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DÉCANTATION OU CLARIFICATION PAR LE REPOS

162. Son utilité. — La clarification de l'eau par le repos s'applique surtout aux eaux de rivières, afin de les débarrasser des matières en

suspension dont elles sont toujours plus ou moins chargées, des troubles qui, d'une part, leur donnent un aspect désagréable, et produisent, d'autre part, très fréquemment des effets fâcheux sur l'organisme.

Dès que l'eau est au repos, les matières en suspension se déposent par ordre de grosseur et de densité: si elle est très chargée, on obtient assez vite un résultat des plus marqués ; puis les matières restantes, de plus en plus ténues, se déposent avec une lenteur croissante ; et, pour arriver à une clarification complète, il n'est pas rare qu'une durée de huit à dix jours soit nécessaire. Il y a même des eaux qui ne se clarifient jamais d'une façon absolue, quelque prolongé que soit le repos auquel on les soumet : telles sont les eaux blanches de Versailles.

La décantation pourrait même avoir, s'il faut en croire MM. Fol et Dunant, des conséquences inattendues : une eau chargée de germes en serait débarrassée, partiellement au moins, par le repos.

Pour juger exactement du progrès de la clarification, on a proposé et employé en Allemagne, en Angleterre et aux États-Unis des procédés photométriques qui ont tous pour principe le passage d'un rayon lumineux au travers d'une lame d'eau d'une épaisseur déterminée.

163. Les inconvénients. — Malheureusement, la décantation n'est pas sans inconvénients : la durée, souvent fort longue de l'opération, oblige à donner aux bassins une étendue considérable, ce qui en fait des ouvrages extrêmement dispendieux ; « ajoutez à cela que l'immobilité de « ces grandes masses d'eau, pendant huit à dix jours consécutifs, com- « binée avec la chaleur et l'action de l'air, pourrait en amener promptece ment l'altération, par suite du développement des végétaux, dont la (( surface ne tarderait pas à devenir le siège, et aussi de la putréfaction « des insectes nombreux qui y tomberaient de l'atmosphère *. ^

Cette dernière considération, très grave au point de vue de l'hygiène, amène M. Wolffhûgel à recommander de ne pas laisser séjourner l'eau en repos pendant plus de 36 heures dans les bassins. Ce serait condamner presque toutes les installations existantes, disposées le plus souvent pour que l'opération soit prolongée pendant trois ou quatre jours. Et que dire des énormes bassins de dépôt créés ou projetés sur les bords de la Tamise, en vue d'emmagasiner des quantités d'eau suffisantes pour assurer le service des distributions d'eau de Londres sans faire d'emprunt au fleuve pendant les crues, qui durent souvent deux ou trois semaines au moins ?

Ne faut-il pas conclure, avec Arago, que « le repos ne pourrait pas « être adopté comme méthode définitive de clarification de l'eau destinée « à l'alimentation des grandes villes et qu'on doit le considérer plutôt « comme un moyen de la débarrasser de tout ce qu'elle renferme de plus « lourd et de plus grossier » ?

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