‹ Samuel Champlain [microforme]Chapitre 92 sur 117 · CHAPELLE DE L'HOTEL-DIEU · texte numérisé non relu

CHAPELLE DE L'HOTEL-DIEU

1656—31 octobre M. Louise Giffard,femme de Lauzon-Charny.

1663— 4 mars... Guillaume Couillard.

1683—20 octobre... Guillemette Hébert, femme de G. Couillard.

don.

1e de

harny.

Couil-

Trente inhumations dans les églises en un demi-siècle, voilà un chiffre assez respectable pour établir une coutume. L'on comprendra facilement, en lisant ce tableau, qu’à l’époque de Champlain, on enterrait les laïques dans les églises, Il suffisait de demander cette faveur pour l'obtenir.

Dans les premiers temps de la colonie, depuis la fondation de Québec, en 1608, jusqu’à l’année où mourut Champlain, (1635), il n’y eut que peu de mortalités à Québec, et le seul laïque digne de mention qui y ait terminé ses jours, fut Louis Hébert, On l’enterra, d’après son désir exprimé de vive voix, au pied de la croix du cimetière des Récollets, près du couvent de Notre-Dame des Anges. Si on en croit le Père Le Clercq, ses restes furent transportés en 1678, dans le caveau de la chapelle de l’église du nouveau couvent des Récollets, à la haute-ville. Un seul homme eut l'honneur de la sépulture dans la chapelle de Québec durant toute cette période, ce fut le Frère Pacifique Du Plessis, récollet, Les autres furent inhumés dans le cimetière de la basse- ville et dans celui des Récollets, J'ai pris la peine de dresser un catalogue mortuaire depuis 1608 jusqu’à 1629. Il ne s’y trouve aucun laïc marquant, à part Louis Hébert,

Des autres colons vraiment fixés au sol, on ne pourrait citer qu’Etienne Jonquet et peut-être Michel Collin, Mais tous deux furent vite emportés par la maladie avec leurs femmes, sans laisser de postérité.

Après la restitution du pays à la France, en 1632, jusqu’au 25 décembre 1635, il devient plus difficile de reconstituer la liste des décès. L’incendie de l’église de la paroisse, en 1640, ayant détruit les registres, les Pères Jésuites laissèrent de côté tout travail dans ce sens, et ne s’occupèrent que des naissances et des mariages, Cette lacune est extrêmement difficile à combler ; mais ce qu’il y a de certain, c'est que

pendant ces trois années, le chiffre des mortalités fut insignifiant, Je ne crois pas même qu'il soit mort à Québec une seule grande personne de race française, Le scorbut fit quelques ravages dans la petite colonie des Trois-Rivières, et les sauvages mirent à mort deux Français dans le voisinage de cette dernière habitation,

Cette statistique mortuaire pourra paraître intempestive, mais j'en avais besoin pour établir que l'argument tiré de la coutume manque de sérieux, Le casisolé de Louis Hébert ne saurait être invoqué comme une coutume, tandis que les trente autres si rapprochés du temps de Champlain confirment surabondamment la thèse que j'ai voulu prouver.

Passons à une deuxième objection : “Si le corps de Champlain, dit-on, avait été déposé dans l’église paroissiale, le Père Le Jeune l'aurait écrit.”

Les écrivains des Relations ont omis de mentionner dans leurs annales, pourtant si riches, des événements qui pourraient nous intéresser aujourd’hui, Mais ces bons Pères n’écrivaient pas pour la postérité, comme leur intention n'était pas de faire l’histoire de la Nouvelle France, Leur travail se résumait à donner un état de leurs missions, aussi complet que les circonstances et les besoins pouvaient l’exiger, afin d’intéresser le public de France à l’œuvre spirituelle qui leur avait été confiée. Ces lettres ou Relations sont sous ce rapport de véritables trésors, où l’on peut puiser à pleines mains sans craindre de les jamais épuiser. Mais, quant à ce qui a trait à l’histoire proprement dite de la Nouvelle France, si nous y trouvons une quantité de renseignements précieux, il en manque d’autres de première importance,

D'un autre côté, il y a le Journal des Jésuites, qui devait servir à rapporter jour par jour les faits les plus saillants de notre histoire, Malheureusement, il ne s'ouvre qu’en 1645,

quand il aurait pu être commencé dès 1632, Qui pourrait affirmer, cependant, que l’incendie de la maison des Jésuites en 1640 n’a pas détruit les premières pages de ce précieux recueil ?

Le caractère des Relations et du Journal des Jésuites étant ainsi différencié, il n’y a donc pas lieu de s'étonner des omissions que l’on constate dans la première de ces œuvres ?

J'arrive maintenant à la célèbre dispute entre nos antiquaires, MM. Laverdière et Casgrain, ayant ouï dire que lors des travaux d’excavation en rapport avec notre premier saueduc, en 1854, les ouvriers avaient exhumé trois crânes au pied de l'escalier de la basse-ville, crurent avoir trouvé le site de la chapelle de Champlain, Après des fouilles minutieuses, ils y découvrirent une espèce de voûte, mais des ossements, point, Ils avaient été placés, lors de leur découverte, dans l’enceinte du mur qui sépare l’église de la haute- ville de la rne Buade. Tout de même ces trois crânes pouvaient bien avoir appartenu aux trois personnages que l’on savait avoir été mis dans cette chapelle, savoir: Champlain, M. Gand et le P. Raymbault.

M. Drapeau fit paraître deux brochures, dans le temps même où l'opinion publique semblait se former dans le sens indiqué par les deux savants découvreurs, Dans sa première brochure de 1866,M Drapeau critique sévèrement le journal tenu par MM. Laverdière et Casgrain au cours de leurs rechercherches, puis il déclare que la Chapelle de Champlain n'avait jamais existé à l'endroit indiqué, M. Cauchon, rédacteur du Journal de Québec, intervint alors dans la discussion et frappa comme un sourd sur M. Drapeau, qui

n'avait pas de journal pour lui répondre, Force lui fut d’avoir recours à une seconde brochure. Ce ne fut plus alors qu’une polémique où la question de la chapelle de Champlain devint presque abandonnée, M. Drapeau conclut, cependant, en disant que “la découverte du tombeau de Champlain était due aux renseignements que MM. Laverdière et Casgrain avaient reçus de lui et de M. O’Donnell, surintendant des travaux de l’aqueduc.” Donc, en 1867, M. Drapeau acceptait comme certaine la découverte du tombeau de Champlain, à la basse-ville,

Le plus profoud silence se fit ensuite sur cette question épineuse, jusqu’en 1875, alors que parut dans l’Opinion Publique, une correspondance de la Rivière-Ouelle, signée par l’abbé Casgrain. “ En dépouillant, disait-il, avec mon ami, le regretté M. Laverdière, les papiers originaux que M. Faribault a légués à l’Université Laval, nous avons trouvé une pièce importante pour la question qui nous occupe.” Elle porte pour suscription ces mots sur le revers de la feuille : Une place située dans la grande place de Quebecq reserve par M. le Gouverneur.

Voici la copie textuelle de ce document,

Louis Dailleboust, lieutenant-général du Roy et gouverneur dans toute l’estendue du Grand Fleuve Saint-Laurent en la Nouvelle France rivière ct lacts y descendants et lieux quy en dépendent. En vertu du pouvoir a nous donné par Messieurs de la Compagnie de la Nouvelle France et soubs le bon plaisir d’icelle, en faisant la distribution d’une place situé dans l’enclos de Québecq, Nous nous sommes réservé une place situé dans le dict enclos contre la Chapelle Champlain contenant ung arpent de terre ou environ tenant du costé du nord est à ung chemin qui court sud ouest et norouest qui est entre la dicte terre et les terres de l'Eglise

, fut alors ham- >pennamre et ntenpeau ham-

stion mion ignée 1 ami, Fari- $ une

Elle ille :

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uverurent lieux né par soubs place éservé hamnt du est et Eglise

paroissiale de ce lieu, d'autre costé au sorouest aux terres non concéïées d’ung boust au norouest à ung chemin piésente quy est entre la dicte terre et les terres de Jehan Costé d'autre au sud suest à ung chemin quy est entre la dicte terre et la d Chapelle Champlain (ici les mots la d Chapelle Champlain sont raturées et remplacés entre-lignes par les mots la Grand place) pour en jouir par nous du dict arpent de terre ou environ nos successeurs ou ayant cause à toujours pleinement et paisiblement aux charges qu’il plaira a messieurs de la dicte Compagnie nous ordonner, faicte au fort Sainct Louis de Quebecq ce dixiesme jour de feburier mil six cent quarante neuf.

DAILLEBOUT

Où était dans l’enclos de Québec cet arpent de terre ow environ réservé par d’Aillebout. L'acte suivant va nous l'indiquer.

Contract de rente foncière deûe par Jean Jobin à M. Ls. D'’Aïllebout—30 juin 1658.

Par devant Jean Baptiste Peuvret notaire en la Nouvelle France et tesmoins soussignez fut présent en sa personne messire Louis d’Ailleboust chevalier seigneur de Coulonges gouverneur et lieutenant général pour le Roy en ce pays estendu du fleuve St-Laurens, Lequel a recognu et confessé avoir baillé et ceddé, transporté à tiltre de rente foncière de bail d’héritage annuelle et perpétuelle non racheptable du tout à tousioure et promet garantir de tous troubles et empeschements generallemert quelconques à Jean Jobin Me thailleur d’habys habitant de ce pays à ce present teneur et acquereur au dit tiltre pour luy, ses hoirs et ayans cause, Vne place seize en cette ville de Québecq, contenant demy arpent de terre ou environ faisant moitié d’un arpent de terre au d seigneur bailleur appartenant, Joignant d’un costé

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à la rue qui passe entre l’église parrochialle et la d terre, d'autre costé à Jacque Boessel en partie et à Louis Costé, d’un bout à vne rue qui passe entre le fort des sauvages et la d terre. Et d'autre bout à la place d'Abraham Martin en partie et aux terres non concédées, au dict seigneur bailleur appartenant par concession qu’il en a prise le dixiesme jour de feburier mil six cent quarante neuf, Ratiffiée et signée par Monsieur de Lauzon cy devant gouvernevr de ce pays le vingt deuxiesme jour d’Auril mil six cent cinquante deux.”

Le terrain réservé par d’Aiïllebout était donc ainsi borné : d’un côté par la rue qui passe entre l’église paroissiale et le terrain réservé, c’est-à-dire la rue Buade; d’un autre côté par la rue qui passe entre le fort des sauvages et le dit terrain, ou la rue du Fort; au nord-ouest par un chemin qui est entre le terrain réservé et les terres de Jean Côté, c’est-à-dire la rue du Trésor ; enfin le quatrième côté était borné par la place d’Armes ou la rue Sainte-Anne.

Le fort des sauvages Hurons était situé à l'endroit même où est le bureau de poste actuel.

Ces deux documents ont pour moi une valeur telle, qu’à l'exclusion de toute autre preuve, je m'en tiens à celles qu’ils me fournissent, pour affirmer que la chapelle de Charaplain a dû être érigée à l’endroit du bureau de poste, le loug du chemin qui conduisait au fort Saint-Louis, à une centaine de pieds environ du portail de Notre-Dame de Recouvrance,

D’Aillebout dit : “ Nous nous sommes réservé une place située dans le dit enclos contre la Chapelle Champlain.” Contre veut dire tout proche, à côté, M. le D' Harper, intervenu plus tard dans le débat, (en 1888), traduit contre par opposite. Ce n’est pas du tout le sens. Opposite signifie en face, vis-à-vis. Close aurait bien rendu le sens de ce mot, et le D' aurait dû dire dans la version qu’il donne du texte

Er NOTES EXPLICATIVES 477 ni

français : We have reserved a place situated in the said à inclosure close to the Chapelle de Champlain. Mais il ne se contente pas de fausser le sens de ce mot, il donne des exemples pour prouver qu’à cette époque les écrivains n'étaient pas particuliers dans ieurs expressions pour cal- AS | culer les distances. Ainsi, dit-il, le Père Lejeune a écrit que pi la maison de la veuve de Louis Hébert, et l’église de Notre- Dame de Recouvrance, étaient proches du Fort ! il | Quand bien même il citerait dix exemples semblables, l 1 qu'est-ce qu’ils prouveraient ? Le Père Le Jeune et les autres il il écrivains de cette époque ont pu s'exprimer de la sorte, sans ns tomber dans une erreur bien grave, car ils n'étaient pas tenus EE Lt à une grande précision, Les points de repère leur faisant b l | défaut, ils prenaient les plus exposés à la vue, comme le fort | Je | Saint-Louis, Mais il en allait autrement pour un acte officiel : fe) (à la plus grande circonspection s’imposait alors, Ainsi, dans le All cas qui nous occupe, M. d’Aillebout, sans être notaire, avait à j : dresser un document officiel, qui demandait une grande pré- | \ cision dans les termes. Ë Il s'agissait de délimiter un terrain, sa propriété; aussi | | quelle précaution apporte-t-il pour se mettre à l’abri de tout empiètement, Arrivé à la limite sud sud-est, il n’hésite pas. Le chemin du Fort est la borne la plus naturelle ; mais il ajoute ces mots : un chemin qui est entre la dite terre et lu dite Chapelle Champlain. Puis il s'arrête, croyant avoir été An LM inexact, passe un trait de plume sur la dite Chapelle Cham- | l fl | plain et écrit entre-ligaes la Grand Place. Pourquoi cette | altération? La raison en est toute naturelle. La chapelle | Champlain, sise de l’autre côté du chemin du fort, n'avait | pas des proportions bien considérables. Le chemin qui pas- TRE sait tout près et dont M. d’Aiïllebout se sert dans son bor- À Il nage, avait bien quatre ou cinq fois la longueur de la cha- | Î

pelle. S'il eût persisté à dire que son terrain était borné par le chemin qui se trouvait entre la réserve et la chapelle, il ne donnait du coup à sa propriété du côté sud-sud-est que juste la longueur de la chapelle, disons 25 pieds au lieu de 140 ou 150.

Comment encore D’Aiïllebout aurait-il pu songer un instant à dire que le lopin de terre qu’il se réservait, était borné par le chemin entre la dite terre et la Chapelle de Champlain, si celle-ci avait été située dans le cimetière de la Montagne, de l’autre côté de la falaise. Est-ce que le bord même du cap n'aurait pas été une borne plus naturelle que cette chapelle sise à une distance de plus d’un &pent ? C’est pourtant ce qu’a prétendu M. Drapeau en 1880, et après lui M. le D' Harper.

L'histoire de nos cimetières et de nos églises est encore à faire; elle serait pourtant bien utile et surtout intéressante, Sans avoir fait une étude spéciale des cimetières, une chose m'a souvent frappé relativement à leur localisation, On les plaçait toujours à proximité des églises ou des chapelles. L’habitation ou le magasin de Québec à la basse-ville avait son petit champ mortuaire au pied du cap, Le couvent des Récollets avait aussi son cimetière public, Il n’y en eut point d'autre jusqu’à la prise de Québec par les Kirke, en 1629.

Les sauvages chrétiens étaient inhumés dans un petit cimetière à leur usage près du jardin du Père Denis Jamet, récollet, Cependant plusieurs sauvages baptisés reçurent l'honneur dela sépulture dans le cimetière de la bas-e-ville, Le Frère Sagard parle de l'enterrement solennel qui s’y fit, en 1626, d’un enfant de Caquemisticq, ‘“ auquel assistaient le Père Joseph LeCaron, récollet, le Père Lalemant, jésuite, le Frère Charles (Pierre Langoiïssieux) récollet, le Frère Jésuite François (Charton), Louis Hébert, et d’autres Français, selon

par l'ordre qui leur était ‘rdonné, non si gravement mais moins à 1 le, il modestement que ce sauvage père, qui tenait mine de qnelque ‘4 que signalé Prélat.” (Sagard, Histoire du Canada, p. 587, 588). | à u de Ce petit enfant avait été baptisé dix ou douze jours auparavant, 6 : Il n’était donc pas encore question du cimetière de la Mon- { ins- tagne en 1626. Ain | orné En 1627, Louis Hébert fut inhumé, comme nous l’avons & Lame vu, dans le cimetière des Récollets. LE | | Mon- Dumoulin et Henri, domestique de la veuve Hébert, furent (l ll nême probablement enterrés dans le cimetière de la basse-ville, Ce ai | cha- furent les dernières mortalités à Québec jusqu’à l’arrivée des a FA | À rtant Kirke en 1629. : LE 1 le D’ | Le cimetière de la Montagne n'apparaît que plus tard, et anti lL l s’il existait du temps de Champlain, ce qui n’est pas prouvé, ! Je | 2ore à il n'avait pas encore été utilisé; car il est presque certain N j l sante, qu'il ne mourut pas de grandes personnes à Québec durant à | (l chose les années 1632, 1633, 1634 et 1635, si ce n’est Champlain F ï | )n les | lui-même, À | | l belles. La croix devant laquelle s'arrêta M. de Montmagny, au | il qi avait mois de ivin 1636, en gravissant le rocher de Québec, n’est ; | | {li t des pas une preuve concluante de l’existence d’un cimetière à î) qi point cet endroit, Je ne vois pas pourquoi on l'aurait choisi (a li AU 29. pour y déposer les morts. L'église de Notre-Dame de Recou- 4 | fe petit vrance était construite depuis près de trois ans, Suivant la Ci ë j amet, coutume adoptée jusqu'alors, et religieusement conservée par à 1 eurent la suite, on avait dû jeter les yeux sur le terrain avoisinant j 1 | -ville. l’église paroissiale, Mais quand celle-ci fut incendiée en 1640, je (| s’y fit, les travaux de construction, l'encombrement du terrain obli- f | qi taient gèrent sans doute les Jésuites à se pourvoir ailleurs. C’est MI : ite, le ‘ alors que l’on dut commencer à faire les sépultures au som- | À ésuite met de la côte de la Montagne. à à selon L'église paroissiale fut commencée en 1647 et terminée en | | |

1657. “ On ne commença à faire l'office régulièrement qu’à Pâques 1657,” dit la Relation. Dans le mois d'avril, le 21, c’est-à-dire trois semaines après l'inauguration régulière de l'église, on enterrait dans le cimetière nouveau un nommé Jean Deisons dit Montauban. Les registres l’appellent tantôt le cimetière de Québec, tantôt le cimetière proche l’église. C'était revenir à l’ancienne coutume d’enterrer les morts sur le terrain contigu à l’église.

Il ne sera plus désormais question du cimetière de la Montagne. M’est avis que celui-ci, dans l’idée des Religieux, ne de sait être que temporaire, et qu’il ne servit que de 1640 à 1657.

Vient ensuite dans l’ordre chronologique, le cimetière de l'hôpital ou le cimetière des pauvres de l’Hôtel-Dieu, Le Revistre de la paroisse le mentionne pour la première fois le 23 janvier 1662.

Un mot maintenant sur Notre-Dame de Recouvrance, L'emplacement le plus convenable pour l’ériger était à proximité du fort Saint-Louis et de la résidence que les Jésuites allaieut bientôt habiter. C'était à l'endroit même où sont la cour du presbytère de la haute-ville, et le rond-point de la basilique. Les fondations furent jetées dès l’automne de 1633. Ce premier sanctuaire paroïssial n’était pas cependant orienté dans le sens de l’église métropolitaine actuelle ; il courait à peu près paralèlement à l’ancienne rue appelée aujourd’hui rue Buade, qui alors allait nord-est et sudest, c’est-à-dire dans une direction assez semblable à celle de la rue de la Fabrique, Le portail, d’après toute probabilité, était tourné vers le fort Saint - Louis ; le chœur de Notre-Dame de Recouvrance devait coïncider presque complètement avec celui de la Basilique, On a trouyé en 1877, lors des travaux d’excavation pratiqués dans les

voûtes de la Basilique, le long de l’aucienne masse d’autel, un corps, dont la tête, au lieu de regarder la nef, comme c’est l'usage pour les dignitaires ecclésiastiques que l’on enterre dans le sanctuaire, regardait, au contraire, le fond du chœur, Il est donc assez logique de conclure de la position irrégulière de ce squelette, que le chœur de Notre-Dame de Recouvrance était à peu près à l'endroit occupé par le chœur de la basilique, et que ce corps y fut enterré dans le premier de ces deux sanctuaires,.

A venir jusqu’à 1633, il n’y avait pas d'église paroissiale proprement dite. Champlain avait fait construire, en 1615, à Ja basse-ville, tout près de l’église actuelle de Notre-Dame des Victoires, une petite chapelle qu’on était convenu d’appeler Chapelle de Québec ou du gouverneur, Elle servit au culte public jusqu’à la prise de Québec par les Kirke, Pendant le séjour des Anglais, cette chapelle fut détruite, car le Père Le Jeune, à son arrivée, en 1632, fut obligé d'aller offrir le saint sacrifice de la messe dans la maison de la veuve Hébert, à la haute-ville. Les offices eurent ensuite lieu dans la chapelle du couvent de Notre-Dame des Anges, puis dans une chambre du fort Saint-Louis. C’est ce qui ressort du texte de la Relation de 1636, écrite par le Père Le Jeune :

“ Les premiers sacrifices de la messe, que nous présentâmes en ces contrées, furent offerts dans un méchant petit taudis qui maintenant nous ferait honte ; nous nous servimes par après d’une chambre; puis on fit bâtir une chapelle ; on a tâché de la changer en église, l’augmentant de moitié ou environ, et avec tout cela les jours de fêtes, les deux premières messes qui se disent à Québec sont si fréquentées, que cette pauvre chapelle ou cette petite église, se voit rem-

plie usque ad cornu altaris, d’un bout à l’autre.”

L’accroissement de la population ct le zèle qu’apportaient les nouveaux habitants à suivre les exercices religieux, avaient donc forcé Champlain à agrandir de moitié ou environ la grande chapelle ou la petite église de Notre-Dame de Recouvrance, En 1637, les exercices religieux s’y faisaient solennellement sous la conduite du Père Lalemant, remplacé bientôt par le Père De Quen, ‘

‘“ Outre les messes basses, écrivait le Père Le Jeune en 1636, on en chante une tous les dimanches et toutes les fêtes, où se fait l’eau bénite et le pain bénit; on récite le Prône, pour l'instruction des plus ignorants ; on ne manque pas de prêcher en son temps, d'expliquer le Catéchisme après les Vêpres. Nos Francais y assistent, les uns pour y être mieux instruits, les au ‘es pour donner courage aux enfants, qui font aussi bien qu’en aucune paroisse que j'ai vue en France.”

La chapelle de Notre-Dame de Recouvrance servit d'église paroissiale jusqu’à l'incendie du 14 juin 1640, Le feu prit naissance chez les Jésuites, et poussé par un vent assez violent, il vint se communiquer aux deux chapelles. La maison de la veuve Hébert, qui se trouvait sur le site actuel du palais épiscopal et par conséquent, dans le voisinage immédiat de Notre-Dame de Recouvrance, resta intacte. L'élément dévastateur agit avec une telle soudaineté, qu’en moins de deux ou trois heures, tout fut consumé. Tels sont les faits, si on s’en rapporte au récit de l’auteur de la Relation de 1643.

Voyons maintenant s’ils sont de nature à confirmer l’assertion purement gratuite de ceux-là qui prétendent que la chapelle de Champlain, incendiée le 14 juin 1640, occupait un espace dans le cimetière de la Montagne.

D'abord sur quoi s’appuie-t-on ? Sur la découverte faite en 1850 d’un prétendu tombeau contenant, paraît-il, des osse-

aient eux, envine de aient placé

Jeune es les ite le anque après y être ifants, ue en

’église t naisiolent, de la palais diat de dévase deux s, si on 43, er l’asque la cupait

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nents humains, Le Canadien du 18 décembre de cette anuée-là raconte les faits comme suit sous la rubrique : Antiquités canadiennes :

“ Eu déblayant les fondations de l’ancien palais épiscopal de cette ville, pour poser sur leur emplacement celles de la nouvelle aile du palais législatif, on a trouvé quelques ossements dont l’origine est encore inconnue, et une tombe soigneusement faite en maçonnerie, placée en dehors de l’enceinte et accolée au mur de fondation.”

Une personne tout à fait digne de foi et qui se rappelle avoir vu,non seulement cette tombe, mais aussi les ossements, nous assure que ce que le Cunadien de l’époque désigne sous le nom de tombe était une voûte de modique dimension, dont le but ne pouvait pas avoir été de recevoir un cercueil, Cette voûte ne renfermait aucun débris de cadavre humain ; elle ressemblait en tous points à ces voûtes que l’on a trouvées en plusieurs endroits de la ville, et où les marchands cachaiïent leur argent et des objets précieux, Les guerres nombreuses que la colonie eut à soutenir contre toute sorte d’ennemis, parmi lesquels les sauvages n'étaient ni les moins redoutables ni les moins pillards, avaient forcé les négociants de mettre leurs petits trésors à l'abri des déprédations, Il n’y a pas de doute que cette tombe, trouvée fortuitement dans le cimetière de la Montagne, n'avait jamais eu d'autre destination, La meilleure preuve se tire du fait que l’on y trouva des bagues et d’autres bijouteries.

Ainsi donc, il ne faut pas attacher plus d'importance qu’il ne faut à cette découverte, Mais supposons, pour un instant, que ce fut un véritable tombeau ou sépulcre, devons-nous conclure qu’il fut le sépulcre particulier ? Je pourrais en réponse adresser à M. le D' Harper le même reproche que celui qui fut fait à MM. Laverdière et Casgrain après leur

bi!

trouvaille de 1866, à la tête de la rue Champlain, Parce que vous avez trouvé une tombe, est-ce à dire que c'est dans elle que furent déposés les restes de Samuel Champlain? Le raisonnement est en effet assez singulier : “Nous avons trouvé un tombeau, donc c’est le tombeau de Champlain.” C’est en procédant de la sorte que MM. Laverdière et Casgrain arrivèrent au résultat que l’on connaît, Non, pour faire l’histoire, il convient de s’arrêter à d'autres preuves et à d’autres témoignages.

Je pourrais bien invoquer à mon tour en faveur de ma thèse le fait suivant, qui n’est peut-être pas consigné dans les rares journaux de l'époque. C'était vers 1840, Pendant que des ouvriers transportaient une presse dans un appentis de l'édifice où s’imprimait le Mercury, le plancher vermoulu du premier étage ne put résister et s’écroula sous le poids. Lorsqu'on déblaya la place, les manœuvres furent tout surpris de trouver dans le roc, une espèce de souterrain, pouvant mesurer dix pieds sur huit, et à l’intérieur des ossements que le médecin déclara, après examen, appartenir à des êtres humains. C’était dans le temps où le Mercury s'imprimait, rue Buade, en haut de l'escalier, c’est-à-dire précisément où je place le sépulcre particulier et la chapelle de Champlain, S'il allait prendre fantaisie à quelque antiquaire, satisfait de cette preuve, d’abonder dans mon sens, que pourrait-on alléguer ? Cependant je refuse d’en tirer parti, parce qu’elle repose sur des données trop vagues, et parce que ce n’est plus possible, à 40 ou 50 ans d'intervalle, de faire parler des cadavres que nous n'avons pas vus, ni d'examiner des voûtes enfoncées par la pioche des démolisseurs.

Je crois en avoir assez dit pour étayer ma thèse, Je la résume en quelqnes mots :

1° Le corps de Champlain a pu être déposé, le jour même

> que 8 elle ? Le rouvé est en à arristoire, Éémoi-

de ma é dans endant )pentis ‘moulu poids.

at sur- , pouements es êtres brimait, hent où mplain.

fait de n alléqu’elle e n’est ler des voûtes

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même

de l’enterrement, dans la chapelle de Notre-Dame de Recouvrance, relevé le printemps suivant et mis dans un sépulcre particulier érigé exprès pour lui, probablement par les soins de son successeur, M. de Montmagny. Rien n'empêche non plus de croire que le sépulcre particulier fût construit aussitôt après la mort du gouverneur, en dépit des difficultés inhérentes à un pareil travail, durant la saison la plus rigoureuse de l’année, et dans un temps où les constructions en maçonanerie se faisaient très difficilement,

2° La chapelle de Champlain, incendiée en 1640, en même temps que Notre-Dame de Recouvrance et la résidence des Jésuites, avait été érigée tout près de l’église paroissiale, à

proximité du chemin qui conduisait au fort Saint-Louis, sur la Grande Place,

Note X (Liv. 4, ch. 10, p. 358)

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