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CHAPITRE XV

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SERVICE PRIVE

spéciales sont alors nécessaires, poui- que le mouvement ne soit point trop brutal et ne provoque pas de coups de Ijélier : tel est l'objet de la double soupape appliquée par M. Chameroy. L'ouverture est obtenue au moyen d'un bouton, d'un levier, ou d'une tête qu'il faut pousser ou tourner, et qu'on cherche à rendre incalable. Le robinet intermittent,

dont il a été question au chapitre précédent, et qui se ferme par l'effet d'une action hydraulique après l'écoulement d'un volume d'eau déterminé, a les avantages des robinets à repoussoir sans en avoir les défauts ; il est absolument incalable, et ne donne point lieu à des coups de bélier.

Les robinets de puisage placés dans les cours, dans les jardins, sur les paliers, etc., sont assez souvent munis d'un bout fdeté, sur lequel on peut venir raccorder un boyau en cuir ou en toile pour l'arrosage ou le service d'incendie.

386. Fontaines, Postes d'eau. — L'appareil de puisage le jîlus simple, celui qu'on installe tout d'abord dans les maisons où l'on introduit l'eau de la distribution, consiste en une sorte de petite fontaine, placée le plus souvent dans la cour, quelquefois dans un vestibule ou un passage. Tantôt il affecte l'aspect d'une borne-fontaine tout à fait analogue à celles du service public, tantôt celui d'une fontaine adossée ou

isolée, avec ou sans vasque, parfois ornée de sculptures et fournissant alors un motif agréable de décoration.

Ces petites fontaines se retrouvent dans les jardins où elles servent au remplissage des arrosoirs, dans les écuries pour l'abreuvage des chevaux, dans les remises pour le lavage des voitures, etc.

Elles prennent le nom de jDostes d'eau quand elles sont disposées à l'intérieur d'un bâtiment aux points où les puisages sont les plus fréquents . Généralement peu en vue, ces postes ne comportent d'ordinaire aucune oi'nementation : ils se composent d'un robinet sim- FiG. 49t. pie en saillie sur un mur ou au fond d'une petite niche pratiquée dans l'épaisseur du mur et garnie d'un enduit ou d'un revêtement métallique, avec une sorte de cuvette audessous ([ui est reliée au système d'évacuation.

387. Alimentation des appartements. — Quand la canalisation pé-

nèlro jusque dans l'intérieur des appartements, c'est tout d'abord sur la pierre d'évier des cuisines que vient se placer un premier robinet de puisage. La position qu'on lui donne est alors déterminée par la double condition d'être à la portée de la main et de se prêter aisément au remplissage d'un seau placé sur l'évier môme. Ainsi disposé, il répond bien à tous les usages courants de la cuisine et peut servir à tous les besoins du ménage.

Mais bientôt l'augmentation du confortable et l'habitude d'employer des quantités d'eau de plus en plus grandes déterminent l'amenée de l'eau dans d'autres parties de l'habitation, aux emplacements mêmes où elle doit être employée, de manière à mettre fin à des transports incommodes et à éviter les projections sur le parcours. Des robinets sont alors étalilis dans les offices, les buanderies, les cabinets de toilette, etc.

Ceux des offices et buanderies sont analogues aux robinets placés dans les cuisines, ils sont disposés à peu près de même et présentent aussi un diamètre convenable pour le remplissage rapide d'un vase de 8 à 10 litres de capacité.

Ceux des cabinets de toilette ont au contraire un débit réduit, parce que les cuvettes ou vases qu'ds servent à remphr ne contiennent guère plus de 2 à 3 litres. On les place soit immédiatement au-dessus des cuvettes, soit mieux un peu plus haut, afin de pouvoir interposer sans difficulté un verre ou un pot à eau, tout en évitant que le jet d'eau en se brisant dans la cuvette ne projette des éclaboussures au dehors. Ils comportent une exécution plus soignée; et, quoique généralement encore en bronze, ils sont assez souvent argentés ou nickelés, pourvus d'une poignée en métal plus ou moins ornée, en bois ou en ivoire. Parfois le bec lui-même forme poignée mobile et û suffit de l'amener en position pour que l'écoulement se produise.

388. Alimentation des water-closets. — L'emploi de l'eau dans les latrmes, bien que connu des Romains et des peuples orientaux, ne s'est répandu que fort tard dans nos pays. S'il a été introduit en Angleterre au temps de la reine Elisabeth et en France à une époque antérieure, il n^en est pas moins resté à l'état d'exception jusqu'à la fin du siècle dernier, et c'est depuis lors seulement qu'il s'est imposé peu à peu au point

d'être devenu la règle dans toutes les villes convenablement alimentées.

L'eau est amenée par un tuyautage spécial à la cuvette qui reçoit les matières, alin de l'entretenir en état constant de propreté et d'assurer l'entraînement rapide des déjections. Nous renvoyons à un autre chapitre la description des dispositions adoptées pour obtenir adernier résultat, et nous ne traiterons ici que de l'amenée de l'eau à l'ap pareil. On conçoit d'ailleurs que, suivant le résultat cherché, écoulement plus ou moins abondant, vitesse plus ou moins grande, chasses, fonctionnement à la main ou automatique, au moment où il est l'ait usage de l'appareil ou périodiquement à intervalles réguUers, etc., l'arrivée de l'eau soit réglée de diverses manières et donne lieu à des modes vari(' d'installation.

Tantôt l'eau est fournie directement par la canaUsation intérieure de la maison, tantôt elle provient d'un petit réservoir spécial établi dans la même pièce que le siège et à une certaine hauteur au-dessus. L'alimentation est à haute pression dans un cas, à basse pression dans l'autre.

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Le premier système permet d'obtenir une projection d'eau animée d'une plus grande vitesse et par suite un nettoyage plus efficace à la concUtion de faire tournoyer convenablement le liquide de manière cà laver toute l'étendue des parois ; le second peut fournir une masse d'eau plus considérable dans un temps donné et se prête mieux à l'organisation des chasses. Avec l'alimentation directe, les coups de bélier sont à redouter, et, pour en éviter les effets, on a dû imaginer une foule de dispositions, destinées toutes à régler la fermeture de la soupape, telles que cataracte, frein à ailettes, soufflet, double clapet, etc. ; avec le réservoir au contraire, l'eau s'écoulant sous une charge de l-,50 à 2 mètres seulement, le mouvement de la soupape est naturellement doux, sans bruit m choc. On reproche d'ailleurs aux appareils à connexion directe lo. facihteavec lacfuelle ils peuvent donner lieu à des fuites par une soupape tc.ujours soumise à une pression élevée, et le danger d'une contamination de 1 eau dans la distribution intérieure de la maison s'il s'y produit une aspiration momentanée; mais le robinet à flotteur, ordinairement adapte aux petits

réservoirs, est également exposé aux fuites et perd presque toujours après quelques mois de fonctiomiement ; et il peut aussi livrer accidentellement passage à l'air vicié.

L'ouverture delà soupape, qui détermine l'afflux d'eau dans l'appareil, est souvent obtenue par la manœuvre de l'organe mobile d'évacuation, clapet ou valve, qui se fait d'ordinaire au moyen d'une poignée placée

FiG. iOS. — Pan-oloset. Fig. 499. — Valve-closet.

sur le siège à côté de la cuvette. C'est le type des pmi-dosets et valveclosets anglais, appliqué en France d'une manière presque générale jusque dans ces derniers temps. Quand des négligences sont à craindre, on peut remplacer la. manœuvre à la main au moyen d'une poignée par une manœuvre automatique résultant du mouvement d'une pédale, du basculement du siège ou de l'ouverture de la porte. D'autres fois l'ouverture de la soupape qui livre passage à l'eau est rendue absolument indépendante de l'évacuation des matières ; elle se fait alors le plus souvent au moyen d'un tirage. Cette disposition convient particulièrement au cas où il n'y a pas à manœuvrer d'organe mobile d'évacuation, soit qu'on fasse usage d'un clapet à contrepoids, ou que l'orifice soit laissé béant et muni seulement d'un siphon hydraulique. Comme les néghgences sont alors jdIus à redouter encore qu'avec les systèmes à clapets, il y a souvent avantage à remplacer le tirage par un mode quelconque de manœuvre automatique.

Pour obtenir des chasses abondantes et soudaines, il faudrait donner au tuyau d'arrivée de l'eau et à la soupape d'ahmentation des dimensions assez grandes : le fonctionnement de cette soupape deviendrait alors très difficile à régler ; et, dans la plupart des cas, on la remplace par un appareil, où la chasse se produit par suite de l'amorçage brusque d'un siphon placé dans le réservoir spécial. Le type primitif de cet appareil est dû à l'ingénieur anglais Rogers Ficld ; mais la disposition très simple qu'il a proposée {fig. 501) laisse à désirer, parce que l'amorçage du siphon n'est pas certain et qu'à défaut il peut s'y établir en pure perte un petit

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écoulement continu. On l'a perfectionnée depuis et imaginé une foule de combinaisons (|ui ont toutes pour objet d'assurer l'amorçage par l'emploi

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de moyens appropriés, addition d'un second sipbon, basculement d'un

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vase vide ou plein d'eau, déplacement d'une partie de l'appareil, injection d'eau en pression, etc.

Un tirage commande le plus souvent l'appareil de chasse. Mais il est facile aussi de régler l'arrivée de l'eau de manière à obtenir automatiquement des chasses périodiques, très recommandables pour le nettoyage continu des water-closets dans les grands établissements où ils sont affectés à l'usage d'une population nombreuse, toutes les fois qu'on ne redoute pas une consommation d'eau considérable faite souvent, la nuit, par exemple, sans utilité immédiate. Les chasses sont particulièrement applicables au cas où l'évacuation des matières, se faisant par l'intermédiaire d'un siphon hydraulique, exige d'abondantes projections d'eau. Elles ne sont admissibles que dans les villes où l'eau est répandue à profusion et à bon marché et où les tuyaux de chute aboutissent à l'égout.

Dans les appareils à clapet, 3 ou 4 litres d'eau bien employés suffisent au nettoyage complet de la cuvette. Pour cela, il est indispensable que le jet soit convenablement dirigé de manière à laver toute la paroi, et l'on y parvient assez bien en le faisant arriver tangentiellcment, le projetant en éventail, ou le divisant pour former une série de petits jets en couronne. En Angleterre, une quantité d'eau de 2 gallons, soit environ 9 litres, est assez généralement admise: c'est évidemment beaucoup

plus qu'il ne faut pour un lavage môme très efficace, mais souvent ce n'est pas assez pour assurer l'évacuation complète des matières par un siphon hydraulique à grande plongée, si bien que la limitation de la

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consommation d'eau à ce chiffre de 9 litres par un grand nombre de compagnies n'est pas sans soulever des protestations de la part de certains hygiénistes anglais.

La forme de la cuvette en grès vernissé ou en porcelaine n'est, d'ailleurs, pas indifférente, et l'on conçoit qu'elle peut être plus ou moins favorable au point de vue de la facilité du nettoyage. Aussi a-t-elle été l'objet d'études spéciales, et qui semblent conduire à donner la préférence à la disposition en hotte, à paroi à peu près verticale vers l'arrière et inclinée, au contraire, vers l'avant.

Dans certains appareils, l'eau est amenée d'avance dans la cuvette, de

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sorte qu'elle reçoit les matières, les tient en suspension avant de les entraîner, et protège les parois contre toute souillure, assurant ainsi une sorte de nettoyage préventif. C'est le cas du monkey-closet ou singe de Jennings {fig. 510), du système anglais dit à double bassin {fig. 511), et de l'appareil français Havard-Loyer {fig. 512). Dans les deux premiers l'eau se renouvelle automatiquement à chaque manœuvre de l'organe mobile d'évacuation ; dans le dernier, l'alimentation se fait à volonté,

en appuyant sur la même poignée qui détermine, lorsqu'on la tire, l'ouverture du clapet.

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389. Alimentation des urinoirs. — On n'iastalle généralement pas à\irinoirs distincts des water-closets dans les maisons particulières. Mais ces appareils sont indispensables dans les locaux où un certain nombre d'hommes se trouvent constamment ou momentanément i-éunis, dans les casernes, les usines, les hôpitaux, les écoles, les gares, par exemple. Et comme, à défaut de soins, ils donnent iimnédiatement lieu à des émanations désagréables et malsaines, il faut en assurer le nettoyage par l'emploi d'eau en abondance.

Lorsqu'il en est fait usage d'une manière presque continue, ils reçoivent un système d'alimentation identique à celui des urinoirs publics, c'est-à-dire le plus souvent une nappe mince coulant sur toute la surface des dalles en ardoise, en fonte, en piërre ou en lave émaillée.

Si, au contraire, l'usage en doit être intermittent," ou s'ils ne sont visités que par un nombre restreint de personnes, on peut renoncer au lavage continu, qui comporte une consommation d'eau considérable, et disposer un mode d'alimentation fonctionnant à volonté au moment du besoin, analogue à celui des water-closets. Les stalles, dont le nettoyage

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est relativement onéreux, peuvent être alors avantageusement remplacées par des bassins ou cuvettes isolées, généralement en porcelaine,

dont le lavage, beaucoup plus lacilc, peut se faire avec une quantité d'eau bien moindre. Un tirage, un bouton, ou mieux une pédale — l'emploi en est particulièrement indiqué dans ce cas — commande l'afflux d'eau qui provient soit de la conduite en pression, soit d'un petit réservoir spécial. On peut aussi disposer l'alimentation de manière à produire des chasses soit à volonté, soit automatiques, au moyen d'appareils analogues à ceux décrits au paragraphe précédent.

390. Bains. — Une salle de bain devrait être chez nous, comme en Ano-leterre, le complément obligé de la canalisation intérieure des habitations et non plus un objet de luxe réservé à quelques privilégiés ; il y a là un progrès considérable à réaUser au point de vue de l'hygiène, et il est à désirer que de grands efforts soient faits pour y parvenir.

Les dispositions à prendre pour l'alimentation des bains en eau froide sont, d'ailleurs, extrêmement simples. Il suffit d'amener près de la baignoire un conduit aboutissant à un robinet placé au-dessus et à la portée

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de la main ; le jet doit être dirigé verticalement de manière à éviter des projections désagréables, et, à cet effet, on emploie des robinets de forme particulière, dont l'orifice est placé directement au-dessous de la clé. Quelquefois, on a fait arriver l'eau par le fond de la baignoire de manière qu'une seule ouverture serve à l'alimentation et à la décharge : cet arrangement est mauvais, car il pourrait en résulter, dans certains cas, des rentrées d'eau sale ou savonneuse dans la distribution d'eau propre, et on doit le proscrire absolument.

La seule difficulté que rencontre l'installation d'une salle de bain, c'est le chauffage. Elle peut être résolue de plusieurs manières. Tantôt la quantité d'eau nécessaire à un bain — 150 à 300 litres — est amenée à la température convenable dans une petite chaudière spéciale, placée à 'côté de la baignoire, et chauffée par un foyer au charbon ou au coke ou par la flamme du gaz : l'eau chaude est amenée par un tuyau branché sur la chaudière à un second robinet placé au-dessus de la baignoire et semblable au robinet d'eau froide. Tantôt l'eaii est chauffée dans la baignoire même, soit au moyen d'un foyer portatif qui y est plongé pendant le temps voulu, soit par l'intermédiaire d'un foyer latéral et en établissant une circulation continue. D'autres fois enfin, l'eau en pression, prove-

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nant directement de la distribution, s'écliaulTe en traversant un bouilleur

ou un serpentin placé au-dessus d'un foyer dans une pièce voisine. Le

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dernier procédé est particulièrement avantageux quand on utilise pour

le chauffage les gaz perdus du fourneau de la cuisine, ce qui permet d'établir, en outre, une circulation d'eau chaude dans d'autres parties de la maison, telles que les cabinets de toilette, les buanderies, les offices.

La baignoire doit être pourvue d'un orifice de décharge, placé soit dans l'intérieur et au fond, soit à côté, dans une petite capacité spéciale, qui lui est reliée par un tuyau ; il serait bon de la munir aussi d'un tropplein, qui préviendrait tout débordement en limitant la montée de l'eau à un niveau déterminé. Les réservoirs d'eau chaude doivent toujours aussi recevoir un trop-plein, ainsi qu'une décharge indispensable pour le nettoyage et l'enlèvement des dépôts calcaires.

Quand on a un emplacement suffisant, rien n'est plus facile que de compléter l'installation de la salle de bain en y disposant un appareil hydrothérapique avec eau chaude et eau froide, permettant d'administrer des douches en pluie, en jet, en cercles, etc.

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391. Lavabos. — L'établissement de lavabos, avec arrivée d'eau audessus des cuvettes et décharge directe, constitue aussi dp,ns les habitations un précieux avantage et devrait être généralisé.

La disj^osition de ces appareils n'est pas indifférente ; et il faut notamment rejeter celle qui a été admise dans certains lavabos anglais {fig. 522), où l'eau propre, chaude ou froide, arrive dans le fond de la cuvette et par le même orifice qui sert à l'évacuation; quelque ingénieuse que soit la combinaison des divers organes destinés à produire ce résultat, ils peuvent donner lieu à des mélanges fâcheux qu'il importe de prévenir.

Fig. 5-22.

Fig. 52.?.

Fig. 52 i.

Les cuvettes à bascule sont peu recommandables aussi, parce, que le récipient inférieur fixe, dans lequel se déverse leur contenu au moment où on les vide, n'est pas facile à atteindre et à nettoyer, et devient aisément par suite le siège d'émanations incommodes et malsaines. La position qu'on donne' assez souvent au robinet d'alimentation, sur le bord de la cuvette et à une faible hauteur au-dessus, iDrête également à la critique par ce motif qu'il ne peut être utilisé pour le remplissage d'un vase mobile quelconque.

Il convient de placer ce l'obinet suffisamment haut pour cet usage, tout en le laissant à la portée de la main, et de manière ({u'il donne vers le centre de la cuvette un jet bien vertical. Le départ de l'eau se fera par le fond au moyen d'une soupape manœuvrée au moment du besoin par l'intermédiaire d'un bouton. Un trop-plein s'opposera aux débordements. Toutes les précautions doivent être prises d'ailleurs pour que les mauvaises odeurs du tuyau de chute ne puissent se répandre dans l'appartement par l'un ou l'autre de ces deux orifices.

Fig. 52r3.

392. Bouches d'arrosage et bouches d'incendie. — Los bouches d'arrosage, qu'on emploie dans les jardins particuliers, sont en général du même type, mais un peu plus petites, que celles qui sont en usay* pour le service public et que nous avons précédemment décrites. Souvent on se contente de robinets à raccord, qui servent au remplissage des arrosoirs, et sur lesquels viennent s'adapter au Ix'soin les raccords mobiles des boyaux d'arrosage. Quant à ces boyaux, ils se font en cuir, en toile, en caoutchouc : le cuir est coûteux, la toile peu durable, mais légère et à bon marché, c'est peut-être le caoutchouc qui donne les meilleurs résultats. On les remplace avec avantage par des tubes pliants, montés ou non sur chariots à roulettes, semblables à ceux qui servent à l'arrosage des chaussées et des promenades publiques.

Les bouches d'incendie ne diffèrent pas dans leur construction des bouches d'arrosage : dans les cours, ce sont de petits coffres en fonte arasés au niveau du sol et renfermant un raccord spécial ; dans l'intérieur des bâtiments de simples robinets à raccord. Il est à recommander de disposer à proximité de ces bouches le matériel qui permettra de les utiliser, boyaux, lances et accessoires ; le tout se place d'ordinaire sous verre dans une boîte qui complète le poste d'incendie. On ne doit pas omettre de faire périodiquement des essais de fonctionnement des bouches d'incendie, afin de ne pas s'exposer à trouver au moment d'un sinistre soit quelque robinet grippé, soit un matériel incomplet ou hors d'usage. L'installation des secours d'incendie mérite d'appeler particulièrement l'attention dans les établissements où se trouvent réunies à certains moments un grand nombre de personnes, ou qui renferment des dépôts importants de matières combustibles : ces deux conditions défavorables se trouvent réunies dans les théâtres, qui doivent en conséquence être placés en première ligne parmi les édifices à protéger contre le feu. Il convient d'y multiplier les postes d'incendie, d'y placer des appareils, dits de grand secours, destinés à y répandre l'eau à profusion au premier signal : pour avoir lors du besoin un débit partout suffisant, les canalisations intérieures doivent être mises en rapport avec le nombre et les dimensions des orifices à desservir, ce qui malheureusement ne se fait pas toujours ; on n'obtient d'ailleurs une sécurité réelle que s'il est possible de parer aux interruptions de service, inévitables dans tout service d'eau, soit en réalisant une double alimentation, soit en disposant de grands réservoirs d'approvisionnement.

393. Fontaines décoratives. — Après avoir rempli dans les maisons et leurs dépendances son rôle utilitaire, l'eau peut encore servir à la décoration des appartements, des jardins et des parcs.

Chez les Orientaux, les fontaines jaillissantes ont été à toute époque l'ornement le plus apprécié d'une habitation, le complément nécessaire

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