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ASPIRATION

de la difficulté qu'éprouve l'eau à suivre le piston de la pompe, soit par crainte de multiplier les joints, c'est-à-dire les chances de rentrée d'air ou même d'eau empruntée à la najipe superficielle au détriment du jeu de la pompe ou de la qualité de l'eau élevée. Les sinuosités, les coudes brusques, les étranglements, les variations de section, sont autant de causes de pertes de charge, qu'il faut sans doute subir parfois, mais qu'on doit toujours réduire autant que possible.

Pour qu'une pompe marche dans de bonnes conditions, il faut donc que la hauteur d'aspiration soit modérée (6 à 7 mètres au plus), la longueur du tuyau d'aspiration faible, son diamètre suffisant et régulier, son tracé peu accidenté.

219. Dégagement des gaz dissous. — Nous avons déjà signalé le rôle important que jouent les gaz, qui se dégagent de l'eau pendant l'aspiration, dans le fonctionnement des pompes. C'est à l'intérieur de la conduite d'aspiration que le dégagement des gaz dissous commence à ce produire et il faut en tenir grand compte pour l'étude des dispositions à donner à cette conduite. Ainsi, l'eau doit la parcourir toujours en montant, sans jamais redescendre ; car tout point haut sur le parcours déterminerait un cantonnement d'air, qui ne tarderait pas à devenir un obstacle à l'écoulement, et pourrait même en amener l'arrêt complet en provoquant le désamorçage de la pompe. Si le cantonnement d'air est voisin de l'orifice d'admission de l'eau dans le corps de pompe, il peut donner lieu à un phénomène singulier dont l'explication échappe au premier abord : à certains moments des coups, des chocs graves se produisent dans la pompe, puis disparaissent pour se reproduire à quelque temps d'intervalle ; ils sont dus au passage d'énormes bulles d'air qui s'engouffrent tout à coup dans la pompe, quand le cantonnement d'air a pris d'assez grandes proportions pour qu'une partie de la masse gazeuse soit entraînée par le liquide.

Quelquefois des circonstances locales ne permettent pas d'éviter un point haut sur le i^arcours de la conduite d'aspiration. On doit alors, pour conjurer d'avance les inconvénients du cantonnement d'air, pourvoir à son évacuation en disposant à cet effet un éjecteur, une pompe spéciale, ou tout simplement, si c'est possible, un tuyau ascendant de petit diamètre reliant le point haut au corps de pompe.

220. Réservoir d'air d'aspiration. — Lorsque la conduite d'aspiration est longue et sinueuse, alors même qu'elle ne serait pas exposée à des cantonnements d'air, que les pertes de charge n'y seraient pas trop grandes et que l'eau suivrait le piston sans difficulté, elle n'en donne pas moins lieu à des chocs toutes les fois que la colonne d'eau est brusquement arrêtée ou Ijrusquement mise en route. L'incompressibilité du liquide et l'inertie de la masse ont en effet pour conséquence un coup de bélier dans le premier cas, et, dans le second, un retard suivi d'une accélération subite, qui provoque également un coup de bélier.

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