel des unes aux autres.
Si l'air nouveau doit circuler dans des conduits souter-
rains, les murs, les voûtes et le sol de ces conduits seront en maçonnerie hydraulique parfaitement étanche, et l'on n'y permettra aucune communication de service, autre que la surveillance de leur état de propreté complète.
124. Introduction de l'air. — Cette introduction aura lieu dans la salle :
1° Par des entrevous ou doubles fonds réservés entre le plancher de chaque étage de loges, de galeries ou d'amphithéâtres, et le plafond de l'étage inférieur. L'air débouchera horizontalement par tout le pourtour de ces entrevous, qui devront avoir 0m,13 à 0m,l5 au moins de hauteur libre. On peut admettre que la vitesse horizontale avec laquelle il affluera, sera d'un mètre en une seconde; mais il faut avoir soin que les orifices de passage à travers les grilles apparentes qui limitent l'entrevous, offrent au moins une surface correspondante à cette vitesse, et qu'aucun de ces orifices ne soit disposé à peu près horizontalement au-dessus des spectateurs de l'étage inférieur de places.
2° Par des ouvertures ménagées, à partir de la hauteur de 3m,00 environ, dans les parois verticales des murs qui séparent la scène de la salle et par le tympan qui réunit ces murs, et où l'on peut former aussi une chambre de mélange d'air chaud venant des calorifères, et d'air froid pris au dehors.
3° Par des conduits auxiliaires destinés spécialement à la ventilation d'été et ménagés, s'il est possible, sous les planchers des corridors à chaque étage de places. Ils prendraient l'air à l'extérieur, et leur section serait calculée de façon que la vitesse de passage n'excédât pas 0m,60 à 0m,70. Tous ces conduits seront munis de registres pour les fermer, au besoin, dans les soirées froides.
12o. Précautions à prendre. — L'évacuation par appel de l'air vicié, déterminant nécessairement la rentrée d'air nouveau, il importe de veiller à ce que l'ouverture des portes, en facilitant celle-ci, n'occasionne pas de courants d'air désagréables.
A cet effet, les corridors, les couloirs, les escaliers devront, l'hiver, être chauffés à une température de 20° environ. Les portes des loges voisines étant ordinairement contiguës, il sera convenable d'établir dans les corridors, devant chaque couple de portes, une bouche de chaleur, afin que lors de l'ouverture momentanée d'une de ces portes, il entre dans la loge correspondante de l'air chaud. On fera de même près de chaque porte de couloir ou d'amphithéâtre, mais il conviendra que ces bouches de chaleur soient disposées dans des plans verticaux, et non à fleur du plancher. Les couloirs auront deux portes battantes, fermant de dehors en dedans, et entre lesquelles il y aura une bouche de chaleur.
126. Évacuation de Vair vicié. — Cet air sera aspiré de la salle par des bouches d'appel ouvertes dans les parois verticales du fond des loges ou des galeries, ou dans celles des gradins des amphithéâtres. La surface libre de ces bouches sera calculée par la condition que l'air y pénètre à la vitesse de 0m,70 à 0m,80 en une seconde.
Chaque loge ou chaque couple de loges contiguës d'un même étage aura son conduit particulier d'évacuation. La section de ces conduits devra être calculée par la condition que l'air extrait y ait une vitesse d'un mètre en une seconde. Dans le 1er, le 2e et le 3e étage de places ces conduits s'élèveront vers la coupole établie au-dessus du lustre.
Pour le parterre, l'orchestre, les loges de baignoires, et même s'il se peut pour la première galerie, l'appel de l'air vicié se fera par en bas. Au parterre et à l'orchestre, des grilles disposées sur tout le pourtour vertical inférieur des baignoires, et d'autres ouvertures ménagées au sommet ou sur les côtés de conduits attenant aux pieds des sièges, serviront à diriger l'air vicié dans un entrevous disposé sous le plancher. Cet entrevous suffisamment haut, pour qu'on puisse y pénétrer pour le nettoyer, sera partagé dans les grands théâtres en deux parties par une séparation longitudinale dans le plan moyen de l'édifice.
Chacune de ces parties communiquera avec une cheminée d'appel spéciale, dont l'ouverture sera, soit dans les caves, soit à hauteur du plancher, des couloirs du parterre.
Dans aucun cas les orifices d'appel ne devront être disposés à fleur du plancher, comme on l'a fait, malgré nos indications, au théâtre Lyrique.
L'air vicié appelé des baignoires et des premières galeries sera de même dirigé par en bas au moyen de conduits particuliers, réunis ensuite dans des conduits collecteurs débouchant au bas des cheminées, dont il vient d'être parlé. Ces conduits seront proportionnés par la condition que la vitesse y soit de 1 mètre à lm,20 en une seconde.
Pour les petits théâtres, il suffira souvent d'une seule cheminée pour les étages de places, dont on vient de parler.
Le calcul des dimensions à donner aux orifices de passage de l'air vicié, devra être fait à part pour chaque étage de places, d'après le nombre correspondant des spectateurs.
L'on dirigera dans les cheminées d'évacuation les tuyaux de fumée en fonte des calorifères, en les y isolant sur toute leur hauteur , et l'on établira à leur partie inférieure une grille pour y faire fonctionner au besoin et surtout l'été un foyer auxiliaire d'appel. Il ne serait pas toujours prudent, même dans la saison d'hiver, de compter sur la chaleur transmise par les tuyaux de fumée pour produire un appel assez énergique.
La section d'une cheminée sera calculée de manière que la vitesse moyenne soit de lm,70 à lm,80 en une seconde.
Elles déboucheront, quand cela sera possible, dans une coupole, à établir au-dessus du centre de la salle, qui recevra aussi tous les conduits d'évacuation des étages supérieurs de places.
Une cheminée générale d'évacuation sera construite, en briques et non en métal, au-dessus de cette coupole, que l'on surbaissera le plus possible, tandis qu'on donnera à la cheminée toute la hauteur que permettront les conditions de la construction, mais au moins 6 à 8 mètres.
La section de cette cheminée sera calculée par la condition que la vitesse moyenne d'évacuation y soit d'environ 2 mètres en une seconde.
127. Utilisation de la chaleur développée par les appareils d'éclairage. — Outre les conduits d'évacuation de l'air vicié, on fera déboucher dans la coupole les gaz produits par la combustion des becs d'éclairage, du lustre principal ou des autres lustres suspendus au plafond. Les conduits destinés à y amener ces gaz doivent être de dimensions aussi restreintes que possible, afin de ne pas contrarier l'appel général fait dans le voisinage des places.
Le diamètre du tuyau d'évacuation à disposer au-dessus d'un lustre placé près du plafond et surmonté d'un chapeau réflecteur en métal ou transparent en verre, doit être calculé par la condition qu'il évacue seulement 1 50 mètres cubes d'air à la vitesse de 4 mètres en une seconde par mètre cube de gaz brûlé par le lustre.
Les becs isolés des loges et des corridors prendront l'air nécessaire à leur alimentation dans l'intérieur des loges ou dans le conduit voisin d'évacuation et l'y reverseront. Il suffira de donner 0m,0l5 à 0m,018 de diamètre à leurs tuyaux.
On prendra des dispositions analogues pour faire affluer le plus directement qu'il sera possible dans les conduits d'évacuation de l'air vicié tous les produits de la combustion des lustres d'applique intérieur des becs d'éclairage, des loges et des corridors.
Si, comme cela est probable, l'on n'imite pas les essais d'éclairage par un plafond vitré tentés au théâtre du Cirque et au théâtre Lyrique, contre notre avis, il conviendra de disposer, à la base de la cheminée d'évacuation, des couronnes de becs auxiliaires , que l'on allumerait seulement l'été, pour activer l'appel, lorsque l'élévation de la température extérieure tendrait à le restreindre.
On pourra compter que dans de semblables conditions, chaque mètre cube de gaz brûlé produirait l'évacuation d'environ 800 mètres cubes d'air.
Un registre sera établi à la base de cette cheminée pour en modérer le tirage et surtout pour interrompre l'évacuation aussitôt après la cessation du spectacle, en même temps que pour s'opposer aux pertes inutiles de chaleur et aux rentrées d'air froid pendant la nuit.
128. Ventilation de la scène. — Pour les théâtres où il se développe fréquemment de grandes quantités de fumée, par suite de combats simulés, d'un éclairage extraordinaire, de combustions d'artifices etc.. il convient de ménager vers la partie supérieure de la scène un appel énergique, afin d'éviter que les gaz ne traversent la salle en obéissant à l'appel qui y est exercé, ainsi que cela arrive au théâtre du Ghâtelet où l'on n'a pas voulu prendre la précaution que nous indiquons. De plus, pour que cette évacuation par la scène ne contrarie pas celle qui doit être faite par la salie, il faut les mettre en communication.
A cet effet une cheminée ou un tuyau auxiliaire d'évacuation sera établi au-dessus de la scène et ira rejoindre la cheminée principale, à l'action de laquelle on donnera, pour un moment, plus d'activité, à l'aide de becs de gaz allumés à l'instant opportun, un peu avant la production des fumées.
129. Précautions à prendre contre les rentrées d'air extérieur froid sur la scène. — L'on devra d'ailleurs éviter toute introduction d'air extérieur froid sur la scène, afin qu'il ne se produise pas, de la scène à la salle, des courants désagréables à la fois pour les artistes et pour le public de l'orchestre, comme ceux qui ont lieu au théâtre du Cirque, où, malgré nos observations réitérées, l'on n'a pas fermé de larges ouvertures en communication directe avec une cour et avec la voie publique.
150. Des appareils d'éclairage de la salle. — Sans vouloir indiquer ici les dispositions à prendre pour l'éclairage des salles de spectacle, nous nous bornerons à dire que l'emploi des plafonds vitrés, que l'on est obligé d'orner par
quelques dessins en grisaille ou autres, occasionne une déperdition considérable de lumière, qu'il fait pénétrer dans la salle qu'il éclaire une chaleur très-désagréable pour les spectateurs des étages supérieurs de places, et qu'il est excessivement onéreux pour les directeurs qui sont naturellement conduits à restreindre, outre mesure, le nombre des becs allumés ; ce qui rend alors la dépense faite pour l'installation des appareils en partie inutile.
Quoique cette consommation même restreinte, favorise l'évacuation de l'air vicié, le volume ainsi extrait n'est guère que de 450 mètres cubes par mètre cube de gaz brûlé, tandis qu'avec des dispositions convenables on peut déterminer l'extraction de 600 à 800 mètres cubes d'air par mètre cube de gaz.
151. Dispositions à prendre pour assurer et régler le service du chauffage et de la ventilation. — Ces deux services ne peuvent être convenablement assurés qne par une observation attentive des circonstances atmosphériques, du nombre des spectateurs et une grande attention dans l'emploi opportun des moyens. Il n'y a, en réalité, rien de difficile dans le maniement ni dans la conduite des appareils, mais il faut y mettre du soin, et l'on ne peut s'en rapporter à un simple chauffeur et moins encore aux directeurs des théâtres, toujours intéressés à dépenser le moins de charbon et de gaz possible.
Il est donc indispensable d'en conférer la surveillance à des agents spéciaux, responsables vis-à-vis de l'autorité de la régularité du service, et tenus de faire des rapports sommaires, mais journaliers. Sans un pareil contrôle, indépendant des entreprises théâtrales, les meilleurs appareils peuvent donner de mauvais résultats ou cesser complètement de fonctionner.
Le théâtre Lyrique et celui de la Gaîté en offrent de frappants exemples.
132. Application. — Les règles précédentes avaient été, après de longues discussions et de nombreuses expériences,
adoptées *, pour servir de bases aux dispositions à- appliquer au théâtre Lyrique et à celui du Châtelet. Pour ce dernier, l'administration de la ville de Paris s'en est presque complètement écartée, et, pour le premier, elle ne les a fait suivre encore qu'en partie.
Cependant, comme l'ensemble des résultats obtenus au théâtre Lyrique a été à peu près satisfaisant, quand les appareils ont été convenablement conduits, je ferai connaître cette première application, malgré ses imperfections.
La salle, construite pour 1700 spectateurs, n'offre réellement au public que 1472 places, réparties ainsi qu'il suit:
Orchestre, parterre et baignoires. . . 440
1er Étage 256 \
2e Étage 302 /
3e Étage 178 '
4e Étage 296
Le volume d'air a renouveler par spectateur avait été limité à 30 mètres cubes par heure, ce qui, d'après le nombre de places, correspondait à un volume total de 44 160 mètres cubes par heure. Les conditions posées à l'entrepreneur et basées sur l'hypothèse de 1700 spectateurs exigeaient une évacuation de 51 000 mètres cubes d'air par heure.
155. Prise d'air extérieur. — Cette prise est faite dans le square Saint-Jacques , au moyen d'un puits circulaire de 3m, 70 de diamètre, qui, par un conduit souterrain, d'abord cylindrique, de 3m,40 de diamètre, et ensuite de formes variables, mais de même superficie, l'amène dans le soubassement du bâtiment et s'épanouit sous toute l'étendue occupée par les
1. La Commission chargée de l'étude de la question et de l'examen des proets, était composée de MM. Dumas, membre de l'Institut, président, Chaixd'Est-Ange, Pelouse, Rayer, Gilbert, Caristie, Baltard, général Morin, rapporteur, membres de l'Institut, Grassi, pharmacien. .
calorifères et les chambres à air. La section de passage n'était ainsi que de 9mci,08 et l'expérience (9 déc. 18621) ayant montré que la vitesse qui s'y établissait pouvait s'élever à lm,94 en une seconde, le volume d'air nouveau introduit par cette galerie a été, ce jour, de 30850 mètres cubes. L'on n'avait demandé pour cette introduction qu'un volume de 30 000 mètres cubes, pensant que les entrées inévitables par les portes, par les couloirs et par la scène fourniraient facilement et sans inconvénient le surplus, ce qui est effectivement arrivé. Il serait plus prudent néanmoins, en pareil cas, de calculer les proportions de la prise d'air pour l'introduction du volume total.
154. Altération des dispositions prises. — Mais, peu de temps après l'ouverture ou la remise du théâtre au Directeur, les conduits de prise d'air par l'extérieur ont été fermés et l'ouverture même ménagée dans le square Saint- Jacques est aujourd'hui complètement masquée par du lierre et invisible. Aussi, par ces passages, ainsi que par les conduits qui aboutissent aux ejitrevous des loges, l'introduction de l'air est à peu près supprimée, tandis que l'évacuation conserve son énergie. Il en résulte que, pour remplacer l'air extrait, il se fait par tous les passages, par les couloirs, etc., etc., des rentrées d'air plus ou moins froid, fort incommodes pour les spectateurs, que le public attribue aux dispositions générales qui avaient été prises; tandis qu'elles ne sont que le résultat du défaut de surveillance et d'action de l'autorité.
Malgré l'influence que ces altérations et d'autres aussi graves dans une partie des appareils établis ont exercée sur leur marche habituelle, je ferai connaître les résultats que l'on a obtenus en service continu, quand on a pu faire fonctionner régulièrement la ventilation.
15o. Rez-de-chaussée. — L'air nouveau fourni par les galeries traverse en partie deux calorifères placés sous la