SCENE IV
JACQUES, LE GOVAIN
Entrc^es du VALET DE CHAMBRE, d'un MAITRE
D'HOTEL du Ritz. de ZAMBO
(A peine Flach a-t-il disparu que Jac(|ues se dirige, en courant presque, vers la chambre voisine.)
JACQUES, qui a ouvert la double porte de «iroite.
Le Govain! Jl me semblait bien que j'avais entendu... Enirez, Jessie... Entrez, mon cher Jessie... Merci d'êlre accouru.
(Le Govain parait. Il a son chapeau sur la tôle, il lient 8a canne, ses gants d'une main, de l'autre, un journal déplié.)
LE GOVAIN
Lui! C'est bien lui !
JACQUES
Etonné de me voir?
LE r.OVAIN
Un peu tout de môme!... Qu'est-ce que vous fichez à Paris?
Devinez.
ACTIi; THOISIÉMK lU"'
JACQUES
LE GOVAIN
Je n'ose... et pourtant votre lettre... Une lii-loire de femme?
JACQUES
Tout juste, mon ami... Une histoire de femme.
LE GOVAIN
Pas possible! Une aventure?... Vous... Dieu que c'est drôle !
(Il s'a'?ied et se tord.) JACQUES, qui fait la bête.
Moins drôle que vous ne le croyez!
LE GOVAIN
Mais bien plus drôle que vous ne pouvez le croire... Mon cher, je me suis couché ce matin à huit heures et demie, eh bien, je ne vous eu veux pas de m'avoir. fait éveiller à dix... Alors, votre petit voyage... Une comédie? Une blague?
JACQUES
Dame !
LE GOVAIN
Et, tandis que votre femme, votre pauvre femme, et vos amis, vos pauvres amis, vous imaginaient sur un bateau, dans des trains, vous... Adorable ! Simplement adorable!... Mon petit Brachart, je vous adore !...
JACQUES
Je ne m'explique pas votre enthousiasme... J'ai employé une ruse préhistorique... Les maris, lorsqu'ils ont besoin d'un ou deux jours de liberté...
LE GOVALN
Oui, mais vous !...
Moi ! Moi ! Vous finiriez par m'intriguer !
LE GOVAIN
Comprenez donc! Vous ne passez pas précisément pour un noceur !... Vous travaillez comme un diable, vous remuez des affaires énormes qui vous absorbent du matin au soir... Et surtout, surtout, je me figurais que vous brûliez d'amour pour votre femme.