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s 4. — CURAGE ET VENTILATION 57U

spéciale comme on l'a quelquefois prétendu, ne sont pas non plus sujets à des maladies particulières ni frappés d'une mortalité supérieure.

Une circulation constante d'air frais est d'ailleurs utile, même dans les petits égouts non accessibles, surtout si l'on y introduit les matières de vidange. M. le colonel Waring la considère comme si indispensable qu'il a eu soin de ménager de nombreuses prises d'air sur le parcours de ses conduits, malgré la petitesse de leurs diamètres, et bien qu'ils ne soient en relation directe ni avec la rue ni avec les maisons.

Lorsque l'égout communique avec la voie publique par des ouvertures pratiquées sur la chaussée ou sous les trottoirs, i^ar des bouches d'égout béantes ou fermées par des grilles ou des tampons ajourés, l'air y entre par ces ouvertures et en sort de même ; les unes respirent, les autres évacuent ; il se produit par ces bouches, comme on l'a dit très justement, une sorte de respiration de l'égout. Le seul inconvénient de cette ventilation naturelle c'est qu'elle répand au niveau du sol, et souvent près des maisons, des émanations, des odeurs qui peuvent être quelquefois désagréables.

Les ingénieurs sanitaires américains prétendent y remédier en disposant les tuyau.K de chute des maisons sans siphons de pied, ces tuyaux forment alors des cheminées ouvertes par le bas dans l'égout et par le haut dans l'atmosphère, complètement séparées par des siphons hydrauliques de tous les appareils de la maison, et qui peuvent servir à l'évacuation de l'air vicié de l'égout. Les ingénieurs anglais préfèrent mettre des siphons au pied des tuyaux de chute et dispose^r pour la ventilation des cheminées spéciales. Mais souvent les conduits verticaux ne remplissent pas l'office qu'on en attendait : ils restent indifférents, autrement dit, il ne s'y produit pas de courant d'air, à moins qu'on n'y place un bec Lie gaz, pour déterminer un tirage, ce qui est cà la fois peu commode et assez dispendieux.

Certaines personnes préconisent la suppression absolue de la ventilation naturelle de l'égout par la fermeture des bouches sous trottoirs et de tous les onhces de la rue : on cite des villes qui ont obtenu de la sorte des résultats satisfaisants. Il semble qu'il faudrait alors créer de toutes pièces une ventilation artificielle, au moyen de hautes et grandes cheminées, construites en des points convenablement choisis dans lesquelles on déterminerait un tirage en y plaçant un foyer puissant ou un engin mécanique approprié. Mais les essais qui ont été faits de ce système ne paraissent avoir donné jusqu'ici que de médiocres résultats ; on a dû reconnaître que le problème est très différent de celui de la ventilation des mines et appelle d'autres solutions. Aussi a-t-on conserve presque partout la ventilation naturelle et les bouches d'égout sans en avoir éprouvé d'ennuis sérieux. '

Les courants d'air qui se produisent par les bouches librement ouvertes sont en général presque insensibles ; et, comme l'air tend à suivre

5gQ CHAPITRE XIX. - ÉGOUTS

le mouvement de l'eau, la plupart des bouches aspirent plutôt qu'elle^ ne refoulent. Ce n'est guère que sous l'influence de variations atmosphériques soudaines qu'on observe des courants plus accentués. Et, même alors, il n'en résulte presque point d'odeur, si le curage est bien fait, et s'il n'y a ni eau stagnante ni dépôts solides dans l'égout. En Angleterre on a souvent tamisé l'air des égouts, avant son évacuation dans l'atmosphère, en le faisant passer à travers des filtres spéciaux, dont on a obtenu, paraît-il, d'assez bons effets; de toutes les substances essayées c'est le charbon de bois qui l'emporte, et il est assez fréquemment employé dans des appareils de dispositions d'ailleurs très variées.

OUVRAGES ACCESSOIRES

484. Regards. — Nous avons indiqué précédemment les divers type> de branchements, destinés à relier à l'égout soit les tuyaux de chute des maisons, soit les bouches qui reçoivent les eaux de la rue.

Il reste à mentionner ici les regards qui servent d'accès aux galeries souterraines. Ce sont des cheminées ou des puits de descente, recouverts d'un tampon arasé exactement au niveau du sol. Dans la majorité des cas les regards sont établis sur la voûte de l'égout, dans l'axe même de la chaussée (fig. 590) : le tampon en fonte doit alors être assez épais pour résister

FlG. 590.

Fig. 591.

Fig. 592.

au passage des voitures ; il est d'ailleurs tantôt plein, tantôt ajoure .le manière cà servir à la ventilation (Tig. 592). Quand les regards desservent des é-outs de très petites dimensions, non visitables, on donne au pmts une forme pyramidale ou tronconique (hg. 591), de telle sorte qti.. tout en ne présentant au niveau du sol qu'une ouverture de 0"', 00 a U ,bi) au plus pour le passage des ouvriers, ils offrent dans le bas assez d'espace pour leur permettre de se baisser et de manœuvrer les outils de curage.

— OUVRAGES ACCESSOIRES

Les tampons sous chaussée sont une gêne pour la circulation ; les roues des voitures y éprouvent des chocs désagréables lorsqu'ils sont fermés, et le service n'y est pas sans danger quand on les ouvre aux heures de grande fréquentation. Aussi, dans quelques villes, et notamment à Paris, a-t-on reporté la descente sous le trottoir : une galerie inclinée relie alors le puits d'accès à l'égout (fig. 593) ; et le tampon en fonte, moins épais mais plein, afin de ne pas exhaler d'odeur auprès des maisons, présente une surface quadrillée ou même enduite de bitume (fig. 594), de manière à ne pas devenir glissant pour les piétons en

Fig. 593.

Fig. 594.

Fig. 595.

Oa-

temps de gelée. Les i^egards ainsi placés ont Tinconvénient de déboucher en égout par un branchement, où l'eau peut refluer et donner lieu à des dépôts ; mais, d'autre part, ils ne causent plus dans la rue qu'une gêne insignifiante, et la descente y est facilitée parce qu'au lieu d'y apporter une échelle du dehors, on peut y installer à demeure des échelons en fer galvanisé, dont une crosse mobile rend l'usage assez commode (fig. 595). Rien n'empêche même de disposer en certains points, où la descente à l'égout doit être particulièrement fréquente, des escaliers sous trottoir : l'ouverture devient alors nécessairement beaucoup plus grande, et le tampon est remplacé par une série de plaques à charnières en tôle striée.

Un regard ouvert est pour les passants un danger réel. Aussi, lorsqu'un ouvrier descendant en égout doit laisser le trou béant, y a-t-il lieu de s'astreindre à placer à côté un gardien, chargé de signaler le péril, afin de prévenir les accidents. Il est à recommander d'entourer en outre l'ouverture d'un garde-corps mobile, qui facilite la tâche du gardien et donne un utile complément de sécurité : parmi les nombreuses dispositions imagmés à cet effet, nous citerons en passant le garde-chute fort ingénieux

Fie. 596.

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