SCÈNE V ANNE-MARIE, LE GOVAIN
{Aussitôt que Françoise est sortie, Le Govain s'approche d'Anne-Marie et prend sa main.)
LE GOVAIN, murmurant.
Bonsoir, mon mij^non... Bonsoir, mon mignon que j'aime.
AN.NE-MAlUr:
Bonsoir, mon chéri.
LE GOVAIN
Oh ! ce « mon chéri » ! QueJle voix glacée !
ANNE-MARIE
Glacée?
LE GOVAIN
Enfin, dislraite... Veux-tu bien me dire un bonsoir un peu propre !
ANNE-MARIE
Bonsoir, mon Jessie.
C'est mieux!... Ce n'est pas la perfection, mais c'est mieux!... Annette, ton Brachart no revient pas souvent!
ANNE-MARIE
Il nous quitte !
LE GOVAIN
Enfin, il y va, à Londres, ce coup-ci?
ANNE-MARIE
Tu l'as entendu.
LE GOVAIN
C'est que, par deux fois, il a lâché son voyage à la dernière minute...
ANNE-MARIE
Oh! il ne peut plus remettre, il est obligé de partir. D'ailleurs, il est rentré à la maison pour se rhabiller.
LE GOVAIN
Minuit vingt-sept, son train?
ANNE-MARIE
Minuit et demi. C'est cela...
LE GOVAIN
Bon... et à la même heure un ravissant jeune homme stoppera devant le 88 de l'avenue MalakolT...
Je te guetterai. Aussitôt la voiture en vue, je descends.
LE GOVAIN
Oui, mon cher tout petit, descends aussitôt!... Et ta femme de chambre, les domestiques?... Comment t'arrangeras-tu?
ANNE-MARIE
Je ne m'arrange pas.
LE GOVAIN
Écoute, Anninette, tu vas sortir... tu vas sortir sans...
ANNE-MARIE, linterrompaDt.
Je sortirai par la porte, mon amant!