‹ Samson; piece en quatre actes, représentée pour la premiere fois sur le Théâtre de la Renaissance, le 6 novembre 1907Chapitre 33 sur 165 · SCÈNE VIII · texte numérisé non relu

SCÈNE VIII

GRÂCE, LE GOVALN

LE GOVAIN

Il est rigolo, décidément!

GRACE

Très curieux !

LE GOVAIN

Trop vulgaire, par exemple!

GRACE

Pas si vulgaire !

LE GOVAIN

Qu'est-ce qu'il vous faut?

Je ne déteste pas son allure ! Il a lair d'un homme de lutte...

LE GOVAIN

11 a l'air de ce qu'il a été... d'un homme de peine, oui!... d'un débardeur...

GRACE

Jessie, je vous trouve inique envers cet excellent Brachart!... D'abord, personne ne connaît au juste ses débuts...

LE GOVAIN

Erreur!

GRACE

On connaît son origine, sa famille... On sait que ses parents étaient des commerçants de Marseille... des gens de rien...

LE GOVAIN

De la boue!...

GRACE

Mais, quant à la prime jeunesse de votre ami Jacques, tout le monde l'ignore.

Eh bien, moi, je vous affirme de source certaine...

GRACE

Enfin, qu'il ait ou non déchargé des bateaux, on ne peut pas souhaiter plus aimable garçon!...

LE GOVAIN

Il ne manquerait plus que ça!...

(Un temps.) GRACE, tranquillement.

Tu couches avec sa femme, n'est-ce pas?

LE GOVAIN, sursautant.

Hein?

GRACE

Je dis : Tu couches avec sa femme, avec la femme de Brachart?

LE GOVAIN

Ah çà! tu perds la raison, toi!...

GRACE

Tu vois bien que non.

Li: GOVAIN

Soignez-vous, ma petite Grâce! Le sanatorium, l'isolement, vite!

Mon vieux Jérôme, tu es l'amant d'Anne- Marie.

LE GOVAlN

Enchanté de l'apprendre ! Excellente nouvelle !

GRACE

Jessie, à ce petit jeu-là, tu no me rouleras pas... les choses de l'amour, c'est ma partie, vois-tu!

LE GOVAIN

En ce cas...

GRACE

Inutile de t'effarer !

LE GOVAIN

Je m'effare?

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