SCÈNE V
SAPHO , seule, revenant à elle,
Où suis-je? Ah! oui, je me rappelle.
Tout ce qui m’attachait à la vie est brisé; Il ne me reste plus que la nuit éternelle
Pour reposer mon cœur de douleur épuisé.
Elle prend sa lyre.
O ma lyre immortelle, Qui dans les tristes jours, À tous mes maux fidèle, Les consolais toujours !
En vain ton doux murmure
Veut m'aider à souffrir ;
Non, tu ne peux guérir
Ma dernière blessure;
Ma blessure est au cœur!
Seul le trépas peut finir ma douieur!
Adieu, flambeau du monde!
Descends au sein des flots ; Moi je descends sous l’onde Dans l'éternel repos !
Le jour qui doit éclore, Phaon, luira pour toi ;
Mais sans penser à moi
Tu reverras l'aurore !.… Ouvre-toï, gouffre amer,
Je vais dormir pour toujours dans la mer!
Elle gravit le rocher du fond ; arrivée à la cime, elle reprend les dernier vers.
Ouvre-toi, gouffre amer,
Je vais dormir pour toujours dans {a mer!
Elle se précipite,