ACTE TROISIEME
JACQUES
Oui, je crois qu'on peut commencer, fi'out doucement, à son tour, il a pris un cigare, l'a coupé, l'a allumé. 11 tire deux ou trois boufTées et prononce sans se presser:)
Jérôme, ôtes-vous un homme jaloux?
LE GUVAIN
Ah non! par exemple!
JACQUES
Cependant...
LE GOVAIN
J'ignore cette affaire-là! Je vous jure que je l'ignore. J"ai feint la jalousie pour... pour faire plaisir aux dames... Mais, je ne me laissais pas prendre à mon chiqué.. . Et j'ai eu des femmes ! Je peux le dire, sans me vanter, j'en ai eu des tas et des tas!... Rien de pareil pour vous rendre philosophe... Elles sontsi faciles, mon cher... Toutes ! toutes !
JACQUES
Ainsi, Jérôme, jamais dans un dîner, dans une soirée, vous n'avez senti tout à coup le mauvais soupçon vous entrer dans la poitrine?
LF. (.OVAIN
.lamais :
JACQUES
.Janiuis vous n'avez posé des questions avec un faux sourire figé, fixé sur voire figure? Jamais, en entendant la parole révélatrice, il ne vous a paru que les murs s'abîmaient, que toutes les lumières ne formaient plus autourde vous qu'une grande lumière tournante et tournoyante ? Jamais?
Li: GO VAIN
Je ne suis pas loufoque!
JACQUES
Et jamais, vous n'avez regardé la femme que vous aimiez, d'un [nouveau regard épouvanté? Vous n'avez pas à ses petits poignets, le long de ses bras, et là... près de l'épaule et sur son cou renversé et sur ses lèvres, vu... oui, vu les baisers d'un autre. Jamais?
LE GOVAIN
Vous êtes malade?