‹ SaphoChapitre 25 sur 37 · ACTE TROISIÈME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIÈME

Alors restez caché dans ma maison.

PHAON

3e ne viens pas vous demander asile.

Entouré par la trahison, La résistance est inutile.

Je viens vous faire mes adieux Ayant de me livrer moi-même !

Gardez un souvenir pieux À ce malheureux qui vous aime!

Si tu m'aimes, conserve-toi | Pour moi, cruel, pour moi!

PHAON

Je suis perdu : ce qui me reste À sauver en ce jour funeste Cest la dignité du vaincu.

Dans une heure j'aurai VÉCU, Mais que je tombe sous la hache En intrépide et non en lâche !

Ingrat, n’as-tu que de l'orgueil ? Le mien, devant toi, s'humilie ; Je m'agenouille et te supplie,

Ne mets pas mon amour en deuil !

Résiste à l’orgueil qui te presse D’2ller au-devant de ton sort,

Et n'empêche pas ma tendresse

De te disputer à la mort !

PHAON

Dieux, soutenez dans cette épreuve Ma vertu prête à s’énerver !

De ton amour j’exige cette preuve |

Si malgré tout je ne peux te sauver, Laisse du moins, laisse à ta veuve Ce souvenir à conserver. ti

PHAON

Ma veuve ! Toi ?

SAPHO, les yeux baissés.

Je t’étais destinée : Reste caché... qu'un secret hyménée….

PHAON

O ciel...

Il se jette aux genoux de Sapho et l’entoure de ses bras. Enivrons-nous de notre amour !

Dans un baiser buvons la vie!

Et que la mort trouve à son tour La coupe tarie Par notre soif d’un seul et dernier jour !

Reste caché !... Notre hyménée Détournera la destinée.

Et te frapper entre mes bras Non! la mort ne l’osera pas!

à AGTE FROISIÈME 39

ENSEMBLE

Enivrons-nous de notre amour !

Dans un baiser buvons la vie !

Et que la mort trouve à son tour La coupe tarie Par notre soif d’un seul et dernier jour

AGATHON, entrant

La rue est pleine de soldats, Et Pittacus est sur mes pas.

PHAON

__ Déjà ! Tu vois, il vient me pendre.

Ah ! jusqu’au bout laisse-moi te défendre.

Elle le pousse vers un rideau à droite; il la serre dâns ses bras, la baise au front et disparaît derrière le rideau, Sapho se retourne en souriant vers Pittacus qui entre par le fond, cuirassé, casque en tête, suivi de quelques soldats qui restent sur la porte en dehors.

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