‹ Santolius VictorinusChapitre 36 sur 64 · A L'ACADÉMIE ROYALE DES INSCRIPTIONS ET MÉDAILLES · texte numérisé non relu

A L'ACADÉMIE ROYALE DES INSCRIPTIONS ET MÉDAILLES

Donc les Destins jaloux, les Temps inexorables Raviraient à Louis des exploits mémorables, Et sur tant (Pennemis les succès obtenus De la Postérité resteraient inconnus ?

Vous ne le voudrez pis, docte et pieax Collège Qui sauvez ses vertus d'an oubli sacrilège.

Qui, gravant ses exploits sur Tor et sur rairaio. Propagez le grand nom de notre Souverain ; Vous enfin qu'il choisit poar être dans Pbisuxire Garants de ses vertus et témoins de sa gloire.

Qu'un chantre, un écrivain, l'un de l'autre rivaux, Pour vanter ses combats et ses nobles travaux Aux flancs de la trompette épuisent leur haleine ; Un fragile papier, un son qui dure à peine Sauraient-ils d'im grand roi garder le souvenir ? Mais à vous seuls, à tous le soin de vous unir

Muneribus, certatim omnes, ceu fœdere facto, [n partem veniunt docti, caramque laboiis.

Ad nutus docUes vestros dictata capessunt Imperia : en varios aurum se-se aptat in usus, Ducitur argentom, facilis tornatur et arbos, Sylvis truncas iners; nec jam intractabile marmor Principis in vultus it sponte, trahi fque ûgoras. Addite vos mutis vocemqiie, animamque figuris.

Quin etiam immani patefacta Toragine tellas, Qiiando ambit natura novis servire trlomphis, Grandia, visceribus quœ delituêre profandis, Saxa sinu depromit, amant prodire sub auras; Jussa simul coêant, arctis compagibos haerent, Atque triumphales sensim curvantur in arcus.

Siispirant titulos, titolos supper-addite saxis.

Hic vester labor, at yestri non summa laboris : Scilicet, Europam beilo qui terruit omnem, Spectandus populis solft regnaret in Urbe

Et de porter son nom jusqu'aux bojrnes du monde. Louis! nom glorieux! Louis! source féconde De largesse pour vous, de louanges pour lui!

Des savants et des Arts, il est le noble appui : Des Arts et des savants la cohorte empressée Attend que vos regards dirigent sa pensée.

Ordonnez, faites signe; et Tor obéissant Suivra les volontés d^un artiste puissant ; L'argent sous le marteau se montrera ductile ; L'arbre, qui dans les bois vieillissait inutile, Aux caprices du tour, avec docilité.

Soumettra sa rudesse et sa rigidité ; Les marbres façonnés sur la royale image, D'eux-mêmes à Louis s'offriront en hommage; Et de ces corps muets amollis par vos lois, La docte Inscription sera l'ame et la voix.

Bien plus, quand la nature, amante de la gloire. Veut d'un succès nouveau consacrer la mémoire, I^ terre, qui répond à ce noble dessein, Se déchire, s'entr'ouvre, et tire de son sein Ces immenses rochers qui, du fond de l'abîme. Des monuments hautains envahiront la cime.

L'artiste les assemble : étreints et cimentés, Ils dominent là-haut^ pompeusement voûtés :

C'est un arc-de-triomphe, et votre main propice Fait luire une pensée au front de l'édifice.

Tel est votre labeur ; ce n'est pas tout encor : Au retour des combats où son brillant essor A jeté sur l'Europe une terreur fatale.

382 J.-B. SANTEDL.

Victor pace fraens : tutis, dum beUa genntw, Givibus h£C faerint spectacula; gploria metas Non patitur, rapida illa volât, nescitqae tenerL

En vobis multo igné micant liqiie&cta melalki, Gœlarique petunt : caelate; ab imagine scolptft Accipient pretiam geminos portanda «ub axes, tnsanae nil molis habent, damnosa yetustaa Nil poterit, ne^e livor, edax nec deniqœ tempus. Antiquas torres» atqoe alta palatia regom Funditùs evertat, totamqve exerceat iram, In vastas operam moles» monstretqne rainas illustres multa insoltan»; quodcumque paratis Ingenii est, fotormn hic omnis Iracta potestas^

Per vos, docta cohors, celeres qai sistitis annos, Temporibus qui frœna datis, soksqoe redire Gogitis elapsos, Lodoïgi ingentia Magni, Prendente Invidiâ, et frustra oblnctantibas annis, Facta laboratis durabmit scripta metallis.

Nec tantum, annales, operosa vdamina, dicent, ' Quantum veridicis animata numismata verbis;- Quae legimus, serique legent, relegentque nepotes. Gaudebit lector, nec taedia longa timebit, Gestorum intuitu quamprimùm doctus ab uno.

Loiijs, que reyerrait sa seule caixltale^

De la paix dans ses murs goûterait le loisir ;

Et quand la guerre eneor viendrait noos le saisir,

Paris, libre toujours de crainte et de dommage.

Du cher absent, du moins^ contemplerait Timage.

Paris est trop étrcrit ; tant de gloire a besoin

D^étendre mieux son vol et de briller au loin.

Aussi voyez Tairain qui booiUomie et qui coûte. Dans sa chaude prison ambitieux du moule.

Sculptez, et le métal, sous Timage anobli.

Aux bords les plus lointains ira braver ToublL Car votre œuvre n'est pas la matière sans vie Qui craint la faux du temps et la dent de Tenvie. Tonr-à-tour les châteaux, les temples, les remparts Sous les efforts des ans croulent de toutes parts : L'œuvre qui vient de vous, produit de la pensée. Des outrages du temps comme elle est dispensée.

Vous qui, pour célébrer le règneie plus beau. De nos soleils éteints rallumez le flambeau.

Qui, pour vanter Louis aux races étonnées.

Dans leur course hfttive arrêtez les années.

En dépit de la haine et d'un destin fatal, Ses exploits, grâce à vous, vivront sur le niéul.

Dans les siècles futurs vos médailles notoires Mieux que de longs écriu conteront les histoires; Et lus par nos neveux sans ennui, sans retard. Les récits des hauts faits coûteront un c^;ard.

Per vos semper erit praesens LodoIgus, et omnis Bellator, veteres pugnas, et prselia discet Laadis amans, periisse velit pro talibns ausis.

Macti animis, armorum inter, bellique tumnltas. Ne cessate, instant scribendi mille triumphi. Inque dies crescunt, properale, exhausta laboret Ne manus artificam» tandemque oppressa fatLscat Mole operum tantormn; omnis nam regia fama, fngens depositom, yobis incambit, et sequis Subditur arbitriis, qussitae haud indiga laadis. Fœlices nimium, quos et labor unus, et nna Fixos cura tenet studiis cpncordibus omnes!

Nescitis ? vestrum incaati cslatis in auro, Ductores operum, sculpto cum Principe nomen.

O mibi ! fas esset vestri sacraria cœtûs

intrarci et grato simul indulgere labori.

Quos animosi caperem quanlas ad carmina. vires!

Et quâ voce ! quibus damoribus aurea dicta

Vulgarem, œtemis memoranda oracula saeclis I

Paucis concessum est tam sanclum insistere limen.

Difficiles aditus longo acquisita labore

Virtus, et meritum, et rerum prndentia servant

Ne tamen, addita lux, nostris Academia Musis Despice, quae nuper reginas inscripsimus Urbi. Si propriis minus apta locis, celerique viator Prœtereat pede, nec lentns vestigia sistat;

Louis sera présent, grâce à Yotre magie, Et des combats marqués sous sa noble effigie Le soldat qui les voit eût tooIu partager, Même au prix de ses jours, la gloire et le danger.

Courage ! à ces travaux livrez-vous sans relâche. La guerre chaque jour vient accroître la tâche. Et Part à chaque instant reçoit du souverain Quelque nouveau triomphe à graver sur Tairain. Gardez qu'historien d'une teUe vaillance.

Sous Tœuvre Touvrier ne tombe en défaillance. Par vous qu'à ce dépôt rien ne soit ajouté :

Sa gloire n'a besoin que de la vérité.

Trop heureux êtes-YOUs dan» cette œuTre commune : Quand du plus grand des rois vous servez la fortune. Sur cet or par vos mains quand sa gloire aura lui. Jusqu'aux siècles futurs vous irez avec lui.

Que ne puis-Je, reçu dans vos savants comices,^

De ces pieux labeurs savom'er les délices !

De quels heureux transports mes esprits animés.

De quel ton vos avis, dans mes vers exprimés.

Diraient pour l'avenir, comme de sûrs oracles.

Ce qu'il faut raconter d'un siècle de miracles 1

Mais l'accès de ce temple, asile des talents.

N'est permis, comme à vous, qu'aux esprits excellents.

A mes Inscriptions, savante Académie, D'un regard dédaigneux ménagez l'infamie ; Mais des vers que par moi la reine des cités Sur plus d'un monument a naguère incrustés,

386 J.-fi. SÂNTEUL.

Judicibus Tobte, scripto splendentia in aaro, Dedecus in nostnim frangantor carmina, et altr6 Marmora dissiliant, vanum indig;nata Poêtam.

INGJ^DIUM LONDIITENSE,

Inclyta sic arsit quondam Bios, lUos illa

Quœ reges non ausa» suos nec laedere dlTOs.

Qaam vastam est, Londinum ardet, data prœda favillis^

Et probat squales, meruit quas justiùs iras.

Âdmisit quid non audendo! immania plosqoam Gœpta, quibus faciles nequeant ignoscere divi. Taie nihil Tidit solis jnlKir; ipsaque quondam Gredere posieritas monstnun aversata n^;abit.

Impatiens dudum, et lentœ sibi conscias irae, Gulpatus toties, pcenas dum tardât Olympus, Se tandem absoWit, scelerum justissimus ultor.

Sera venit, crescitque suo gravis ordine pœna. Sœvit prima lues : bella insuper : ultima lustrât Flamma, quod Oceanus non omnibus eluat undis.

SMl en est qai parfois de la foule hâtive N'arrêtent point pour eux la course InattentiTe, Prononcez votre arrêt ; qu'on détruise à mes yeux Ces lettres que recouvre un or trop précieux, Et que le marbre même, indigné de Poutrage, Renie, en se brisant, le poète et Pouvrage.

X'EMBRASEMENT D£ la ville de LONDRES.

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