ACTE DEUXIEME
ANNE-MARIE
Plutôt, j'avais un amant... Je m'étais jeté(ï vers lui de toutes les forces de mon espoir... Je demandais à renaître... à revivre... à vivre... car, auprès de vous, je me sens devenue une chose, la chose d'un acquéreur! Seulement, le malheur est sur moi... On m'avait vendue à un faiseur... et je me suis donnée à un mauvais drôle... Vite, j'ai compris ma bêtise... Et cette nuit, il m'a menée, par surprise, à un souper... un souper dans un salon de restaurant... une ignominie!... Je ne me doutais pas. Je ne me doutais de rien... j'ignore ces saletés!... 11 m'a poussée... je me suis trouvée tout à coup parmi des hommes et des femmes que nous connaissons... des amis!... Et il y avait aussi deux autres femmes... deux femmes infectes...
JACQUES, les dents serrées.
Mais quels sont...
ANNE-MARIE
La paix! La paix! Ne m'interrogez pas, surtout!... J'en arrive de cette réjouissance!... Je me suis évadée, arrachée... Je rentre frémissante, écœurée, hallucinée, folle, et pour clore dignement la fête, Monsieur Brachart, que je croyais
à Londres, m'apparaîl... Ali! la lai mes nerfs sont invincihies puisqu'ils ont supporté le surcroît (Je ce tète-à-tètc... Mon ami, il ne me reste plus (lu'une pensée: ne plus penser! oublier, dormir, mourir... Je crois vraiment que je souliaile de mourir... Maintenant, enlrevoyezvous la boulTonnerie de vos insinuations et de vos menaces?... Vous êtes très riche, colossalement riche, vous êtes des maîtres du monde, mais que pouvez-vous sur une femme sans révolte, sans âme, et qui accepte la mort?
JACQUES
Votre amant s'appelle?
ANNE-.MARIE
Ah! non! Pas cola... Nous ne faisons pas eela...
J A COL lis
Je le connais, d'ailleurs... c'est Uugues de NN'ardens !
ANNE-MARIE
Il se peut.