AVRIL
Dans les bois, un matin de jour printanier.
Des sentiers serpentent entre les buissons armés de jeunes pousses levées comme des javelots.
Les grands bouleaux corsetés d'argent secouent les frissonnances de leurs robes ténues, tandis que le chant des Jeunes Filles et des Enfants envahit la forêt.
Ils vont en méandres par les chemins, ainsi que des oiseaux de passage en longue file par les airs.
LES JEUNES EILLES.
Avril chante à l'écho l'Hymne des vœux fertiles...
LES ENFANTS battant des mains. Lula, kilo !
LES JEUNES FILLES
Chantent dans les buissons les chansons juvéniles des oiseaux s activant aux demeures fragiles...
LES ENFANTS
Lula, lulo !
LES JEUNES FILLES et LES ENFANTS.
Redit l'écho.
LES JEUNES FILLES
Le cygne vogue et vire et, sur le lac tranquille,...
LES ENFANTS
Lula. lulo !
LES JEUNES FILLES
promène la blancheur de sa gorge gracile parmi les nénuphars au feuillage aquatile...
LES ENFANTS
Lula, lulo !
LES JEUNES FILLES et LES ENFANTS.
Redit iécho !
LES JEUNES FILLES
Avril chante à l'écho des vœux de jeunes fdles.
LES ENFANTS
Lula, lulo !
LES JEUNES FILLES
Chante l'amour aux cœurs, les eaux sous les charmilles, les huiliers sous les bois, les bourgeons aux brindilles...
LES ENFANTS
Lula, lulo I
LES JEUNES FILLES et LES ENFANTS.
Redit l'écho.
Entretemps des Femmes ont rejoint les Jeunes Filles et les Enfants arrêtés dans les chemins.
L' AÏEULE
Les anses résonnaient de eris joyeux.
Sur les Dragons, s'irisait For des boucliers rangés à leurs bords.
Et les voiles d'azur armoriées babillaient dans les vents impatients.
Debout à l arrière de sa Nef, l'épien sonore tendu vers le
soleil au Levant, le Chef donna le signal du départ. Les amarres sautèrent de leurs pilots de chêne et les navires
s ébranlèrent sur la nappe étincelante : ainsi des nuées
légères dans un ciel empourpré.
Avec Eux s'en allaient nos Hommes et nos grands
Enfants !..
LES JEUNES FILLES
Et Sy nia {15; fermait la porte du Palais de l'Amour.
L AÏEULE
Dès lors germa l'oubli de la foi jurée et des toits demeurés sans défense.
LA MÈRE
Jusqu'au déelin du jour, nous restéimes sur les rivages et
suivre la course des vaisseaux.
Ils disparurent dans les lointains profonds enveloppés de
crépuscules et de vespérales buées.
Et depuis, chaque jour, nos yeux se brûlent éi scruter les
mouvants horizons !
LAI EU LE
El les années avec les douleurs se sont abattues, comme
sauterelles sur un champ de froment.
Cruel départ !
Et voici maintenant les vents du Niflheim qui gémissent d'autres plaintes mémoratrices de départs plus nouveaux et plus cruels !
UNE JEUNE FILLE
Odoswal et les Loups ?
LA MÈRE
Leur cœur n'eut pas raison de l'Intérêt,
ni leur charité de l'Égoïsme.
Ils rêvaient le bien-être et le bonheur pour tous
et les voiléi, comme nous ci nos foyers déserts,
seuls en l'exil néfaste et mortel.
Hélas ! quadviendra-t-il ?
La vue des Hommes met la quiétude aux cœurs des femmes; leurs travaux c'est l'espérance des soirs familiers et des matins souriants.
Il ne reste ici que des vieillards, des enfants et des femmes.
UNE JEUNE FILLE
Avril, dulctfiant Avril, répands le baume médiateur de ta sérénité sur les vengeances : Siôna/16J septième déesse des amours, rends-nous Ceux-là que nous désirons !
UNE AUTRE
Avril, adolescent Avril, tes senteurs parfument les matins roses et tes souriances invitent nos jeunes éunes : Vara,'1'' déesse des serments, ramène- nous Ceux-là que nous désirons !