LE GRAND PRÊTRE
Les Dieux d’un œil clément ont vu nos sacrifices. DEUX HÉRAUTS.
0 poètes, chantez, car les Dieux sont propices !
LE HÉRAUT, sur les degrés du temple.
Alcée! Alcée! Alcée !
ALCÉE
0 liberté, déesse austère,
On a brisé ton fier autel; Maïs de tes pas la vieille terre Garde un souvenir immortel.
Il vient une heure où chaque fibre Se révolte aux cœurs généreux, Et crie à l’homme qu’il est libre « Et n’a pour maître que les Dieux.
Que le bras se lève Pour les maux soufferts ; À défaut de glaive, Brandissons nos fers.
L'humanité qui dégénère N’est-elle plus fille des Dieux?
Son œil baissé vers la poussière N'ose-t-il regarder les cieux ?
Ressaisis donc ton héritage, Noble race, avec ta fierté; Si tu naquis dans l'esclavage, Lègue à tes fils la liberté !
Que le bras se lève Pour les maux soufferts ; À défaut de glaive, Brandissons nos fers.
LE PEUPLE
Meure la tyrannie!
Malheur à qui s’endort Dans celte ignominie!
Plutôt la mort!
ALCÉE
Les entends-tu, Phaon, ces cris d’'heureux présage ?
PHAON
La Grèce t'a compris ! Elle nous encourage.
ü ACTE PREMEHER
LE HÉRAUT, sur les degrés de l'autel. Sapho ! Sapho! Sapho!
LE PEUPLE, s'écartant.
Silence ! écoutons !
SAPHO, s’avance et chante.