‹ SangahallChapitre 13 sur 25 · AVRIL · texte numérisé non relu

AVRIL

Dans les bois, un matin de jour printanier.

Des sentiers serpentent entre les buissons armés de jeunes pousses levées comme des javelots.

Les grands bouleaux corsetés d'argent secouent les frissonnances de leurs robes ténues, tandis que le chant des Jeunes Filles et des Enfants envahit la forêt.

Ils vont en méandres par les chemins, ainsi que des oiseaux de passage en longue file par les airs.

LES JEUNES EILLES.

Avril chante à l'écho l'Hymne des vœux fertiles...

LES ENFANTS battant des mains. Lula, kilo !

LES JEUNES FILLES

Chantent dans les buissons les chansons juvéniles des oiseaux s activant aux demeures fragiles...

LES ENFANTS

Lula, lulo !

LES JEUNES FILLES et LES ENFANTS.

Redit l'écho.

LES JEUNES FILLES

Le cygne vogue et vire et, sur le lac tranquille,...

LES ENFANTS

Lula. lulo !

LES JEUNES FILLES

promène la blancheur de sa gorge gracile parmi les nénuphars au feuillage aquatile...

LES ENFANTS

Lula, lulo !

LES JEUNES FILLES et LES ENFANTS.

Redit iécho !

LES JEUNES FILLES

Avril chante à l'écho des vœux de jeunes fdles.

LES ENFANTS

Lula, lulo !

LES JEUNES FILLES

Chante l'amour aux cœurs, les eaux sous les charmilles, les huiliers sous les bois, les bourgeons aux brindilles...

LES ENFANTS

Lula, lulo I

LES JEUNES FILLES et LES ENFANTS.

Redit l'écho.

Entretemps des Femmes ont rejoint les Jeunes Filles et les Enfants arrêtés dans les chemins.

L' AÏEULE

Les anses résonnaient de eris joyeux.

Sur les Dragons, s'irisait For des boucliers rangés à leurs bords.

Et les voiles d'azur armoriées babillaient dans les vents impatients.

Debout à l arrière de sa Nef, l'épien sonore tendu vers le

soleil au Levant, le Chef donna le signal du départ. Les amarres sautèrent de leurs pilots de chêne et les navires

s ébranlèrent sur la nappe étincelante : ainsi des nuées

légères dans un ciel empourpré.

Avec Eux s'en allaient nos Hommes et nos grands

Enfants !..

LES JEUNES FILLES

Et Sy nia {15; fermait la porte du Palais de l'Amour.

L AÏEULE

Dès lors germa l'oubli de la foi jurée et des toits demeurés sans défense.

LA MÈRE

Jusqu'au déelin du jour, nous restéimes sur les rivages et

suivre la course des vaisseaux.

Ils disparurent dans les lointains profonds enveloppés de

crépuscules et de vespérales buées.

Et depuis, chaque jour, nos yeux se brûlent éi scruter les

mouvants horizons !

LAI EU LE

El les années avec les douleurs se sont abattues, comme

sauterelles sur un champ de froment.

Cruel départ !

Et voici maintenant les vents du Niflheim qui gémissent d'autres plaintes mémoratrices de départs plus nouveaux et plus cruels !

UNE JEUNE FILLE

Odoswal et les Loups ?

LA MÈRE

Leur cœur n'eut pas raison de l'Intérêt,

ni leur charité de l'Égoïsme.

Ils rêvaient le bien-être et le bonheur pour tous

et les voiléi, comme nous ci nos foyers déserts,

seuls en l'exil néfaste et mortel.

Hélas ! quadviendra-t-il ?

La vue des Hommes met la quiétude aux cœurs des femmes; leurs travaux c'est l'espérance des soirs familiers et des matins souriants.

Il ne reste ici que des vieillards, des enfants et des femmes.

UNE JEUNE FILLE

Avril, dulctfiant Avril, répands le baume médiateur de ta sérénité sur les vengeances : Siôna/16J septième déesse des amours, rends-nous Ceux-là que nous désirons !

UNE AUTRE

Avril, adolescent Avril, tes senteurs parfument les matins roses et tes souriances invitent nos jeunes éunes : Vara,'1'' déesse des serments, ramène- nous Ceux-là que nous désirons !

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